L’ancien entraîneur national,
Rabah Saâdane, a estimé
que l’équipe nationale est
passée à côté de son sujet lors du
match contre la République centrafricaine
en raison de la situation
psychologique de plusieurs
joueurs.
Selon Saâdane, des cadres
de l’équipe nationale ont connu
des moments difficiles et d’incertitude
après le Mondial sud-africain
dans la mesure où certains
d’entre eux étaient « chômeurs et
n’avaient pas de clubs ». C’est le cas
notamment, a-t-il dit, de Hacene
Yebda, Rafik Halliche… Ces
joueurs avaient connu des moments
difficiles et ne s’étaient pas
entraînés lorsqu’ils étaient à la recherche
d’un club. Selon Saâdane,
cette période de flottement a
non seulement affecté ces joueurs
sur le plan psychologique, mais aussi sur le plan physique. Une situation
qui explique, en grande
partie, le nul concédé devant la
Tanzanie le mois de septembre
dernier à Blida, suivi de la défaite
de Bangui, a-t-il ajouté.
Il a considéré que « cette période
a été mal gérée dans la mesure où
il y a eu une rupture entre les
joueurs et le staff technique ». Selon
Saâdane, à son époque, il suivait
les joueurs de très près et les
appelait pour les encourager à remonter
la pente ou à persévérer
dans l’effort. Or, après le match de
la Tanzanie, il y a une coupure totale
et les joueurs se sont retrouvés
dans un nouveau contexte à la
veille du match contre la République
centrafricaine. Saâdane a fait
savoir qu’il était disposé à assurer
cette transition et aider l’équipe afin
d’éviter la rupture, ce qui n’a pas
été le cas, pour reprendre ses propos.
Aussi, l’ex-coach national a
fait observer qu’il avait fixé rendezvous
aux joueurs les mois d’octobre
et novembre, en leur donnant
des consignes strictes pour retrouver
leur forme optimale. La suite,
c’est tout le monde qui la connaît,
Saâdane a démissionné sans
que la FAF ne fasse le moindre
effort pour le retenir, ne serait-ce
que pour éviter la cassure brutale
avec les joueurs.
Pour ce qui est de la défaite contre
la Centrafrique, l’ancien entraîneur
des Verts a avoué qu’il ne
pouvait pas porter un jugement
juste et précis dans la mesure où
des événements peuvent se produire
au cours d’un stage de préparation
et à la veille d’un match,
a-t-il expliqué. Tout en regrettant
cette défaite, Saâdane a estimé que
certains paramètres n’ont pas été
pris en compte, à l’exemple de la
chaleur mais aussi et surtout le taux
élevé de l’humidité ayant considérablement
gêné les joueurs. Pour
ce qui est de l’effectif, Saâdane s’est
attardé sur le cas du joueur Nadir
Balhadj, sachant que les deux buts
encaissés sont dus à des erreurs de
marquage sur le flanc gauche. Il a
fait savoir que « Belhadj est un
joueur faible sur le plan défensif.
Quand j’étais entraîneur national,
j’adoptais un schéma tactique qui
permettait de colmater les brèches
laissées par ce joueur qui est à vocation
offensive ». En ce sens, il a
estimé que Benchikha aurait dû
opter pour un dispositif tactique en
fonction des joueurs dont il disposait.
Saâdane a estimé qu’en ce
moment, « l’équipe est en danger »,
appelant tout le monde à ne pas
s’emporter et surtout éviter les
réactions épidermiques. « Cessons
d’accuser les joueurs et l’entraîneur.
Il faut plutôt analyser sereinement
la situation et retenir la leçon
de ce match », a préconisé
Saâdane. Pour lui, « les esprits doivent
se calmer afin de rebâtir l’équipe
sur les plans psychologique et
technique ». Il a affirmé que le
match contre le Maroc, prévu le
mois de mars prochain, se prépare
dès à présent. « Il faut se remettre
au travail au plus vite et éviter de
s’accuser mutuellement. Il n’y a que
le travail qui paie », a-t-il asséné.
Kamel Mohamed
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Abdelhak Benchikha
Source : Le Quotidien d'Oran