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L’équipe nationale retombe dans ses travers

13 août 2010

Si Saâdane est reconnu comme le patron de l’équipe nationale de football, sa réputation a pris mercredi soir un sacré coup de bam bou. Hué par un public déçu par le résultat,

le coach de l’EN n’a pas daigné donner ses impressions aux médias et s’est carrément barricadé dans les vestiaires pour éviter les journalistes. Il est vrai que ces derniers risquaient de lui poser des questions embarrassantes, et ont dû malheureusement se contenter de « l’avis » laconique de son adjoint Djelloul.

Même dans une rencontre amicale, une défaite est toujours mal perçue par les supporters, à plus forte raison ceux de l’EN. On comprend donc cette frustration pour le moins amère. Certes, Saâdane, en homme averti, avait « balisé le terrain » avant ce match soulignant « qu’il arrivait trop tôt pour l’EN, à une période qui n’a jamais été favorable au football algérien  ». Certes encore, plusieurs cadres, pour diverses raisons, faisant défaut.

Mais comment expliquer l’absence de jeu collectif de la part de joueurs professionnels dont la bonne volonté n’a pas suffi à satisfaire un public difficile mais connaisseur ? Est-ce dû au niveau d’un adversaire qui n’a même pas réussi à se qualifier au Mondial 2010 et dont l’équipe est réellement en reconstruction sous la houlette de son nouvel entraîneur, l’Allemand Ghernot Rohr. Doit-on prendre en considération les effets du jeûne ? Nous sommes contraints de dire que Saâdane demeure fidèle à ses conceptions. D’abord, dans le système du 3-5-2, si décrié pourtant ailleurs. Le trio Bougherra, Medjani, Mesbah constituait la défense avec trois centraux.

Le hic, c’est que Mesbah n’a jamais occupé ce poste, étant milieu de terrain dans son club, Lecce. Sa tâche a été rendue d’autant plus rude qu’il devait « couvrir  » Belhadj qui, comme chacun le sait, monte très souvent en attaque et faisait partie d’ailleurs du « cinq » du milieu, c’est-à-dire le pendant de Kadir. Mesbah a été remplacé dix minutes après la reprise par Abdoun, Saâdane voulant donner plus de chance à cet infortuné secteur offensif, cause de bien des déboires. La sortie de Yebda et l’incorporation de Ziaya répondait également à ce voeu pieux du coach national alors que tout le monde s’attendait à la titularisation de l’ex-sétifien au coup d’envoi.

Cette défense inédite a beaucoup souffert sur les attaques de Cousin et de son compère Aubameang, auteurs des deux buts. Par ailleurs, on croyait que M’bolhi, touché par le décès de sa mère, ne serait pas de la partie. Il n’en fut rien. Et pourtant, s’il avait nécessité, c’était de voir à l’oeuvre les gardiens Zemmamouche et Cedric. Le premier a chauffé le banc aux côtés de Gaouaoui, tandis que le second a regagné les tribunes en simple spectateur. Aux côtés d’un Yebda hors de condition et qui est sorti sur… sa demande, on attendait plus du duo Boudebouz-Guedioura, en apparence complémentaire de par leurs styles et les rôles qui leur sont impartis. Le tandem d’attaque Ghezal-Djebbour, déjà à l’oeuvre lors du Mondial 2010, n’a pas eu le rendement souhaité, même si Djebbour a inscrit le seul but de l’EN en neuf matches ! Le problème Ghezal reste entier à nos yeux. Il s’est dépensé, a tiré au but, mais sans aucune réussite. Lorsque Ziaya a pris place dans l’axe, Ghezal est devenu homme de couloir, un rôle qu’il connaît bien dans son club. Ziaya a promis de régler le problème de l’attaque. Ce n’étaient que des promesses. Comment expliquer cette stérilité d’attaquants plutôt convaincants au sein de leurs clubs respectifs ? Finalement, avec deux seuls remplaçants, Saâdane n’est guère allé au bout de ses intentions, en ce sens qu’il avait déclaré « vouloir voir à l’oeuvre le plus de joueurs possible ». Ziani, qui était en forme avec son club, a déclaré forfait pour une subite douleur à la cuisse qui s’est réveillée.

Sans meneur, l’équipe nationale a donc fait dans l’approximatif, et fut souvent dominée dans les duels par des Gabonais qui n’en demandaient pas tant pour accrocher un mondialiste à leur tableau de chasse. Comme on le constate, le chantier de Saâdane est vaste, tant en défense, au milieu qu’en attaque. Aurat- il de temps de combler les lacunes physiques et tactiques de cette désespérante équipe nationale ? Les Tanzaniens vont tout faire pour imiter les Gabonais et ce, en dépit de leur très modeste classement FIFA, un classement critiqué par de nombreux observateurs, plus enclins à prononcer la lapidaire expression : « Il n’y a plus de petites équipes ». Voyez le Botswana qui caracole en tête de son groupe, après avoir battu la Tunisie, qui est pourtant comme une place forte du football africain. Le revers subi par les Verts mercredi soir face au Gabon va donner sans doute des idées à leurs futurs rivaux Tanzaniens. D’aucuns vont jusqu’à affirmer que Saâdane a signé le contrat de trop, jusqu’à la CAN 2012. Si l’on se base sur son entêtement tactique, alors, oui, ces observateurs ont entièrement raison.

Tags: Foot Equipe nationale Rabah Saâdane FAF

Source : Le Quotidien d'Oran

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