En lisant les commentaires parus dans les colonnes du quotidien sportif Le Buteur
dans son édition du 1er avril dernier, j’ai cru au départ qu’il s’agissait d’un canular
en ce jour célèbre pour son poisson légendaire.
Mais lorsqu’en scrutant la
vidéo sur le site de You-
Tube , je n’ai pas cru
mes yeux en écoutant les aveux
de Hamada Chadi, l’ancien directeur
des relations extérieures au
sein de la fédération égyptienne
de football ainsi que ceux du gardien
de but d’un pensionnaire de
la première division de football
de l’équipe d’El-Gouna en l’occurrence
Fadjr Abdelmouncif.
Ils ne sont pas allés par quatre
chemins pour accuser l’indéboulonnable
président de la fédération
égyptienne de football Samir
Zaher. Ils ont chargé ce dernier
vestige de l’ancien régime de tous
les maux et qui a été la cause principale
de la rupture entre deux
peuples frères et de la détérioration
des relations entre les deux
pays qu’aucune chose sur terre ne
pouvait les séparer surtout pas un
match de football qui a fait couler
beaucoup d’encore. Nous étions
devenus la risée du monde en faisant
la une de plusieurs manchettes
à travers le monde durant plusieurs
semaines, faisant le rapprochement
avec les antécédentes
guerres de football ayant marqué
la triste histoire de la balle ronde.
Au cours de l’émission sportive
de la chaîne Modern Sport animée
par l’ancien international gardien
de but Ahmed Shobeir, Hamada
Chadi a en outre étayé ses dires
envers les anciens dirigeants politiques
et a en particulier cité l’injonction
et le brouillage d’Alae
Moubarak, fils aîné de l’ancien président
égyptien, qui avait allumé
la mèche et soufflé sur les braises
en alimentant et amplifiant la
tension entre les deux pays frères
au soir du fameux 18 Novembre.
C’est en qualité de propriété
privée que le fiston intervenait sur
les ondes des télévisions de son
pays telles que Dream, Elhayat
ou Mehwar pour sortir du néant
et insulter un pays considéré jusque
là identiquement à un pays
frère. Il se foutait éperdument des
risques qu’il encourait aux intérêts
égyptiens en Algérie.
Le présentateur de l’émission
Ahmed Shobeir qui a été le premier
avait évoqué les faits quelques
semaines après le coup prémédité
le 12 Novembre 2009 contre
la délégation Algérienne immédiatement
après son arrivée
sur le sol égyptien, a avoué au
cours de la même émission qu’il
avait été menacé de mort s’il osait
aller trop loin dans cette affaire.
Il avait subi toutes les pressions
inimaginables des autorités avant
que la vérité éclate et rattrape
tous les rebus de la république.
N’importe quel algérien ne pouvait
être insensible aux appels de
la jeunesse égyptienne qui nous
a éblouis ces temps-ci par ses prises
de position et de la lucidité de
ses actes. Il aurait eu le corps traversé
par la chair de poules et les
larmes aux yeux en écoutant ces
confessions extirpées par la formidable
révolution des jeunes
égyptiens dont les propos sortent
directement du fond de leur
coeur, pleins de bonté, de fraternité,
de solidarité, sans aucune
arrière pensée. Ceux de la raison
et du bon sens et non ceux qui
sortent des laboratoires occultes,
de l’hypocrisie, des calculs politiciens
au gré de l’humeur du chef
et de sa progéniture.
C’est l’harmonie pure d’un peuple
frère d’abord avec lui-même
et des retrouvailles naturelles
avec son frère algérien qu’il
n’aurait jamais boycotté si ce ne
sont pas ces aventuriers personnages
maintenus par la force et
le sang à la tête d’un pays qui
méritait nettement mieux.
Ces jeunes, qui honorent
aujourd’hui leur pays et la nation
arabe, n’en sortent que grandis
par leur geste que l’on peut vraiment
qualifier de symbole et un
étalon pur de la civilisation. Ils réconcilient l’Égypte avec son esprit
de moteur naturel de la nation
arabe, du grand frère qui sait pardonner
et également sait anticiper
et demander la clémence à ses
frères lorsqu’il en est responsable
d’une faute envers ses semblables.
L’esprit hautain du pharaon
dont lequel il s’était fait captif
par l’ancien régime le faisait
éloigner et exécrer par ses pairs
de lait et de sang.
Les potentialités de ce peuple qui
étaient au service d’une famille, ne
peuvent que rayonner maintenant
tel un flambeau sur l’ensemble de
la région du Moyen Orient et sur
les rives de la méditerranée, maintenant
qu’il est libéré de sa tutelle
et du tutorat dans lequel il végétait.
Ces jeunes ont donné une
extraordinaire leçon aux ex-dirigeants
et en montrent le réel chemin
que doivent emprunter les futurs
gouvernants pour satisfaire
pleinement les aspirations énormes
en attente du peuple, il est vrai
sevré par une terrible abstinence
qui n’a que trop duré.
C’est tout à fait normal et logique
qu’aussitôt après les incidents
du match Zamalek-Club, le
premier ministre égyptien Essam
Charaf a contacté ses homologues
tunisiens et leur a présenté ses
excuses les plus sincères. Il n’a
pas attendu qu’on lui fasse signe
de haut pour le faire ou de s’abstenir
en affichant un profil des plus
bas comme ce fût le cas pour le
sbire Samir Zaher à l’époque où
ses protecteurs utilisaient des méthodes
dignes de voyous pour faire
hériter le fauteuil à l’enfant prodigue
que l’Égypte attendait depuis
longtemps comme si elle était
devenue subitement stérile.
Le nouveau premier ministre,
qui puise sa force des jeunes de
la place Tahrir qui l’ont imposé
pour assurer la transition, ne peut
que les représenter fidèlement.
Il dispose de la légitimité populaire
qui le rend crédible jusqu’à
ce que la volonté populaire en
décide autrement.
Ce sont les règles du jeu dont
doivent se conformer les grands
de ce monde qui ne peuvent plus
dicter la politique à suivre aux
pays qui respectent ces préceptes
dont les occidentaux en raffolaient
en les adoptant comme
leur cheval de bataille. Ils ne cessaient
de vanter les mérites du
petit état sioniste d’Israël, la seule
démocratie de la région du
Grand Moyen Orient comme ils se
plaisaient à le lancer à la face de
l’ogre du monde arabe.
L’avenir nous montrera les réelles
intentions inavouées de ces
puissances utilisant à leur guise
le conseil de sécurité dont la tournure
des événements en Libye
laisse présager des tournures de
mauvais augure par leurs interventions
sur le terrain afin d’étouffer
toute tentative ne rentrant pas
dans leurs plans à l’irakienne.
Au soir du Dimanche 3 Avril
passé, ces jeunes de la place
Tahrir sont allés spontanément
formuler leurs regrets de vives
voix et exprimer leur pardon au
peuple algérien à haute cadence
sous les fenêtres de l’ambassade
d’Algérie au Caire, presque une
année et demie après les faits regrettables
restés jusque là sans
aucune excuse malgré que quelques
langues s’étaient déliées.
Cette spontanéité des femmes
et des hommes égyptiens désormais
libres ne ressemble en rien
à celle du parti unique du président
chassé et qui ordonnait comme
bon lui semble n’importe quelle
marche « spontanée » favorable
à ses diagrammes ou défavorable
à un projet adverse et aux
partis, mis sous l’entonnoir, de ce
qu’il en restait de son opposition.
Les jeunes égyptiens ont même
scandé des « One Two Three, Viva
l’Algérie ! » au quartier de Zamalek
en plein centre du Caire en face
de la représentation algérienne.
Cela faisait vraiment plaisir à les
entendre. Rappelons qu’au lendemain
de la double confrontation
footballistique de Novembre 2009,
ce même lieu a failli être mis à feu
et à sac par les « baltagias » de l’ancien
système, montés à bloc, rassemblés
« spontanément » sur ordre
et soutenus par la propagande
locale digne d’un pays sous-développé
culturellement. Comme quoi
il y a une justice divine et en un
temps record a mis à nu toutes les
visées des anciens occupants de
l’Égypte. Les algériens n’ont-ils pas
accueillis admirablement leurs frères
égyptiens qui ont fui la Libye à
travers nos frontières ? Ces derniers
appréhendaient beaucoup leur passage
en territoire algérien mais vite
dissipé et soulagé à la vue de l’accueil
que leur réservaient leurs frères
algériens. Ils ont aussi versé des
larmes chaudes pleines d’émotions.
Les sources du mal ne peuvent ainsi
séparer longtemps deux parties
d’un même corps.
Les jeunes révolutionnaires
d’Oum Dounia sont également allés
promptement à l’ambassade de
Tunisie pour exprimer les mêmes
repentirs suite à un match entre le
Club du Zamalek du Caire et du Club
Africain de Tunis du Week-end précédent.
D’après les témoignages
sur la toile de certains responsables
sportifs, ce sont d’anciens nostalgiques
et résidus de Alae et Djamel
qui sont les protagonistes du
retour en arrière. Ils rêvent toujours
de revenir à leurs privilèges
pharaoniques d’avant le 25 Janvier
2011. Malheureusement c’en est
trop tard pour eux, la tentative a
échoué sur le fil. La révolution est
déjà passée par là.
Les fortes sensations de vibration
ne cessaient de vous envahir
tout le buste et titiller tous vos
sens. Les manifestations ambitionnent
d’une réelle unité arabe contrairement
à celle de l’immobilisme
et du déshonneur au moment
où nos frères palestiniens subissent
tous les jours les affres de la
politique raciste de l’état sioniste.
A l’orée de cette révolution, il
ne se trouve pas un citoyen arabe
qui ne souhaite pas que les relations
arabo-arabes sortent du carcan
actuel et deviennent exemplaires
à l’image de celles qui guident
les pays de l’Europe où toutes
les frontières sont bannies à
jamais, chose impensable après
qu’ils se sont fait la guerre il y a
une soixantaine d’années seulement
et que rien ne les associait
au départ en commençant par la
langue sauf leur volonté de mettre
un terme à leur désunion.
Ils ne sont sortis que plus forts
et consolidés par cette union. Le
Portugal et l’Espagne qui étaient
dans les années 70 fournisseurs
d’émigrés à l’ancienne Allemagne
Fédérale et à la France, ne le sont
plus actuellement. Ce que les pays
arabes n’ont pas concrétisé, au
contraire certains de ses membres
ont imposé des visas d’entrée en
limitant au compte-gouttes ou en
fermant tous les espaces.
Une fois que tous les malentendus
préfabriqués sous l’ancien
règne soient disparus à jamais
et dont les valeureux jeunes
égyptiens ne voulaient absolument
pas devenir des sujets,
l’horizon ne peut qu’être que plus
clair et visible.
Maintenant que la révolution
égyptienne est à son stade de
reconstruction, je ne pense qu’un
seul Algérien n’ait pas vibré au
rythme de ces jeunes de « Maidane
Ettahrir ». En 18 jours, ils
ont vu toutes les couleurs principalement
les célèbres baltagias
montant sur des chameaux s’attaquant
aux jeunes qui manipulent
merveilleusement le clavier
contrairement aux autres maniant
le sabre avec adresse. Deux contradictions
face à face. On connait
la suite du résultat final.
Nous avons vécus toutes les
étapes difficiles, presque heure
par heure, parfois minute par minute
toutes les péripéties. On ne
dormait que vers les 2 heures du
matin pour se lever tôt le lendemain
pour suivre infatigablement
les moments intenses du plus
grand feuilleton égyptien en grandeur
nature et en direct live que
l’Égypte moderne a créé.
Cette révolution restera à jamais
gravée dans nos mémoires
comme celle de nos frères tunisiens.
Elle a marqué de ses empreintes
l’histoire, ce serait sans
aucun doute un tournant important
pour la suite des évènements.
Elle a donné beaucoup d’espoir et
rendu la dignité à cette nation arabe
qui piétine, freinée sans cesse
dans son élan, ralentie dans son
effort, retardée dans son développement,
blessée dans son orgueil
après plus d’un demi-siècle de son
indépendance du joug de l’envahisseur
occidental. Laissée à la
traîne, elle n’a que trop attendu
son heure qui sonne maintenant
de plus en plus fort pour son véritable
départ afin de rattraper son
retard et combler ses lacunes de
l’éducation, de l’économie, du développement
et du progrès.
Mohammed Beghdad
Tags:
Algérie
Égypte
Match
Source : Le Quotidien d'Oran