Après le retour des Verts en Coupe du monde, après vingt-quatre ans d’absence, le football algérien s’apprête à s’attaquer à un chantier encore plus colossal : le professionnalisme.
Les pouvoirs publics algériens sont passés à l’acte avec la promulgation, le 1er juillet dernier, du cahier des charges relatif au professionnalisme qui concerne toutes les disciplines sportives, et non pas seulement le football, même si le sport roi sera le premier concerné et la locomotive de tout le reste. C’est ainsi que l’arrêté n°39 du 1er juillet 2010, portant cahier des charges, fait suite au décret exécutif n°06-264 du 8 août 2006 relatif aux dispositions applicables au club sportif professionnel qui fait référence au cahier des charges à élaborer et à mettre en application. Comme il fait suite au cahier des charges exigé par la FIFA et toute la batterie de procédures pour l’octroi de licence professionnelle pour les clubs avec comme délai de démarrage d’un championnat professionnel dès la saison 2010/2011, voire, au plus tard, 2011/2012.
De nos jours, comme le rappelle si bien l’article 8 du règlement de la FIFA sur la procédure pour l’octroi de licence professionnelle aux clubs, un club de football n’est plus un pur club de sport, il entre également en relation avec ses membres ainsi qu’avec les médias, les sponsors, les fournisseurs, les partenaires commerciaux, les collectivités locales, voire, dans certains cas, avec les actionnaires. Soit autant d’intervenants de plus en plus impliqués dans son développement et qui suivent ses résultats de très près. C’est pourquoi la FIFA a décidé d’établir la licence professionnelle visant à garantir aux candidats à la licence une gestion professionnelle, de disposer de spécialistes qualifiés, compétents et bénéficiant d’un savoir-faire et d’une expérience suffisante et de permettre un encadrement de qualité et un suivi médical de l’équipe première et des autres catégories. « La formation, l’expérience et le professionnalisme du personnel sont un critère déterminant de la gestion efficace et rationnelle d’un club de football. Le professionnalisme à tous les niveaux et pour toutes les conditions, n’implique pas forcément que les candidats à la licence doivent dorénavant engager exclusivement des collaborateurs à plein temps », rappelle la FIFA dans son règlement.
Cette dernière insiste sur les aspects sportifs, notamment ceux liés à la formation, comme elle donne une importance très grande à la gestion financière des clubs demandeurs de licences professionnelles. Celles-ci visent à sauvegarder la continuité et l’intégrité des compétitions, à accroître la transparence et la crédibilité de la gestion financière des clubs, à améliorer la confiance de la probité du secteur du football. Comme elle concourt à créer un marché attrayant pour les partenaires commerciaux et les investisseurs ainsi que la base d’une compétition équitable car la compétition ne se limite pas aux équipes s’affrontant sur un terrain.
Et en parcourant la procédure et le cahier des charges d’octroi de la licence professionnelle, on s’aperçoit que la FAF a du pain sur la planche et l’implication de l’Etat est indispensable, car sans l’apport des pouvoirs publics aucune forme de professionnalisme ne peut voir le jour en Algérie. Surtout en ce qui concerne le volet infrastructures où les clubs sont appelés à disposer de terrains d’entraînement sur le long terme et de stades de compétitions aux normes exigées par la FIFA. D’ailleurs, à en examiner quelques-uns, on s’aperçoit très vite que même le stade du 5-Juillet risque d’être déclassé !
C’est dire la grande difficulté qui attend nos clubs qui doivent garantir une entrée d’argent conséquente capable de perpétuer le fonctionnement de la société commerciale à l’objet sportif, sachant, au passage, que cette dernière ne pourra prétendre à 60% de ses recettes provenant des droits TV comme c’est le cas en Europe par exemple. A ce niveau, la contribution de l’Etat est prépondérante pour accompagner les clubs dans leur quête de devenir à terme des entités professionnelles. Pour avoir une idée sur ce qui attend nos clubs, InfoSoir tente d’éclairer les acteurs du football (clubs, dirigeants, supporters, sponsors, opinion, décideurs..) à travers ce dossier consacré aux exigences d’octroi de licences professionnelles.
Licence : la procédure
Les modalités et l’octroi de la licence aux clubs professionnels sont fixés par la Fédération algérienne de football dite « bailleur de licence ». La mise en œuvre de la procédure d’octroi de la licence est supervisée par la Confédération africaine de football (CAF) et la FIFA. Pour leur part, les clubs professionnels dits « candidats à la licence » sont tenus de transmettre une demande circonstanciée et motivée au bailleur de licence (FAF), sachant que ces clubs doivent être déjà affiliés à la FAF depuis un certain nombre d’années (durée arrêtée par la Fédération) et engagés à respecter les conditions d’accès au statut professionnel et particulièrement celles liées à sa participation aux compétitions nationales et internationales.
Dans sa quête d’obtenir des licences, les clubs doivent fournir des dossiers conformes et des informations complètes sur l’ensemble des structures qui leur sont rattachées juridiquement ainsi qu’aux personnels et tiers qui interviennent pour leurs comptes. Le club professionnel est dans l’obligation de prouver que tous les joueurs professionnels sont recrutés sur la base d’un contrat de travail dûment écrit et conclu avec la société commerciale à objet sportif telle que créée par le club professionnel en référence aux dispositions légales et réglementaires prévues en la matière. Le candidat à la licence (le club) assure toute responsabilité sur l’ensemble des joueurs professionnels inscrits et qualifiés ainsi que l’ensemble des personnels administratifs, médical et technique qui lui sont rattachés. C’est ainsi que la FAF a arrêté la date du 30 juin 2010 (avant de la prolonger au 15 juillet) comme limite du dépôt des dossiers, à son niveau, de demande de licence professionnelle. Ce dossier comprenant :
Une demande de licence de club professionnel établie par la nouvelle société par actions
Une copie des statuts de la société sportive par actions nouvellement créée
Une copie du registre du commerce
Un certificat d’existence délivré par l’administration des impôts
Une copie des contrats de : manager général ou directeur général, directeur technique du club, médecin chef du club, kinésithérapeute et un responsable de la sécurité.
Une liste nominative des entraîneurs de chaque catégorie.
Les références des textes de loi
Tout club désirant se lancer dans l’aventure du professionnalisme, doit trouver son ancrage juridique dans les textes de loi, à commencer par celle 90/31 du 4 décembre 1990 relative aux associations, puis à celle 04/10 du 14 août 2004 relative à l’éducation sportive et physique et aux sports, notamment ses articles 46 et 47 et le décret exécutif n°06/264 du 8 avril 2006 déterminant les dispositions applicables au club sportif professionnel et fixant les statuts types de sociétés sportives commerciales.
Ensuite, la référence ce sont les statuts de la FIFA, (notamment la circulaire n°1128 du 28 décembre 2007 portant règlement de la FIFA lié à la procédure d’octroi de la licence aux clubs professionnels) ceux de la CAF, de la FAF puis le procès-verbal du bureau fédéral portant adoption du cahier des charges fixant les conditions, modalités et procédure. Enfin, il y a l’arrêté n°39, portant cahier des charges, qui fait suite au décret exécutif n°06-264 du 8 août 2006 relatif aux dispositions applicables au club sportif professionnel qui fait référence au cahier des charges à élaborer et à mettre en application et au décret exécutif 09-97 relatif à la création de centres de formation.
Le dossier du jour Edition du 19/7/2010
L’OPI et l’OA, deux structures importantes
Pour la mise en place de la procédure d’octroi de la licence, le bailleur de licence (FAF) est tenu de créer une administration chargée de diriger et de contrôler l’ensemble des opérations liées à l’admission des clubs au statut de professionnel. Cette administration choisit des organes chargés d’étudier les demandes de licence et de décider de leur délivrance. Ces organes sont au nombre de deux : un Organe de première instance (OPI) et un Organe d’appel (OA). Si la demande d’octroi de licence fait l’objet de rejet par l’organe de première instance, le candidat à la licence (club) peut faire appel à l’organe d’appel.
La FAF peut également faire appel de toute décision de l’organe de première instance liée à l’octroi de la licence. Les décisions de l’organe d’appel sont définitives, contraignantes et effectives vis-à-vis du bailleur de licence, du candidat à la licence et des tiers. Enfin, l’administration chargée de l’octroi de la licence fixe le calendrier relatif à la procédure d’octroi de licence ainsi que des délais fixés aux dépôts et au recours spécifiques à la transmission des demandes de licence et aux décisions y afférentes. Les deux commissions (OPI) et (OA) sont désignées par le bureau fédéral et sont des organes de décision indépendants l’un de l’autre.
Chacune de ces commissions se compose d’un président, d’un vice-président et de quatre membres qui sont désignés par le bureau fédéral pour un mandat de quatre ans renouvelables. Un quorum de trois personnes au maximum est requis pour que chaque commission siège valablement. Les décisions des deux commissions sont prises à la majorité simple des membres présents ; en cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. Toute décision de rejet de demande de licence par les commissions, doit faire l’objet d’un rapport motivé. Les commissions en question doivent disposer, chacune, d’un juriste qualifié et d’un expert-comptable agréé.
Des éléments essentiels pour l’octroi de la licence
Exigences n Le contrôle des clubs doit se faire par l’administration et les services administratifs et techniques de la FAF sur la base d’une batterie de critères.
La vérification des critères techniques et sportifs est effectuée par la Direction technique nationale (DTN). La vérification des critères d’infrastructure est effectuée par la commission fédérale chargée de l’homologation des stades et des équipements ainsi que la commission chargée de la prévention de la violence dans les enceintes sportives.
Quant à la vérification des critères administratifs et de personnels, elle est effectuée par les services et commissions compétents créés à cet effet au sein de la FAF, y compris pour les critères juridiques. Une fois les critères d’octroi de licence professionnelle remplis par le club (candidat pour la licence), l’organe de première instance établi un rapport détaillé suivi d’un avis motivé est transmis au bailleur de licence (FAF). En cas d’appel, les clubs concernés sont obligatoirement convoqués. Ensuite, la FAF est tenue de communiquer à la CAF et à la FIFA, la liste définitive des clubs professionnels ayant obtenu la licence dans les délais tels que fixés en la matière. La licence n’est donc accordée par la bailleur de licence (FAF), que si le candidat respecte tous les critères impératifs tels que fixés par le cahier des charges en référence au règlement de la FIFA en la matière.
La licence en question ne peut, en aucun cas, être transférée à un autre candidat, et elle est délivrée pour une, deux, trois ou quatre saisons sportives. La licence peut être retirée à tout moment par le bailleur de licence sur la base d’un rapport circonstancié et motivé transmis par les services ou commissions compétents portant sur le non-respect d’un des critères relatifs à l’octroi de la licence ou bien le non-respect, par le club bénéficiaire, d’une ou de plusieurs de ses obligations telles que fixées par le cahier des charges. Dans ce cas, le bailleur de licence (FAF) est tenu d’informer la CAF et la FIFA pour tout cas de retrait d’une licence à un club professionnel. Le bailleur de licence se réserve le droit de suspendre et ou de radier le club professionnel concerné sans préjudice des dispositions prévues par la législation et la réglementation en vigueur.
Des critères d’infrastructures
Le candidat à la licence doit disposer d’un stade homologué pour les compétitions officielles se déroulant sous l’égide de la FAF, la CAF et la FIFA. Pour cela, les clubs des divisions I et II doivent disposer d’un stade homologué pour les compétitions officielles qui peuvent être soit propriétaires ou bénéficiaires d’un contrat passé avec le propriétaire d’un stade qu’il utilise à domicile pour les compétitions nationales et internationales pour lesquelles il est qualifié. Le stade doit répondre aux exigences minimales telles que définies par la législation et la réglementation en vigueur en la matière.
Les clubs doivent également disposer d’une installation sportive pour l’entraînement pour toute la saison sportive. Ils doivent posséder la propriété ou être titulaires d’un contrat leur permettant l’utilisation des installations sportives d’entraînement au cours de la saison sportive pour laquelle ils sont qualifiés. Le cahier des charges, exigé par le MJS, aborde, lui aussi, le problème des installations sportives et de formation dans lequel le club est tenu de fournir la justification de la jouissance permanente ou partielle d’une installation sportive qui répond aux normes sécuritaires réglementaires. Il invite le club à songer à installer des caméras de surveillance dans cette infrastructure mais aussi à doter le stade d’un système d’éclairage pour les matches en nocturne. En ce qui concerne le centre de formation, le club candidat devra en disposer mais l’arrêté indique que si ce dernier accuse du retard dans ce domaine, il aura jusqu’à trois ans pour se doter d’un tel outil de travail.
Des critères juridiques
Le candidat à la licence doit présenter, au bailleur de fonds, une déclaration l’engageant à respecter régulièrement les statuts, règlements et décisions de la FIFA, de la CAF, de la FAF et de la LFP (Ligue de football professionnel), la compétence du Tribunal arbitral de Lausanne de la FIFA et de disputer, au plan national, les compétitions telles que retenues et programmées à l’indicatif des clubs professionnels des divisions I et II par la FAF. Le candidat à la licence doit également s’engager à participer, aux niveaux régional, continental et international, aux compétitions telles que retenues et programmées par la FIFA, la CAF et la FAF et d’informer, dans des délais fixés en la matière, le bailleur de licence de tous changements, modifications et autres événements d’importance économique et/ou juridique survenus après le dépôt de la demande pour l’octroi de la licence. La déclaration doit être validée, au maximum, trois mois avant la date limite fixée pour sa soumission au bailleur de licence. Évidemment, le candidat à la licence doit, dans sa demande, soumettre une copie des statuts en vigueur dûment visés et une déclaration dûment signée et visée qui l’engage au strict respect des dispositions du présent cahier des charges.
Par ailleurs, le bailleur de licence (FAF) peut, dans l’éventualité d’une procédure d’appel, rechercher des informations auprès de toutes les autorités compétentes en référence à la législation et à la réglementation nationales en vigueur. Pour sa part, le candidat à la licence doit accepter tous les contrôles partiels émanant de la FIFA et/ou de la CAF et liés à la procédure d’évaluation et de prise de décisions visant l’octroi de la licence par le bailleur de licence.
Les clubs des Divisions I et II doivent présenter un extrait du registre du commerce faisant ressortir notamment : l’affiliation complète du club, le siège social principal, la forme juridique de la société commerciale à objet sportif (Eurl, Sarl, SPA) en référence à la législation et à la réglementation nationale en vigueur. Le club professionnel devra, en outre, se soumettre aux contrôles de la fédération à laquelle il est affilié (la FAF pour le football) et lui fournir régulièrement un certain nombre d’informations et de justificatifs parmi lesquels on citera une copie du bordereau des salaires versés mensuellement, une situation comptable approuvée par les instances dirigeantes, l’état des ressources perçues au titre du sponsoring, de la publicité, du mécénat, des dons et legs.
Des critères sportifs (techniques)
Les clubs éligibles à une licence doivent se prévaloir d’un système de formation des jeunes talents et d’un encadrement qualifié et compétent dans ce domaine. Les clubs de divisions I et II se doivent d’encourager la formation scolaire des jeunes talents, de prendre les mesures qui s’imposent pour encourager le fair-play et l’éthique sportive ainsi que le respect des questions liées à l’arbitrage. À ce propos, le club candidat à une licence doit soumettre au bailleur de licence (FAF), un programme de formation comprenant :
les objectifs dans les domaines de la formation des jeunes talents ;
l’organisation générale des catégories de jeunes de club ;
les personnels techniques, médicaux et administratifs et leurs qualifications en matière de formation des jeunes talents ;
les équipements mis à la disposition des jeunes talents pour leur préparation et leur participation aux compétitions ;
les ressources financières destinées à la formation des jeunes talents avec leur origine et les montants y afférents ;
le suivi médico-sportif des jeunes talents.
Le programme de formation des jeunes talents doit être valable pour une durée minimale de trois ans et de sept au maximum. Le club candidat à la licence doit obligatoirement garantir la formation scolaire en référence à la législation et à la réglementation en vigueur. Le club candidat à la licence doit disposer, au minimum de trois équipes de la classe d’âge des 11 à 18 ans à engager dans les compétitions nationales existantes et prévues à leur indicatif.
De plus, le club candidat est tenu de disposer d’une équipe au minimum dans la catégorie des moins de 11ans. Des événements adaptés à cette dernière catégorie d’âge doivent être organisés et viser la promotion du plaisir du jeu et l’acquisition d’une expérience d’une compétition libre et ludique face à d’autres enfants. Par ailleurs, le club candidat doit prendre et présenter toutes les conditions nécessaires pouvant garantir un examen médico-sportif complet y compris un dépistage cardio-vasculaire. La nature et la périodicité de ces contrôles doivent être en conformité avec la législation et la réglementation en vigueur en matière de suivi et contrôle médicosportif des athlètes de haut niveau et de lutte contre le dopage. L’arrêté n°39, lui, impose au club candidat, de disposer de formateurs qualifiés, d’entraîneurs munis de diplômes et de titres, notamment pour l’équipe seniors, d’un directeur technique justifiant des qualifications requises, d’un personnel médical et paramédical spécialisé et de psychologues, le cas échéant. Concernant le volet « joueurs », le club devra observer les dispositions légales et réglementaires en vigueur notamment en matière de recrutement de travailleurs étrangers ainsi qu’un certain nombre de critères parmi lesquels on citera la disposition d’un minimum d’équipes de jeunes.
Le texte prévoit un club dirigé par les personnes suivantes :
un président-directeur général ;
un président du conseil d’administration ;
un directeur général ou manager ;
un président du directoire ;
un président du conseil de surveillance ;
des membres du directoire ou du conseil de surveillance ;
des administrateurs ;
un gérant de société.
Un pari coûteux et lent
Conditions n Le stade doit être homologué conformément à la législation nationale (voire locale) et doit contenir des dispositions relatives à la sécurité et au plan d’évacuation.
A défaut, le bailleur de licence (FAF) établit le contenu du certificat de sécurité du stade et conduit la procédure en collaboration étroite avec les instances concernées (autorités locales en matière de sécurité, hôpitaux, sapeurs-pompiers, police, etc.) Le certificat délivré par l’instance concernée ne doit pas dater de plus de deux ans lorsque la saison des compétitions commence. Chaque stade doit disposer d’un local de contrôle offrant une vue panoramique sur l’intérieur de l’enceinte, alors que sa capacité minimale doit être fixée en fonction de la demande moyenne de billets pour le championnat national. Pour les matches en nocturne, le stade doit être équipé d’installations d’éclairage conformes aux normes fixées par la Confédération (CAF).
De plus, toutes les tribunes doivent être subdivisées en plusieurs secteurs distincts conformément aux exigences des autorités locales en matière de sécurité ou, à défaut, à celles du bailleur de licence. Le terrain de jeu doit être conforme aux lois du jeu, soit en gazon naturel ou artificiel (selon les normes de qualité FIFA), sous réserve des approbations correspondantes. Chaque stade doit disposer également d’un ou de plusieurs locaux de premiers secours pour les spectateurs qui ont besoin d’une assistance médicale, conformément aux règlements des autorités locales. A défaut, il appartient au bailleur de licence (FAF) de fixer le nombre exact, la taille et l’emplacement de ces locaux, en collaboration avec les autorités publiques appropriées. Quant au local pour les contrôles de dopage, il doit être situé à proximité des vestiaires des arbitres et inaccessible au public et aux médias. Chaque stade doit publier des règles de base et les afficher de manière bien visible par les spectateurs. Ces règles doivent définir tout au moins les autorisations d’entrée au stade, l’annulation ou le report d’événements et les comportements interdits ainsi que les sanctions qui s’appliquent. Sans oublier les restrictions en matière d’alcool, de feux d’artifice, les règles relatives aux places assises et l’analyse des risques spécifiques.
Signalétique et indications sur les billets l Tous les panneaux à l’intérieur et à l’extérieur du stade doivent être composés de pictogrammes. Des panneaux clairs et complets doivent être prévus aux abords et à l’intérieur du stade afin d’indiquer les chemins menant aux différents secteurs. Le stade doit disposer d’installations appropriées pour les médias (salle de travail et salle de conférence de presse). Le bailleur de licence fixe les critères pour les installations destinées aux médias nationaux, compte tenu d’un certain nombre de recommandations et en collaboration avec les instances des médias appropriées (commission des médias, etc.) S’agissant des recommandations, on citera une ou plusieurs entrées réservées aux médias, s’il existe un accès séparé pour les photographes et le personnel de télévision ; un guichet ou local d’accueil où les dernières accréditations et informations aux médias à retirer. Les représentants de la presse doivent avoir des sièges permanents, équipés de pupitres suffisamment grands pour y placer un ordinateur portable, un bloc-notes et un téléphone. Chaque pupitre doit être équipé d’une alimentation électrique et prises de téléphone/modem. La salle de travail doit accueillir un nombre déterminé de journalistes, y compris des photographes, elle doit comprendre des places assises en nombre déterminé, une sonorisation et une boîte de branchement centralisée ainsi que des WC hommes et femmes. Par ailleurs, une réservation pour les photographes de places de stationnement à proximité immédiate du point d’accès et/ou d’un endroit pour décharger le matériel des véhicules. Le bailleur de licence fixe les exigences pour la sécurité et le confort des spectateurs à mobilité réduite et de leurs accompagnateurs.
Des sièges individuels l Le stade doit être équipé de sièges individuels fixés au sol ou autrement ; séparés les uns des autres, confortables, numérotés et munis de dossiers d’une hauteur minimale de 30 cm, mesurés à partir du siège. Le bailleur de licence fixe le pourcentage minimum de sièges individuels en tribune couverte. Concernant les espaces réservés aux supporters du club visiteur, au moins 5% de la capacité homologuée du stade doivent leur être destinés, dans un espace séparé. Cette disposition est soumise aux décisions relatives à la sécurité (match à haut risque, etc.) prises par les instances compétentes du bailleur de licence et/ou des autorités locales.
La nouveauté
Des WC hommes et femmes, et propres ! l Les stades doivent être dotés de WC hommes et femmes en nombre suffisant. Ils doivent être installés dans chaque tribune, conformément aux dispositions édictées par les autorités locales ou aux exigences du bailleur de licence. Ces installations doivent comporter des lavabos adéquats au moins avec eau froide et un nombre suffisant de serviettes et/ou de sèche-mains. Elles doivent être bien éclairées, propres et d’une hygiène impeccable. Une procédure devrait être établie de manière à les maintenir dans cet état pendant toute la durée de chaque événement.
Manipulation de l’argent
Est-ce la fin du sachet noir ?
S’il y a un aspect, avec l’avènement du professionnalisme, qui sera vraiment réglementé et fera réagir plus d’un, c’est bien le volet financier qui, jusqu’à maintenant, a été non seulement un sujet tabou, mais souvent entouré d’une gestion occulte. Pendant des années, l’argent du football a échappé au contrôle fiscal de l’Etat et ce ne sont pas les simulacres d’assemblées générales d’adoption des bilans moral et financier, appuyés par des rapports de commissaires aux comptes légers, qui vont prouver le contraire. De grosses sommes d’argent ont été dépensées par les clubs, non pas dans un quelconque investissement, mais surtout pour payer les primes de signature, les salaires et les primes de matchs des joueurs et de l’encadrement.
Les transactions de transfert s’effectuent, la plupart du temps, en monnayant du cash dans des sachets en plastique noirs ! Les clubs seront désormais obligés de rétribuer leur personnel selon sa valeur (diplôme, poste occupé, rendement) et selon une grille de salaires et en même temps les déclarer aux institutions concernées (FAF, Ligue professionnelle, impôts…). De plus, le cahier des charges promulgué par le MJS, le 1er juillet dernier, exige du club professionnel des ressources financières suffisantes et compatibles avec les besoins de la compétition et en rapport avec ses activités, pour assurer une comptabilité conformément aux lois et règlements et régler toutes les opérations financières par chèque ou virement. La manipulation d’espèces est ainsi proscrite sauf pour des régies nécessaires aux menues dépenses, et chaque club est appelé à procéder à la comptabilisation régulière de toutes les opérations et de se soumettre aux contrôles sur pièces et sur place des organes et autorités de contrôle. Une structure spécialisée, une sorte de Dncg (Direction nationale de contrôle de gestion), viendrait compléter ce tableau et permettrait aux responsables du sport et aux pouvoirs publics d’avoir un œil particulier sur la gestion financière des clubs. Le cahier des charges proscrit par le MJS conditionne la démarche vers le professionnalisme par l’établissement de réelles relations de travail entre employeurs et employés définies dans un règlement intérieur qui devra être élaboré par chaque club et signé par les deux parties. Le cahier des charges donne une période de 5 années à chaque club pour se doter d’un personnel qualifié à différents niveaux pour éviter le bricolage et les errements du passé.
L’encadrement technique
L’autre faiblesse de notre football
Les chiffres avancés par la Fédération algérienne de football indiquent que notre sport roi accuse un grand déficit en matière d’encadrement, soit plus de 2 000 entraîneurs diplômés, notamment pour les jeunes catégories, malgré les 11 000 éducateurs recensés à travers le territoire national répartis à travers les 1 200 clubs. L’autre défaillance de notre football, c’est cette pyramide inversée puisque l’on compte cette saison plus de 44 000 licences pour les seniors, 40 000 pour les moins de 20 ans et 35 000 pour les moins de 15 ans, alors que les moins de 13 ans ne représentent qu’à peine 4 000.
Cela prouve que l’intérêt est beaucoup plus porté aux seniors où la médiatisation et la rémunération sont plus importantes, alors que les jeunes catégories sont pratiquement ignorées. Du côté de la Fédération algérienne de football et du ministère de la Jeunesse et des Sports on est conscient de cela, mais les choses n’arrivent toujours pas à s’enclencher et pour preuve l’absence, à ce jour, d’une Direction technique nationale (DTN) censée être la structure responsable de la politique footballistique d’une nation. Le Sénégal a fait un grand pas en s’adaptant aux exigences de la FIFA et en lançant un championnat professionnel à deux divisions, alors que l’Algérie s’apprête à démarrer le sien lors de la saison 2010/2011, sous l’impulsion des pouvoirs publics. Une commission mixte (FAF - MJS) a déjà été mise en place, il y a quelques mois, et devrait plancher sur un plan de développement du football qui sera soumis au gouvernement pour permettre à ce dernier de cadrer l’accompagnement et les investissements qui seront consentis pour le passage au professionnalisme. Le système de compétition, lui, devra connaître un changement à partir de la saison prochaine puisque les instances ont décidé de passer à une première division à 16 clubs et un second palier à trois groupes de 14 clubs chacun qui constitueront le championnat amateur, alors que la Ligue professionnelle sera composée des clubs ayant répondu aux exigences du cahier des charges, quels que soient leurs paliers.
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Source : InfoSoir