Beaucoup a été dit sur ce fameux
match Algérie- Maroc de la 3è
journée des éliminatoires de la
CAN 2012 et il n’y a pas grand-chose
à ajouter sur ce plan. Cependant
l’auteur de ces lignes voudrait faire
part de certaines considérations dont
les éléments de l’équipe algérienne de
football sont les premiers concernés
pour en tenir compte.
Il s’agit tout
simplement d’une certaine campagne
d’informations étrangère orchestrée
depuis un bon bout de temps au profit
exclusif de l’équipe marocaine de
football présentée comme un véritable
foudre de guerre, (alors qu’elle est
loin d’équivaloir l’équipe d’Egypte,
par exemple) entraînant des répercussions
médiatiques exagérées qui ont
malheureusement trouvé leur relais
en Algérie même ! Certes le team
marocain est en train de réaliser de
bonnes performances depuis quelque
temps. Mais on oublie que le onze
marocain doit principalement ses
bonnes réalisations, non pas à un
fond de jeu non encore affirmé
mais à la perspicacité d’un entraîneur
expérimenté ,en l’occurrence
Eric Gerets. Autrement dit, le parcours
de l’équipe marocaine repose sur le
concours d’une pléiade de bons
joueurs professionnels et performants
mais qui manquent assurément de
compétitions ensemble (par exemple
la charnière centrale manque visiblement
de coordination dans ses automatismes),
et fonde ses espoirs sur
des attaquants de pointe (Taarabat,
Chamekh, Mehdi Carcela ...) qui ont
fait surtout leurs preuves face à des
défenses de teams africains en perte
de vitesse. (Les résultats des matches
amicaux ne devant pas servir de sérieuses
références étant donné les essais
combinatoires et revue d’effectif
de remplacement). Oui, on a grossi
démesurément l’image médiatique
du onze marocain au point de vouloir
en faire un ogre.
Conséquence ; les joueurs marocains
sont gonflés à bloc par cette
image élogieuse, convaincus qu’ils
vont remporter haut la main la victoire
à Annaba, ou à la limite revenir
de ce déplacement avec un résultat
nul qui leur préserverait toutes leurs
chances de qualification au match
retour. Et dans la foulée, nombre de
spéculateurs oublient que le onze
marocain est encore en phase de
construction, pouvant connaître, circonstanciellement,
des hauts comme
des bas ! Et on oublie que ces derniers
temps, que le Maroc n’a eu affaire jusqu’ici,
en compétitions officielles, qu’à
des équipes africaines ne comportant
pas de nombre consistant de joueurs
professionnels aguerris. On oublie que
les Mondialistes ce ne sont pas eux,
les visiteurs marocains, mais les locaux
algériens. On oublie que l’équipe
algérienne de football n’est pas, elle,
en cours de construction mais a simplement
connu des problèmes passagers,
à la suite des compétitions harassantes,
africaines et au mondial
2010. Ce qui a été le cas pour beaucoup
de teams internationaux traversant
des périodes de méformes, y compris
l’Espagne, la détentrice du dernier
trophée mondial qui a connu certaines
contre-performances. C’est le cas
de l’Algérie qui semble avoir connu un
semblant de saturation, sans parler du
changement du staff technique, de
l’entraîneur, les nombreuses indisponibilités
de joueurs et d’autres facteurs
extra footballistiques qui ont entraîné
le relâchement prévisible des Verts.
Mais aujourd’hui, après constats graduels,
cela ne semble plus le cas.
L’équipe, paraît en avoir fini avec la
période traversée des méformes et
multiples impondérables, comme l’a
déclaré Karim Ziani à la presse. Et tous
les joueurs affichent leur optimisme,
confiants en la machine qui promet de
carburer de plus belle après cette pause
imposée par nombre d’impondérables
défavorables. Et avec l’incorporation
d’éléments nouveaux en attaque,
entre autres l’apport de jokers
Boudebouz, Djebour, ou les locaux
Djabou, Metref, etc., fins connaisseurs
des blocs défensifs africains, les données
semblent se présenter sous un
tout autre visage que celui imaginé par
les protagonistes marocains.
Pour clore, disons sportivement que
le meilleur gagne ! Mais de l’avis des
observateurs avertis, tel un Georges
Lemaire, l’ex- prestigieux entraîneur
de l’équipe de France, les Marocains
risquent de faire les frais de leur tendance
à diminuer la valeur de leur
adversaire du jour. Oui, nos frères
maghrébins ont visiblement oublié
que les Mondialistes ce ne sont pas eux
mais les Algériens. Et surtout, leur
team est en cours de construction ; l’Algérie,
elle, durant la phase du Mondial
2010 on a pu dire d’elle : « c’est
une sélection qui est en train d’avancer
progressivement, c’est une équipe
qui fera mal à l’avenir ! » Et si à Annaba
El Khadra se réveillera de sa torpeur,
le Maroc verra assurément le
système de Gerets voler en éclats.
C’est que le onze national ne brille fort
que lorsqu’il s’agit de relever d’importants
défis. Et les camarades de Karim
Ziani n’ignorent pas qu’en Afrique et
dans le monde arabe, tous rêvent de
se défaire de l’Algérie, moins pour se
qualifier à une quelconque phase finale
que pour redorer leurs blasons
devant l’opinion sportive mondiale.
Mais à coup sûr, ni le onze national,
ni le public sportif algérien
ne semblent disposés à l’entendre de
cette oreille. Ce soir l’Algérie aura à
prouver qu’elle n’a nullement volé sa
réputation de Mondialiste répercutée
aujourd’hui aux quatre coins
de la planète. A tel point qu’une
bonne partie des fans de football
à travers le globe a fait part, via
le Net, de suivre la confrontation
entre pros- Algériens- pros- Marocains.
Ce qui en dernière instance dénote
du prestige croissant du football
et sport maghrébin, le grand vainqueur
en fin de compte.
Mohamed Ghriss
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Source : Le Quotidien d'Oran