Le groupe sud-coréen LG Electronics se donne trois ans pour devenir leader sur le marché algérien.
Le géant de l’électroménager est venu lui-même dans le pays après un partenariat commercial
qui n’a jamais décollé… L’investissement dans la production n’est pas une priorité.
Des quatre Chaebols sud-coréens, LG
Electonics est celui qui a l’histoire la moins
forte avec l’Algérie. Hyundai et Samsung
y sont présents grâce à des partenariats
avec Cevital, l’historique Daewoo a fait
découvrir la Corée du Sud aux Algériens
avec ses voitures au début des années 90,
mais LG, - « l’antique » Lucky Goldstar- est
resté sur le pas de la porte. Son partenariat
avec l’algérien Essalem Electronics
pour commercialiser les produits LG n’a
jamais vraiment mordu sur un marché de
l’électroménager, partagé entre le pôle
électronique de Bordj Bou Arreridj, les
unités de montage des biens domestiques,
et l’importation. La page a été tournée en
avril dernier avec la naissance d’une succursale
LG Algérie, et la rupture avec Essalem.
La nouvelle Sarl de LG en Algérie
est lancée dans la reconstruction du réseau
de distribution des produits de la
marque. « Nous comptons ouvrir 53 showrooms
durant l’année 2010 avec lesquels
on espère réaliser des ventes évaluées à
80 millions de dollars.
Douze parmi eux sont de haut standing
et seront inaugurés dans les grandes villes
du pays d’ici à la fin de l’année en
cours » a affirmé M.Ahn Deuk Soo directeur
général de LG Algérie au journal transaction.
La couverture du territoire national
par la marque ne dépassait pas les 20% au
printemps dernier, une des nombreuses insuffisances
qui ont concouru à la perte du
partenariat avec Essalem. Mais l’expansion
du réseau commercial suffira-t-elle pour réaliser
les objectifs ambitieux de LGA ? M.Ahn
Deuk Soo, bien conscient du terrain à rattraper,
compte se distinguer de la concurrence
par le service après-vente (SAV).
« Nous allons inaugurer prochainement
dans la commune d’Aïn Nâadja, un centre
de service premium où le client trouvera
tout le confort nécessaire en attendant
que son produit soit réparé ».
Un centre d’appel est également prévu
pour compiler une banque de données
clientèle : « Nous n’allons pas garantir uniquement
une réparation du produit, mais
nous cherchons à connaître les besoins
de consommateur avant même l’acte
d’achat » souligne M. Ahn qui affirme que LGA a réalisé son premier objectif de vente
avec 200 000 dollars avec le seul show room
de Dély Ibrahim en trois mois.
UN PARI DÉLICAT SANS SITE
DE PRODUCTION…
Les prévisions de chiffre d’affaires de LGA
pour 2010 sont de prés de 120 millions de
dollars et de 200 millions de dollars en 2011.
Le pari paraît cependant délicat pour LGA.
Ses deux principaux concurrents sur le
marché de l’électroménager en Algérie, Condor
et Samsung Samha, ont leurs sites de
production dans le pays. LG Electronics a
bien tenté de faire autant pour la partie électronique
de ses métiers. Le sud-coréen a
perdu quatre années en pourparlers pour
reprendre le complexe de l’Enie à Sidi Bel
Abbès dans une formule qui a oscillé de la
privatisation au contrat de management et
technologique, sans jamais aboutir. LG Electronics
n’envisage plus pour le moment
d’aborder le marché algérien par l’amont. Il
ne peut pas pour autant être accusé de frilosité
pour ce qui est de l’investissement direct
à l’étranger. LG compte 29 sites de production
à l’étranger. Ils sont répartis sur de
grands pays émergents (Brésil, Mexique,
Chine, Russie, Inde, Turquie) ou de marchés
domestiques prometteurs (Indonésie,
Egypte, Thaillande, Vietnam, Arabie Saoudite,
Khazakhstan) ; l’Algérie rentrant naturellement
dans cette seconde catégorie. Le
patron de LGA a toutefois un autre modèle
d’intégration industrielle à proposer, et égratigne
au passage celui qui domine en Algérie.
« Le montage de composants importés
de Chine ne peut contribuer à l’émergence
d’une véritable industrie de l’électroménager
et de l’électronique. Si l’on continue à
suivre une telle méthode, l’industrie de
l’électronique ne se développera jamais en
Algérie », a-t-il estimé dans une déclaration
rapportée par « Transaction ». La pénétration
de LG Electronics en Algérie est porteuse
de la promesse d’une plus grande disponibilité
de produits innovants dans les netbooks,
les smartphones ou encore les climatiseurs
à énergie solaire.
Au niveau
mondial LG détient une prévision de 13%
de part de marché dans le segment téléviseur
LCD en 2010. Cela correspond à 25
millions d’unités vendues à la fin de l’année.
La marge de progression de sa succursale
en Algérie est très grande.
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Source : Le Quotidien d'Oran