Les travaux de rénovation de la basilique de Notre-Dame d’Afrique, confiés à l’entreprise A. Girard en 2005, ont été enfin réceptionnés hier en présence de plusieurs personnalités algériennes et françaises.
Ont pris part à cet évènement, M. Belkhadem, représentant personnel du président de la République, M. Driencourt, ambassadeur de France en Algérie, M. Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, M. Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes Côtes d’Azur, le wali d’Alger, M. Mohamed Kebir-Addou, et le maire de Marseille M. Gaudin.
La rénovation de ce patrimoine commun algéro-français a coûté, selon les chiffres officiels fournis par le président de l’Association Diocésaine d’Algérie, Mgr Ghaleb Bader, 510 millions de dinars. Les pouvoirs publics algériens, dont la wilaya d’Alger, y ont participé à hauteur de 56 millions de dinars, l’Etat français à hauteur de 1 642 000 euros et la contribution de l’Union européenne a été d’un million d’euros. D’autres entreprises privées algériennes et étrangères ont également participé au financement de la rénovation de la cathédrale de Notre-Dame d’Afrique, comme Sonatrach, Sonalgaz, Total, Fondation d’entreprise Gaz de France, Groupe Mehri, Cevital…
Il va sans dire que la présence de toutes ces personnalités a une portée politique certaine.
Deux messages peuvent être décryptés à travers le choix des personnalités présentes. D’une part, la présence de Belkhadem, représentant personnelle du Président, ne peut que refléter l’intention de l’Algérie à combattre tout effort intellectuel occidental conservateur qui prône le choc des civilisations et des religions. Pour rappel, le discours d’Abdelaziz Bouteflika, en 2001, sur le dialogue entre civilisations, fit encore date. La participation de Belkhadem porterait ce message.
Interrogés à ce propos, les trois élus français présents hier estiment que la présence de Belkhadem est un geste de considération et d’amitié de la part du président Bouteflika à l’égard des trois responsables politiques. Le Président sait que nous avons engagé nos institutions à financer la restauration de la basilique de Notre-Dame d’Afrique d’une manière substantielle. Nous n’avons eu aucune remarque de la part de la Chambre régionale des comptes en France. « La présence de Belkhadem nous honore », dit M. Gaudin, le maire de Marseille.
M. Guérini, quant à lui, a évoqué « l’échange extraordinaire » qu’il a eu avec le président algérien récemment, où il était question des relations franco-algériennes, de l’UPM et du dialogue interreligieux.
Interrogés sur les récents dérapages de Mme Marine le Pen, les trois élus condamnent ces agissements. « Dans les grandes villes, dit le maire de Marseille, les comportements racistes existent. Marine le PEN a été désavouée par toutes les forces politiques françaises de gauche comme de droite. »
Monsieur Michel Vauzelle, quant à lui, a mis en avant la mission principale des élus présents en Algérie qui n’est pas le dialogue religieux ou interreligieux, mais le traçage d’un destin commun à travers une union pour la Méditerranée. « Une union impossible », dit M. Vauzelle, car les ministres et les présidents ne peuvent pas se rencontrer, mais elle peut être possible, car les élus aujourd’hui travaillent pour ça.
C’est le message français.
Samir Méhalla
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Source : Le Quotidien d'Oran