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ENTV : Ouverture partielle ou contrôlée ?

Le débat contradictoire va refaire son apparition

13 décembre 2010

Le débat politique en Algérie est absent de la télévision algérienne depuis plus d’une décennie. Par peur de la confrontation chez les hommes politiques ou par manque d’audace des autorités algériennes ? Aujourd’hui, les autorités politiques comptent y remédier à cela.

Et pour ce faire, le ministre de la Communication, Nacer Mehal, un ancien journaliste du secteur public (il a travaillé longtemps à l’APS avant de devenir le DG de cette agence), promet de s’ouvrir davantage sur les émissions politiques. Pour justifier cette ouverture, le ministre a indiqué qu’« il ne faut pas laisser le champ aux autres de parler de nos problèmes ».

Selon lui, le débat politique existera et il va revenir. « Nous sommes en train de préparer le format de ce débat, comment il doit se dérouler, comment il doit s’organiser et avec quel journaliste. Il faut des journalistes assez compétents pour un débat politique. Nous sommes en train de veiller à ça pour donner un bon débat politique aux Algériens », avait-il indiqué récemment, en marge d’une séance plénière à l’APN. Les émissions politiques, cantonnées à la télévision publique, peinent à produire des débats contradictoires en dehors des périodes électorales. La première émission politique de l’Algérie post-indépendance, le « Face-à-face » présenté à l’époque par Mourad Chebine, actuellement au Moyen-Orient et inauguré au début des années 1990 entre les leaders politiques, a disparu laissant place à un vide sidéral. Le duel entre Abassi Madani et Saïd Sadi, par exemple, a réussi à engranger une audience record jamais égalée depuis. La télévision nationale avait alors battu tous les records d’audimat. Depuis 1992, les autorités ont décidé, pour de multiples raisons, de fermer la télévision nationale à l’opposition politique. La décennie noire a fait le reste. Car un débat politique représentait, selon leur définition, un risque énorme pour les décideurs. Les dérapages verbaux y sont aussi monnaie courante. Le risque est là, mais c’est ce qui fait tout le charme du débat politique et de son apprentissage. En dehors des périodes électorales, la télévision algérienne ne propose que de très rares soirées avec un panel d’experts et de journalistes, un concept imposé depuis la fermeture du champ audiovisuel à l’opposition politique. Conséquence de cette fermeture imposée ou suggérée : le débat contradictoire a laissé place à un discours flatteur et orienté qui ne « travaille » pas les intérêts des gouvernants. Sans un contradicteur politique, ces émissions prêtent le flanc aux accusations de « populisme », avec des journalistes réduits au rôle de « simples faire-valoir ».

Aujourd’hui, les sujets à traiter sont plus complexes et difficilement déchiffrables pour le citoyen lambda, les clivages idéologiques étant dilués. Les concepts idéologiques et politiques sont mieux assimilés par la population. Peut-être que le moment est venu pour que la télévision algérienne s’ouvre désormais au débat politique. Le premier responsable du secteur a affirmé à ce propos qu’« il ne restait plus qu’à définir le nouveau format du débat politique télévisé et à mobiliser les moyens nécessaires à la réalisation de ces émissions ». Mais le ministre y a mis un petit bémol lorsqu’il a souligné que des « dépassements ont été enregistrés par le passé lors d’émissions réalisées dans le cadre du débat politique, au préjudice de la déontologie professionnelle ». Le ministre, qui parlait du « Forum de l’ENTV », a insisté sur la nécessité de conférer « davantage d’efficacité et d’intégrité » à ce débat. Cette émission a complètement raté ses objectifs. Le choix des invités, ce sont presque les mêmes personnes, le nombre impressionnant de journalistes invités à ce rendez-vous hebdomadaire et la langue de bois ont fait perdre à cette émission sa crédibilité et sa place dans la grille télévisuelle. Elle est devenue ennuyeuse et contre-productive. Elle a été boycottée par la majorité des journalistes crédibles de la presse nationale. Avec le retour du débat contradictoire à la télévision nationale, l’opposition politique qui a son mot à dire sur les réformes politiques, économiques et culturelles du pays aura là une occasion de prouver son utilité dans le champ politique.

M. T.

Tags: ENTV

Source : Le Jeune Independant

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