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Abandon des trois conditions de Yousfi ?

Algérie : Le pas berlinois de Bouteflika en direction de Desertec fait question

9 décembre 2010

L’Algérie paraît avoir fait, hier, un grand pas en direction du projet Desertec piloté par les Allemands. La chancelière allemande Angela Merkel a-t-elle réussi à persuader le président Abdelaziz Bouteflika ?

Celui-ci a-t-il obtenu des assurances que la participation algérienne ne va pas se limiter à accueillir des installations au Sahara… ? Après les propos berlinois du président algérien on a plus de questions que de réponses. Le président Abdelaziz Bouteflika en visite en Allemagne et sans doute au grand plaisir de la chancelière Angela Merkel, a donné l’impression de trancher favorablement en faveur du projet Desertec. Les deux responsables ont annoncé la création immédiate d’une commission mixte. Il faut noter cependant que les premières dépêches de l’agence algérienne APS n’évoquent pas nommément le projet Desertec. Le président Bouteflika a déclaré, selon l’agence algérienne, que la commission mixte oeuvrera à renforcer les relations bilatérales et encourager les opérateurs économiques des deux pays à saisir « les opportunités offertes par le marché algérien, en incitant notamment les PME-PMI allemandes à s’y impliquer davantage ». « La stratégie de développement de mon pays et les instruments de la coopération bilatérale déjà en place nous ont permis de dégager de nouvelles potentialités dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie, des énergies renouvelables et des nouvelles technologies ».

Selon la version de l’AFP, le président Abdelaziz Bouteflika a déclaré : « Nous travaillerons dans les énergies nouvelles à travers d’un projet colossal qui s’appelle projet Desertec que nous allons approfondir d’un commun accord ». L’agence précise que Mme Merkel et M. Bouteflika devaient évoquer plus à fond ce dossier lors d’un déjeuner de travail à la chancellerie en compagnie de représentants des compagnies participant au projet. Les propos du président Bouteflika soulèvent des interrogations.

A-t-il mis fin à partir de Berlin à l’attitude de réserve des responsables du secteur de l’énergie, dont Youcef Yousfi ?

NE PAS ÊTRE UNE SIMPLE TERRE D’ACCUEIL DES INSTALLATIONS

Il n’est pas inutile de rappeler que de Chakib Khelil à Youcef Yousfi les responsables algériens du secteur de l’énergie ont cultivé une attitude où il n’y avait ni approbation, ni refus catégorique à l’égard de ce projet piloté par les Allemands et où le groupe privé algérien, Cevital, est partie prenante depuis son lancement. Une attitude de réserve qui tranche avec l’enthousiasme des Marocains et des Tunisiens interprétée, à juste titre, comme une volonté de négocier la part de l’Algérie au niveau industriel et commercial ainsi que pour la recherche. Audelà des aspects de souveraineté qui ne paraissent pas insolubles, les responsables du secteur de l’énergie ne veulent pas que la participation algérienne se limite à offrir les espaces pour installer des infrastructures dont les composants sont importés. En clair, l’Algérie veut un partenariat qui dépasse le simple statut de terre d’accueil.

UNE QUESTION À « APPROFONDIR »

Sur les projets annoncés en Europe comme Desertec ou Transgreen, Youcef Yousfi a fixé les trois conditions à l’implication de l’Algérie : un partenariat pour l’acquisition technologique, la fabrication en Algérie des équipements qui rentrent dans les énergies renouvelables et enfin l’assurance que le marché européen soit ouvert aux éventuels excédents de production d’électricité en Algérie.

Le ministre algérien de l’Energie a indiqué que si ces conditions étaient acceptées, l’Algérie est prête à y participer quelle que soit sa dénomination. Dans le cas contraire, « on n’ira pas », avait-il ajouté. Il est clair, selon la formulation rapportée par l’AFP, que l’on est dans une attitude franchement plus ouverte à l’égard de Desertec. Mais, ainsi que l’a noté l’agence de presse, les deux parties doivent encore « approfondir » la question, ce qui signifie que l’on est encore dans la négociation. Le président Abdelaziz Bouteflika reste-t-il dans le cadre ambitieux fixé par son ministre de l’Energie ou a-t-il accepté d’aller dans le projet Desertec en réduisant les prétentions de l’Algérie en matière technologique, industrielle et commerciale ? C’est la vraie question qui se pose après les propos berlinois de Bouteflika.

Salem Ferdi

Tags: Algérie Abdelaziz Bouteflika Allemagne

Source : Le Quotidien d'Oran

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