Condamné à mort pour le meurtre d’un terroriste repenti
Mohamed Gharbi bénéficie d’une réduction de peine
7 décembre 2010
Condamné à mort en juin
2009 pour le meurtre d’un terroriste repenti, Mohamed
Gharbi a vu sa peine réduite à
20 ans de prison. Cet ancien
moudjahid et oicier de l’armée
algérienne à la retraite, âgé de
75 ans, a bénéicié depuis
samedi d’une réduction de
peine.
L’ancien patriote a été
condamné en première instance à 20 ans de réclusion
avant que sa peine ne soit aggravée. Ce patriote a bénéicié
d’une grâce présidentielle.
Dans le courant du mois de novembre dernier, le prisonnier a
entamé une grève de la faim
pour protester contre sa condamnation et contre les conditions de sa détention.
Cette
grâce, ou plutôt cette réduction
de peine, en faveur de Mohamed Gharbi, fait suite à une
formidable mobilisation des
citoyens. Des milliers de personnes se sont mobilisés pour
défendre sa cause et réclamer
une grâce présidentielle en sa
faveur. « Nous avons lancé une
pétition pour demander la
libération de Mohamed
Gharbi. Elle sera adressée au
président de la république M.
Abdelaziz Boutelika » rapidement, a déclaré dimanche 31
octobre à l’AFP Samir Nedjraoui, membre du LMG
(Libérez Mohamed Gharbi).
Mohamed Gharbi est emprisonné depuis février 2001 pour
avoir abattu à la kalachnikov
Ali Merad, membre de l’Armée
islamique du salut (AIS) qui le
narguait et le menaçait de mort, dans sa
ville natale de Souk Ahras, à
quelque 600 km au sud est d’Alger, proche de la frontière
tunisienne.
Ce ancien moudjahid avait plusieurs fois alerter les autorités sur les menaces et les harcèlements qu’il subissait, mais ses plaintes sont restées lettre morte.
Dimanche 11
février 2001, Mohamed Gharbi
décide de tuer de sang froid Ali Merad,
un ex-terroriste qui l’avait menacé à maintes reprises, puis il a tiré son corps vers un caniveau
d’où il n’a pas bougé jusqu’à l’arrivée des services de sécurité
auxquels il s’est rendu sans résistance. Aux enquêteurs, il a
expliqué que trainer ce corps
vers le caniveau, c’est sa
manière à lui d’éviter que le
sang de l’ex-terroriste ne souille
la terre d’Algérie. Incarcéré, il a
attendu trois ans avant de
passer en jugement.
Cet ancien patriote a été
condamné à 20 ans de prison
ferme par le tribunal criminel
de Guelma (est d’Algérie), en
janvier 2004, puis à la perpétuité en appel en mars 2007,
avant d’être condamné à mort
lors d’un troisième en cassation
en 2009. Dimanche 7 juin 2009,
le tribunal criminel de Guelma
avait condamné, dans un
procès en appel, Mohamed
Gharbi à la peine capitale. Pour
les avocats de la défense, il
restait encore un ultime recours : La Cour Suprême. Le 22
juillet 2010, celle-ci rejeta le
pourvoi en cassation conirmant ainsi la peine de mort.
« Ce jugement est devenu
déinitif », tranchait Abderahmane Boutamine, avocat de
Gharbi. Il ne restait donc que la
grâce présidentielle pour
retrouver la liberté. Le 1er novembre est passé, la grâce n’est
pas venue. Il aurait fallu attendre décembre pour qu’elle atterrisse sur le bureau du directeur de la prison de Khenchela.