Une rencontre algéro-tunisienne
sur le textile et le cuir s’est déroulée
hier au siège d’Algex en présence des
opérateurs économiques et des cadres
du secteur des deux pays. La partie
tunisienne a exprimé son intérêt de
nouer des relations de partenariat et
de sous-traitance dans le domaine du
textile.
C’est M. Malek Khelil, directeur du
CNCC (Centre tunisien du cuir et de
la chaussure) qui a souligné, dans une
déclaration au JI, souhaiter « voir une
entente entre opérateurs des deux
pays à travers la sous-traitance », en
considérant la proximité industrielle
entre voisins et les possibilités « pour
créer des sociétés mixtes ». En effet,
les Tunisiens qui exportent à raison de
69 % de ces produits vers le marché
européen, ont besoin surtout de
matière première pour la confection
et l’habillement. Or l’atout de l’Algérie
réside dans l’existence de produits
nobles de la fibre et la laine qui sont
de meilleure qualité que celles de nos
voisins. D’ailleurs, le directeur du
CNCC n’a pas caché l’autre intérêt
« pour la fibre textile qui peut constituer
un terrain de partenariat ».
De son
côté, M. Fodil Mourad, directeur
général du CNTC (Centre national
des technologies et consulting) a
estimé le potentiel de production à 17
millions d’articles tous types de produits
confondus, affirmant qu’avec
« une qualification du personnel, des
marchés à portée de main et un fort
potentiel d’artisans, l’Algérie a encore
des chances pour relancer son
industrie textile ». Selon lui, « la faiblesse
est dans la création des styles
et modèles variés », alors que l’autre
frein est dans « la concurrence qui est
ouverte à tous les produits ». Les opérateurs
s’accordent unanimement sur
les méfaits de l’informel et des produits
chinois qui étouffent continuellement
le produit local de bonne qualité.
Le patron de MVL (société
privée de produits de cuir) nous a
résumé « le déclin d’une industrie
avec la faiblesse d’un accompagnement
de l’Etat » qui a généré une
régression de toute la filière. Mohammed
Benini, directeur général d’Algex,
a dans un court exposé résumé la
relance d’une politique d’exportation
mais, pour le textile, cela reste encore
faible puisque le secteur n’arrive pas
encore à décoller malgré l’existence
d’un tissu productif. Il relève « le déficit
de présence des produits textiles
dans les foires internationales et l’absence
d’un marketing ».
Toutefois,
l’Algérie a pu exporter jusque-là des
produits semi-finis en cuir. Un essai
fructueux qui demanderait à être
mieux soutenu à l’avenir. Il a fait
savoir « l’intérêt de réactiver le Fonds
national d’exportation à partir de
l’année prochaine pour soulager les
exportateurs ».
F. Abdelghani
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Source : Le Jeune Independant