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FLN : Quand la base secoue le cocotier

10 novembre 2010
FLN : Quand la base secoue le cocotier

Le parti FLN traverse-t-il vraiment une zone de turbulences ? Une fois de plus, les bookmakers politiques, et ils sont nombreux, allaient en être pour leurs frais…

La situation actuelle est-elle tellement différente ? Certes, en pénétrant dans la salle du Comité central, Belkhadem avait le visage fatigué. Celui d’un homme marqué par l’épreuve que venait de traverser le FLN ces dernières semaines. Mais, même fragilisé, le secrétaire général du parti FLN continue de concentrer entre ses mains l’essentiel des pouvoirs.

Son silence au lendemain des affrontements entre militants ? On peut aussi l’interpréter comme l’effet d’une tactique par laquelle le parti préserve son secrétaire général. Et si l’échec de sa politique a fait des mécontents, n’est-ce pas aussi celui de l’ensemble d’une direction dont les membres les plus importants figuraient en bonne position. Cependant, il ne faut pas se fier aux apparences quand la base commence à secouer le cocotier !

Conscients de se trouver aujourd’hui dans une zone de tempêtes, les dirigeants du parti ont tendance à resserrer les rangs. « Nous ne nous laisserons pas imposer nos thèmes de débat par les journaux » affirment-ils en dénonçant vigoureusement les attaques dont les militants sont victimes.

La nécessité de se serrer les coudes n’empêche pas certains militants de laisser éclater leur déception. Et même leur désarroi. Mais, c’est avant tout à la politique gouvernementale que, parmi la base, on impute la responsabilité du non avancement du plus vieux parti. Des militants ont protesté contre la politique économique et le chômage.

L’examen de conscience auquel doit se livrer aujourd’hui le FLN, peut-il se limiter à cette interprétation ? Certes, celle-ci a l’avantage de la simplicité. Si le FLN n’avance pas, c’est au bout du compte parce qu’il a payé la note du socialisme. Et les électeurs se sont abstenus, plusieurs fois, parce qu’ils ont rendu le parti coresponsable de leur marasme et surtout de la cherté de la vie et de la dégringolade de leur pouvoir d’achat, ajoutant à cela les multiples informations relatives aux détournements de fonds, à la corruption et aux énormes prêts bancaires qui ne sont pas remboursés.

Les dirigeants du FLN sont pourtant tous, à peu près, d’accord. Si une telle réaction est incompréhensible, le parti n’a pas intérêt à abandonner le pouvoir. Le remède serait pire que le mal. Dans son rapport introductif aux travaux du dernier congrès, Belkhadem a souligné qu’il fallait relancer les actions, mais il n’a pas laissé entrevoir de remise en question de la stratégie du FLN.

Si le débat, ouvert au sein du parti, demeure aussi limité, les militants risquent pourtant de rester sur leur faim. Beaucoup d’entre eux ont été frappés par le décalage entre la réussite « historique » du parti FLN durant la guerre de libération et l’échec non moins « historique » du même parti au lendemain de l’indépendance. Certains dirigeants ont laissé transparaître leurs états d’âme. Ballon d’essai ou initiative personnelle ? Tout compte fait, Belkhadem, dans les mois à venir, n’aura sûrement pas du pain sur la planche pour pouvoir arbitrer ses instances dans 48 wilayas. Ce qui montre aussi à quel point le parti de Belkhadem reste éloigné du rêve des pauvres Algériens.

B. Belkacem

Tags: Algérie FLN Abdelaziz Belkhadem

Source : La V.O

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