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Algérie : Le Salon international du livre Entre foire et salon

25 octobre 2010
Algérie : Le Salon international du livre Entre foire et (...)

Le 15ème Salon international du livre d’Alger (SILA) s’ouvre aujourd’hui à Alger et se poursuivra jusqu’au 06 novembre 2010. Mais les habitués de l’événement (parce qu’ils existent) étaient hier à 24 heures de l’inauguration de l’événement intrigués par le gel du contenu du site Internet du SILA.

Comme eux, on ne savait pas en quoi va consister le rendezvous de cette année. Sa particularité, déjà, est qu’il a été précédé d’une agitation inhabituelle suscitée par la participation ou la non participation de l’Egypte. On sait déjà que l’événement sera abrité sous un gigantesque chapiteau au complexe olympique Mohamed Boudiaf à Alger, un lieu contesté par le syndicat du livre SNEL, animé notamment par Ahmed Madi. Comme d’habitude, l’événement devrait être placé sous le haut patronage du président de la République et organisé par le ministère de la Culture. Ce Salon international du livre d’Alger a pour commissaire Smaïn Ameziane, directeur des éditions Casbah. Entre 200 et 400 éditeurs participeront à ce rendezvous culturel, dont plusieurs auteurs étrangers qui viendront animer des débats et des séances de dédicaces. Parmi les auteurs étrangers, on susurre que le journaliste et auteur Patrick Poivre d’Arvor sera un des invités de renom.

Naturellement, les maisons d’édition algériennes devraient être présentes en force pour présenter leur production et surtout leurs derniers titres. L’appel au boycott de ce salon par les éditeurs, lancé par la voix de Ahmed Madi du SNEL, serait loin de faire l’unanimité. Les principaux éditeurs membres de ce syndicat ne veulent pas pratiquer la politique de la chaise vide, même s’ils ne partagent pas la manière de faire du commissaire Smaïn Ameziane. Ce dernier avait exclu une participation égyptienne à cet événement culturel prétextant en substance qu’elle serait incompatible avec les séquelles des incidents consécutifs aux matchs de football entre les deux pays, en novembre dernier, et la campagne anti-algérienne qui s’en est suivie. On s’était alors étonné du silence officiel du ministère algérien de la Culture par rapport à cette surprenante et inédite initiative. Elle avait notamment suscité la protestation de nombreux intellectuels et citoyens algériens en Algérie, en Europe, au Canada et dans le monde qui se sont notamment élevés dans une pétition contre ce mélange des genres et contre l’exclusion d’un pays dont l’apport culturel, passé et présent, au patrimoine universel est indéniable.

LE MARCHÉ DU LIVRE « RELIGIEUX »

Finalement, le ministère de la Culture a tranché en invitant officiellement la Bibliothèque d’Alexandrie à l’événement, le mois dernier, rendant caduques ainsi les déclarations péremptoires de Smaïn Ameziane, commissaire du SILA, qui excluait toute participation égyptienne. Mais, la presse égyptienne qui s’est emparée de l’affaire, a avancé que la Bibliothèque d’Alexandrie aurait décliné l’invitation algérienne. Hier le chargé de la communication du SILA a indiqué hier à l’AFP que les égyptiens seront absents du salon. Avant cette déclaration il avait été avancé que leur présence serait symbolique avec un stand nettement plus petit que d’habitude.

Le commissaire du SILA, Smaïn Ameziane, avait déclaré à ce propos qu’« en concertation avec les Egyptiens, il a été décidé de restreindre » à 100 m² le stand des éditeurs égyptiens dont la Bibliothèque d’Alexandrie. Les quelque 70 éditeurs égyptiens bénéficiaient de 1000 m² lors des précédents salons sur un espace total de 8000 m². A côté de ce sujet polémique, il y a l’aspect foire ou souk de ce SILA. L’événement provoque un intérêt certain auprès du public.

La fréquentation des allées du SILA, chaque année, est considérable. Elle est motivée tant par les nouveaux titres qu’exposent les éditeurs que par les vieux stocks qu’ils proposent aux visiteurs. Tout un chacun a eu le loisir de constater surtout la forte présence du livre dit « religieux  ». Certains observateurs estiment qu’il atteint jusqu’à 60% des ouvrages exposés. Il se trouve que souvent ces écrits propagent des idées extrémistes notamment celles du salafisme dans toutes ses variantes y compris le « salafisme scientifique » dont les prédicateurs ont pignon sur rue en Algérie. « Il y a une demande », indique-t-on dans les milieux qui commercialisent ces ouvrages. Du côté des autorités, tout porte à croire que ce phénomène est toléré. Au SILA, de mémoire, aucun organisateur n’a jamais dédaigné ce segment du marché. Il est vrai qu’il fait fonctionner le tiroir-caisse et qu’il assure à l’événement sa dimension de souk populaire.

Oualid Ammar

Tags: Algérie Salon du livre Assemblée Populaire Nationale

Source : Le Quotidien d'Oran

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