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Lutte contre le sida : L’Algérie « boude » le Fonds mondial

16 octobre 2010

L’Algérie appelée à déposer de nouveau sa candidature au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Après la suspension en 2005 des aides par le fonds pour mauvaise gestion des subventions octroyées à l’Algérie pour la prévention, le traitement, le soin et le soutien aux personnes affectées et directement touchées par le sida, les portes pour postuler de nouveau à bénéficier de ce fonds sont ouvertes, a souligné M. Sandra Giraudeau, membre de l’association française de lutte contre le sida « AIDES » et responsable des programmes internationaux, présente à Oran dans le cadre de la réunion du comité de suivi et d’orientation du réseau Afrique 2000, tenue entre le 10 et le 12 octobre au siège de l’association de lutte contre le sida d’Oran.

Mme Sandra Giraudeau estime qu’à l’instar des autres pays magrébins, tels que le Maroc et la Tunisie, l’Algérie peut bénéficier de l’aide de ce fonds pour prendre en charge les personnes affectées par le virus du sida car la société civile à elle seule ne peut pas avancer dans ce domaine de lutte et de prévention contre cette épidémie mondiale sans l’implication des Etats et des organisations mondiales. La représentante de l’association « AIDES » explique que « l’Algérie bien qu’elle peut postuler auprès du Fonds mondial, n’a pas déposé jusqu’à présent son dossier ». Rappelons que ce fonds a été sujet à polémique lors de la réunion au mois d’avril 2010 à Genève de son conseil d’administration. Des organisations, réseaux et les personnes travaillant sur le VIH/sida et la tuberculose dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord ont signé une pétition demandant aux membres du conseil d’administration du Fonds mondial de tenir compte des besoins des pays à épidémies concentrées lors de la révision du modèle de priorisation, de manière à s’assurer que les priorités n’affectent pas les critères d’éligibilité en vigueur. Les signataires de cette pétition ont exprimé l’urgente nécessité pour l’investissement continu des ressources du Fonds mondial à travers la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Pour revenir à la réunion du comité de suivi et d’orientation du réseau Afrique 2000 qui unit depuis 1997, 32 associations appartenant à 19 pays du Maghreb, de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, Mme Sandra Giraudeau a souligné que durant ces trois jours il a été procédé à l’élection des représentants des trois régions de l’Afrique dont trois de l’Afrique de l’Ouest, deux de l’Afrique centrale et un représentant du Maghreb, à savoir l’association de lutte contre le sida d’Oran, présidée par M. Tadj Eddine. Après ces élections, il est question de planifier huit actions collectives et de débattre sur les nouvelles stratégies de prévention contre le sida et aussi d’organiser des formations pour les acteurs de lutte contre le sida. Si entre 2008 et 2009, tous les efforts étaient axés sur l’acheminement des antirétroviraux aux malades à travers les différents pays, l’étape suivante est axée sur la prévention avec un changement de cap.

Les campagnes de sensibilisation lancées, depuis des années, à travers le monde dans le cadre de la lutte contre cette épidémie n’ont pas donné les résultats escomptés. Les affiches, les spots publicitaires, les dépliants et les rencontres sur cette maladie avec le public ont montré leur limite en matière de prévention. Tant que l’individu n’est pas touché par le sida, il est peu attentif aux conseils et recommandations donnés par les spécialistes pour éviter d’être contaminé par le VIH. Les nouvelles stratégies de prévention décidées par les organisations mondiales de lutte contre le sida axent désormais leurs efforts sur la prise en charge des groupes les plus exposés à la contamination, les gens les plus vulnérables. Ces personnes, victimes de discrimination et de rejet par la société, trouvent souvent des difficultés d’accès au traitement et au dépistage. Depuis 2008, le choix sur la prévention est plus précis et cible des groupes exposés avec une palette d’actions élaborées pour des résultats plus efficaces.

Selon la représentante de « AIDES », les séropositifs ne représentent plus un danger pour la société du moment qu’il existe des traitements à vie qui permettent à ces personnes de mener une vie normale. Le risque, cependant, est toujours présent pour les personnes qui ne connaissent pas encore leur statut et ils n’ont pas accès facile au dépistage pour le savoir. Le manque de centres de dépistage est le problème crucial qu’affrontent les associations de lutte contre le sida en Algérie et que réseau Afrique 2000 le place parmi les priorités dans son plan d’action. A Oran, un centre a été ouvert à Cave Gay mais il reste insuffisant pour répondre aux besoins de la wilaya.

Mokhtaria Bensaâd

Tags: Algérie sida Santé

Source : Le Quotidien d'Oran

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