L’Algérie appelée à déposer de nouveau
sa candidature au Fonds mondial de lutte
contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Après la suspension en 2005 des aides
par le fonds pour mauvaise gestion des subventions
octroyées à l’Algérie pour la prévention,
le traitement, le soin et le soutien
aux personnes affectées et directement touchées
par le sida, les portes pour postuler de
nouveau à bénéficier de ce fonds sont ouvertes,
a souligné M. Sandra Giraudeau, membre
de l’association française de lutte contre
le sida « AIDES » et responsable des programmes
internationaux, présente à Oran dans le
cadre de la réunion du comité de suivi et
d’orientation du réseau Afrique 2000, tenue
entre le 10 et le 12 octobre au siège de l’association
de lutte contre le sida d’Oran.
Mme Sandra Giraudeau estime qu’à l’instar
des autres pays magrébins, tels que le
Maroc et la Tunisie, l’Algérie peut bénéficier
de l’aide de ce fonds pour prendre en charge
les personnes affectées par le virus du sida
car la société civile à elle seule ne peut pas
avancer dans ce domaine de lutte et de prévention
contre cette épidémie mondiale sans l’implication des Etats et des organisations
mondiales. La représentante de l’association
« AIDES » explique que « l’Algérie bien qu’elle
peut postuler auprès du Fonds mondial, n’a
pas déposé jusqu’à présent son dossier ».
Rappelons que ce fonds a été sujet à polémique
lors de la réunion au mois d’avril 2010
à Genève de son conseil d’administration.
Des organisations, réseaux et les personnes
travaillant sur le VIH/sida et la tuberculose
dans la région du Moyen-Orient et Afrique
du Nord ont signé une pétition demandant
aux membres du conseil d’administration
du Fonds mondial de tenir compte des besoins
des pays à épidémies concentrées lors
de la révision du modèle de priorisation,
de manière à s’assurer que les priorités n’affectent
pas les critères d’éligibilité en vigueur.
Les signataires de cette pétition ont
exprimé l’urgente nécessité pour l’investissement
continu des ressources du Fonds
mondial à travers la région Moyen-Orient et
Afrique du Nord.
Pour revenir à la réunion du comité de suivi
et d’orientation du réseau Afrique 2000 qui
unit depuis 1997, 32 associations appartenant
à 19 pays du Maghreb, de l’Afrique centrale
et de l’Afrique de l’Ouest, Mme Sandra Giraudeau a souligné que durant ces trois
jours il a été procédé à l’élection des représentants
des trois régions de l’Afrique dont
trois de l’Afrique de l’Ouest, deux de l’Afrique
centrale et un représentant du Maghreb,
à savoir l’association de lutte contre le sida
d’Oran, présidée par M. Tadj Eddine. Après
ces élections, il est question de planifier huit
actions collectives et de débattre sur les nouvelles
stratégies de prévention contre le sida
et aussi d’organiser des formations pour les
acteurs de lutte contre le sida. Si entre 2008
et 2009, tous les efforts étaient axés sur
l’acheminement des antirétroviraux aux malades
à travers les différents pays, l’étape suivante
est axée sur la prévention avec un
changement de cap.
Les campagnes de sensibilisation lancées,
depuis des années, à travers le monde dans
le cadre de la lutte contre cette épidémie n’ont
pas donné les résultats escomptés. Les affiches,
les spots publicitaires, les dépliants et
les rencontres sur cette maladie avec le public
ont montré leur limite en matière de prévention.
Tant que l’individu n’est pas touché
par le sida, il est peu attentif aux conseils et
recommandations donnés par les spécialistes
pour éviter d’être contaminé par le VIH.
Les nouvelles stratégies de prévention décidées
par les organisations mondiales de lutte
contre le sida axent désormais leurs efforts
sur la prise en charge des groupes les
plus exposés à la contamination, les gens les
plus vulnérables. Ces personnes, victimes de
discrimination et de rejet par la société, trouvent
souvent des difficultés d’accès au traitement
et au dépistage. Depuis 2008, le choix
sur la prévention est plus précis et cible des
groupes exposés avec une palette d’actions
élaborées pour des résultats plus efficaces.
Selon la représentante de « AIDES », les séropositifs
ne représentent plus un danger pour
la société du moment qu’il existe des traitements
à vie qui permettent à ces personnes
de mener une vie normale. Le risque, cependant,
est toujours présent pour les personnes
qui ne connaissent pas encore leur
statut et ils n’ont pas accès facile au dépistage
pour le savoir. Le manque de centres de
dépistage est le problème crucial qu’affrontent
les associations de lutte contre le sida
en Algérie et que réseau Afrique 2000 le
place parmi les priorités dans son plan d’action.
A Oran, un centre a été ouvert à Cave
Gay mais il reste insuffisant pour répondre
aux besoins de la wilaya.
Mokhtaria Bensaâd
Tags:
Algérie
sida
Santé
Source : Le Quotidien d'Oran