En attendant que son appel soit
examiné par la justice française,
Cheb Mami restera en prison. C’est ce qu’a décidé hier la justice française.
Selon l’AFP qui cite l’avocat de
l’artiste, la justice française a rejeté hier
la demande de libération conditionnelle
de Mami, condamné en juillet 2009 à
cinq ans de prison pour une tentative
d’avortement forcé de son ex-compagne.
Cheb Mami avait fait une « demande
de libération conditionnelle
parentale » pour pouvoir rendre visite
à son fils de deux ans, né durant la cavale
de l’artiste en Algérie, a expliqué
à l’AFP Me Khaled Lasbeur. Le juge
d’application des peines de Melun, ville
de la région parisienne où Cheb
Mami est incarcéré, a « rejeté » cette demande
de libération « car son enfant ne
vit pas en France mais en Algérie », a
poursuivi l’avocat, ajoutant qu’il allait
faire « appel ». Le 16 septembre dernier,
la star du raï avait fait une demande de
libération conditionnelle. Cette demande
a été examinée le 21 septembre par
le tribunal d’application des peines de
Melun, où il est incarcéré depuis le 3
juillet 2009 et le jugement mis en délibéré
au 12 octobre soit hier.
« La victime n’a pas à intervenir dans
l’exécution d’une peine », mais « si cette
demande est une demande parentale
pour l’autre enfant qu’il a eu durant sa
cavale en Algérie, cela pose problème
car il n’a pas eu un geste, ni un mot
pour l’enfant qu’il a eu avec ma cliente,
malgré sa demande express », avait
affirmé Me Marie Dosé, avocate de l’excompagne
de Cheb Mami, lors de l’examen
de la demande de libération.
Cheb Mami a été condamné le 3
juillet 2009 à cinq ans de prison ferme
par le tribunal de Bobigny pour des violences
infligées en août 2005 à Camille,
son ex-compagne, une photographe de
presse de 43 ans, avec laquelle il entretenait
une liaison, et qu’il voulait voir avorter. Le parquet avait demandé sept
ans de prison ferme. Mami encourait
une peine maximale de 10 ans de prison.
En août 2005, sa compagne avait
affirmé avoir été amenée de force dans
une villa à Alger après qu’elle eut annoncé
sa grossesse au chanteur qui n’en
voulait pas. Elle dit y avoir été droguée
et séquestrée, affirmant que deux femmes
et un homme ont tenté de lui faire
un curetage. Elle a finalement donné
naissance à une fillette, aujourd’hui âgée
de quatre ans. Le chanteur, après deux
ans de fuite en Algérie, avait décidé de
se présenter devant la justice. Au cours
de l’audience en 2009, Mami avait demandé
pardon à Camille. « Je regrette
tout ce qui s’est passé. Je lui demande
pardon, je regrette », avait-il dit en invitant
son ex-impresario, aussi impliqué
dans l’affaire, à en faire de même. S’il
avait reconnu sa responsabilité, le chanteur
avait néanmoins soutenu avoir été
« piégé » par son entourage.
En mai 2007, alors qu’il était sous
contrôle judiciaire avec obligation de
rester sur le territoire français, Mami
était rentré clandestinement en Algérie,
d’où il ne pouvait être extradé.
Outre Mami, son agent Michel Le
Corre a été condamné à quatre ans de
prison ferme et arrêté à l’audience, pour
avoir organisé le voyage de la victime
en Algérie. Comparaissant libre, il a été
immédiatement écroué. Des peines de
trois ans et six ans de prison ferme, assorties
de mandats d’arrêt internationaux,
avaient été prononcées respectivement
contre Hichem L., 27 ans, et
Abdelkader L., 42 ans, exécutants présumés
des violences. Ces derniers, absents
lors du procès, restent sous le coup
de mandats d’arrêt internationaux, décernés
à leur encontre durant l’instruction.
Pendant le procès, Cheb Mami a
parlé de « faute », mais il ne s’était jamais
adressé à son ex-amie. « J’étais dépassé
par toute cette histoire folle. C’est
contraire à mes principes, je n’arrive pas
à l’expliquer », avait-il dit en sanglots.
Djamel Belaïfa
Tags:
Cheb Mami
France
Prison
Procès
Source : Le Quotidien d'Oran