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Algérie - France : De « l’emballement » mais pas dans le bon sens

12 octobre 2010

Sous réserve de confirmation par les autorités françaises, l’Aqmi exige de Paris, en échange des sept employés d’Areva qu’elle détient en otage, l’abrogation de la loi française interdisant le port du voile intégral, la libération d’un certain nombre de détenus terroristes qui lui sont affiliés et le versement d’une rançon de sept millions d’euros.

Paris, on le sait, n’exclut pas des négociations avec le groupe terroriste. Ce qu’Alger n’appréciera guère et n’est pas fait pour améliorer les relations politiques algéro-françaises déjà tendues pour d’autres raisons.

C’est pourquoi, contrairement à l’une de nos consoeurs qui croit avoir décelé de « l’emballement » dans un sens positif dans les relations politiques algéro-françaises, l’on est nous pessimistes sur leur évolution. Ces temps-ci, Alger accueille de nombreuses personnalités de l’Hexagone. Ce qui donne l’impression qu’un dialogue est tenté pour assainir le climat de mésentente qui prévaut entre les sphères officielles des deux pays. Sauf que celles-ci sont mues sur les dossiers qui font problème par des considérations et des motivations antagonistes, que les seuls échanges qui ont lieu à l’occasion des visites évoquées plus haut ne peuvent nullement rapprocher.

Il se joue au Sahel, entre l’Algérie et la France, une partie qui va être lourde de conséquences sur leurs relations bilatérales. Paris a tort de se laisser aller, dans les évènements qui affectent la région du Sahel, à son penchant néocolonialiste qui fait abstraction de la vision que s’en fait l’Algérie, concernée au premier chef par leur développement. Alger et Paris sont en confrontation dans la région, alors que les deux capitales ont à faire à la même menace que représente l’Aqmi, qu’elles combattent ailleurs en développant une coopération fructueuse entre leurs services de renseignements.

Au Sahel, la France agit et se comporte comme si elle considère l’Algérie en tant qu’adversaire dont il faut neutraliser l’influence auprès des Etats riverains et rendre caduque sa stratégie de lutte antiterroriste, privilégiant le « compter sur soi » des pays de la région.

L’antagonisme franco-algérien sur cette question risque de s’aggraver au cas où Paris, ignorant l’opposition d’Alger au versement de rançon, s’engage sur cette voie avec l’Aqmi pour obtenir la libération des otages. L’aspect humanitaire que Paris invoquera en la circonstance ne désarmera nullement les autorités algériennes, qui voient à bon droit dans l’argent ainsi procuré au groupe terroriste la source de renforcement des capacités de nuisance de celui-ci.

S’ajoutant aux autres causes de friction qui sont à l’origine de la brouille algéro-française, celle du versement de rançon à l’Aqmi ne fera alors que l’envenimer. Si donc « emballement » il est à considérer dans la relation politique entre la France et l’Algérie, c’est celui qui mène à sa détérioration accentuée qu’il faut envisager. Ce que les canaux officiels en charge de la gestion de cette relation ont manifestement anticipé en se fermant à la communication bilatérale et laissé le soin de maintenir celle-ci à des « bonnes volontés », mais sans pouvoir d’agir sur les rapports d’Etat.

Kharroubi Habib

Tags: Algérie France Otage Rançon Aqmi

Source : Le Quotidien d'Oran

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