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Bab Ezzouar, Ardis, Sidi Yahia

Algérie : Les franchisés à l’épreuve de la rentabilité

27 septembre 2010
Algérie : Les franchisés à l'épreuve de la rentabilité

L’ouverture le 04 août dernier du plus grand centre commercial d’Algérie à Bab Ezzouar a relancé le déploiement des grandes marques internationales dans le pays.

Mais les franchisés expriment des doutes sur la rentabilité de leurs affaires. A Bab Ezzouar, comme à Ardis ou Sidi Yahia, les loyers sont exorbitants, et les prix de vente s’envolent.

Avec l’ouverture du centre de loisirs et de commerce du quartier d’affaires de Bab Ezzouar en août dernier, la franchise semble prendre son élan en Algérie. Plusieurs franchisés contactés appréhendent néanmoins les résultats de l’exploitation de leurs boutiques au centre de loisirs et de commerce de Bab Ezzouar : « Nous ne savons pas si nous allons gagner de l’argent. On avisera au terme de la première année d’exercice », a indiqué Hind Benmiloud, représentante d’un franchisé qui compte ouvrir 4 boutiques au centre de Bab Ezzouar aux enseignes prestigieuses : Carré Blanc, Alain Afflelou, Geneviève Lethu et Guy Degrenne.

En effet, les loyers restent chers. Pour une boutique de 100 mètres carrés, cela peut atteindre 400.000 dinars par mois. En sus, à partir d’un certain seuil de gains, 8% du chiffre d’affaires doit être versé à la société d’exploitation du centre. Les franchisés ont dû, en plus, procéder à l’aménagement de leur magasin. Cela peut coûter entre 4 et 8 millions de dinars. En contrepartie, la Société des centres commerciaux d’Algérie, l’exploitant du grand espace, une firme à capitaux suisses, assure la sécurité, et la publicité.

ENCORE PLUS CHER CHEZ ARDIS

Promoteur d’un autre projet de centre commercial basé sur le modèle de la franchise, Abelouahab Rahim, l’entrepreneur algérien, propriétaire d’Ardis, lui a placé la barre trop haut. Son hypermarché des Pins Maritimes sera ouvert au premier semestre 2011. Là, la situation semble différente. Plusieurs franchisés contactés par Ardis sont réticents. « On nous propose 700.000 Da par mois de loyer hors taxes pour une boutique de 100 mètres carrés. C’est du simple au double pour être présent à l’hypermarché Ardis des Pins Maritimes. Comment assurer la rentabilité de mon commerce avec ces prix ». Mais dans ces deux grands espaces, une plus grande sécurité en matière de bail est garantie. La durée de location peut aller jusqu’à dix ans, contre 3 ans à Sidi Yahia, quartier cossu des hauteurs d’Alger.

Dans ce nouveau pôle d’affaires, les loyers sont très chers. En l’occurrence 600.000 dinars par mois. On peut à tout moment vous dire de quitter les lieux et décréter la fin du bail, la réglementation actuelle en matière de bail en Algérie ne sécurisant pas le locataire. En dépit de ces prix et des contraintes au développement de la franchise en Algérie, des enseignes à forte notoriété internationale s’affichent à Alger via des distributeurs locaux ou étrangers dans la perspective de croissance des ventes des fournisseurs. La capitale améliore son image grâce à cette floraison de grandes marques.

Le Centre de commerce et de loisirs de Bab Ezzouar a en effet réussi à drainer de grandes enseignes. Aucun centre commercial en Algérie, aucune commune ne regroupe autant d’enseignes prestigieuses. Outre les franchises précitées, on enregistre la présence notamment de Lacoste, Nike, Sony, Samsung, Sergent major , Samsonite , Lufian , Le Tanneur , Ooxou , Lollipops, Orchestra. La boutique Le Nomad développe un concept algérien de franchise. Elle commercialise les vêtements pour hommes Hugo Boss. C’est le cas également de Godfried qui distribue de la bijouterie et de l’horlogerie de grandes marques principalement suisses et d’Allague qui commercialise les lunettes Ray Ban.

DE LA FRANCHISE COMMERCIALE À LA FRANCHISE INDUSTRIELLE ?

D’autres marques tentent d’asseoir leur notoriété en Algérie. C’est le cas de Geox , de Dixit et d’Actua, toutes présentes à Bab Ezzouar. Le pari est loin d’être gagné. Les sociétés de distribution restent soumises à l’épreuve de la rentabilité.

Pour l’économie algérienne, ces fournitures de luxe représentent tout de même une facture à payer à l’import. Mais les gains sont en contrepartie multiples : professionnalisation du personnel sur le marketing et les techniques de vente, transferts de savoir-faire et création de nouveaux emplois. Mais à moyen long terme, l’enjeu plus important, est celui de transformer les franchises commerciales en franchises industrielles et de multiplier les concepts algériens de franchise. Le chemin reste long. Le climat des affaires en Algérie continue de favoriser davantage l’import-import. En attendant, le développement rapide de la franchise suppose la modernisation de la chaîne logistique, une plus grande fluidité du commerce extérieur et la révision de la réglementation de la Banque d’Algérie sur les redevances, le paiement des royalties aux franchiseurs étant toujours interdit.

Tags: Algérie Consommation Bab Ezzouar

Source : Le Quotidien d'Oran

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