L’ouverture le 04 août dernier du plus grand centre commercial d’Algérie
à Bab Ezzouar a relancé le déploiement des grandes marques internationales
dans le pays.
Mais les franchisés expriment des doutes sur la rentabilité
de leurs affaires. A Bab Ezzouar, comme à Ardis ou Sidi Yahia,
les loyers sont exorbitants, et les prix de vente s’envolent.
Avec l’ouverture du centre de
loisirs et de commerce du quartier
d’affaires de Bab Ezzouar en août
dernier, la franchise semble prendre
son élan en Algérie. Plusieurs
franchisés contactés appréhendent
néanmoins les résultats de l’exploitation
de leurs boutiques au centre
de loisirs et de commerce de Bab
Ezzouar : « Nous ne savons pas si
nous allons gagner de l’argent. On
avisera au terme de la première
année d’exercice », a indiqué Hind
Benmiloud, représentante d’un
franchisé qui compte ouvrir 4 boutiques
au centre de Bab Ezzouar
aux enseignes prestigieuses : Carré
Blanc, Alain Afflelou, Geneviève
Lethu et Guy Degrenne.
En effet, les loyers restent
chers. Pour une boutique de 100
mètres carrés, cela peut atteindre
400.000 dinars par mois. En
sus, à partir d’un certain seuil de
gains, 8% du chiffre d’affaires doit
être versé à la société d’exploitation
du centre. Les franchisés ont
dû, en plus, procéder à l’aménagement
de leur magasin. Cela
peut coûter entre 4 et 8 millions
de dinars. En contrepartie, la Société
des centres commerciaux d’Algérie,
l’exploitant du grand espace,
une firme à capitaux suisses, assure
la sécurité, et la publicité.
ENCORE PLUS CHER
CHEZ ARDIS
Promoteur d’un autre projet de
centre commercial basé sur le modèle
de la franchise, Abelouahab
Rahim, l’entrepreneur algérien,
propriétaire d’Ardis, lui a placé la
barre trop haut. Son hypermarché
des Pins Maritimes sera ouvert au
premier semestre 2011. Là, la situation
semble différente. Plusieurs
franchisés contactés par Ardis sont
réticents. « On nous propose 700.000 Da par mois de loyer hors
taxes pour une boutique de 100
mètres carrés. C’est du simple au
double pour être présent à l’hypermarché
Ardis des Pins Maritimes.
Comment assurer la rentabilité de
mon commerce avec ces prix ». Mais
dans ces deux grands espaces, une
plus grande sécurité en matière de
bail est garantie. La durée de location
peut aller jusqu’à dix ans, contre
3 ans à Sidi Yahia, quartier cossu
des hauteurs d’Alger.
Dans ce nouveau pôle d’affaires,
les loyers sont très chers. En l’occurrence
600.000 dinars par mois.
On peut à tout moment vous dire
de quitter les lieux et décréter la fin
du bail, la réglementation actuelle
en matière de bail en Algérie ne sécurisant
pas le locataire.
En dépit de ces prix et des contraintes
au développement de la
franchise en Algérie, des enseignes
à forte notoriété internationale s’affichent
à Alger via des distributeurs
locaux ou étrangers dans la perspective
de croissance des ventes des
fournisseurs. La capitale améliore
son image grâce à cette floraison de
grandes marques.
Le Centre de commerce et de loisirs
de Bab Ezzouar a en effet réussi
à drainer de grandes enseignes.
Aucun centre commercial en Algérie,
aucune commune ne regroupe
autant d’enseignes prestigieuses.
Outre les franchises précitées, on
enregistre la présence notamment
de Lacoste, Nike, Sony, Samsung,
Sergent major , Samsonite , Lufian
, Le Tanneur , Ooxou , Lollipops,
Orchestra. La boutique Le Nomad
développe un concept algérien de
franchise. Elle commercialise les
vêtements pour hommes Hugo
Boss. C’est le cas également de Godfried
qui distribue de la bijouterie
et de l’horlogerie de grandes marques
principalement suisses et
d’Allague qui commercialise les lunettes
Ray Ban.
DE LA FRANCHISE
COMMERCIALE
À LA FRANCHISE
INDUSTRIELLE ?
D’autres marques tentent d’asseoir
leur notoriété en Algérie. C’est
le cas de Geox , de Dixit et d’Actua,
toutes présentes à Bab Ezzouar. Le
pari est loin d’être gagné. Les sociétés
de distribution restent soumises
à l’épreuve de la rentabilité.
Pour l’économie algérienne, ces
fournitures de luxe représentent
tout de même une facture à payer à
l’import. Mais les gains sont en contrepartie
multiples : professionnalisation
du personnel sur le marketing
et les techniques de vente,
transferts de savoir-faire et création
de nouveaux emplois. Mais à moyen
long terme, l’enjeu plus important,
est celui de transformer les franchises
commerciales en franchises
industrielles et de multiplier les
concepts algériens de franchise. Le
chemin reste long. Le climat des
affaires en Algérie continue de favoriser
davantage l’import-import.
En attendant, le développement rapide
de la franchise suppose la modernisation
de la chaîne logistique,
une plus grande fluidité du commerce
extérieur et la révision de la
réglementation de la Banque d’Algérie
sur les redevances, le paiement
des royalties aux franchiseurs
étant toujours interdit.
Tags:
Algérie
Consommation
Bab Ezzouar
Source : Le Quotidien d'Oran