Le ramadhan a été violent,
meurtrier, hallucinant de
violences et de corruptions,
inhumain et absolument.
On y a volé, tué, agressé,
frappé, corrompu, menti sur les prix et sur les âmes.
Mais on y a aussi prié, veillé à supplier Dieu, financé
les « Chevaliers du Coran », diffusé des chants religieux
et expliqué que l’Islam est à nous et que les autres sont
contre nous.
A la fin, même la Grâce Présidentielle, ce
droit de libérer, selon soi, des prisonniers que la Justice
a emprisonnés, n’a concerné que les « candidats au
casting des Chevaliers du Coran » à l’exclusion de toute
autre forme de bonne volonté (par exemple avoir créé
un satellite ou s’être converti à l’humanisme ou aux
oeuvres d’intérêts communs). Cela prouve quoi ? Une
seule chose : l’Islam se porte mal, l’islamisme se porte
bien et même très bien. Car l’islamisme est une maladie
de l’Islam. Comme l’intégrisme est une maladie de
la vérité et la vérité est une maladie de l’exactitude
scientifique. C’est la seule explication possible de cet
état de schizophrénie que vit le pays et son peuple et
son Etat devenu mystique avec l’âge de son président.
C’est ce qui explique qu’on a beaucoup de mosquées,
peu de libraires, énormément de cotisants pour les tapis
de prières et peu d’immeubles propres, beaucoup
de fatwas et pas un seul règlement interne respecté,
beaucoup de gens qui prient et de rares gens qui respectent
l’interdiction de fumer, même dans les rédactions
des journaux.
Reste que ce n’est pas un problème national mais
une dérive mondiale. En exemple, la dernière affaire
de l’autodafé du Coran. Un pasteur évangéliste américain
annonce vouloir brûler le Coran, le monde d’Allah
entre en colère, le reste du monde entre dans la
peur ou la tristesse devant ces intolérances. A la fin,
le pasteur se rétracte et l’affaire finit sans meurtre, ni
brûlé, ni pages volantes. Sauf que ce ne sont pas la tolérance, ni le respect mutuel,
ni le dialogue, ni les appels de
part et d’autre des « cultures »
qui ont gagné. Ce sont les extrémismes.
Chez nous, dans la
planète d’Allah, cela a renforcé ce sentiment paranoïaque
que le monde « ne respecte pas notre religion » et
que c’est une guerre de religion qui a cours, même si
Obama dit le contraire. Même si le Coran n’a pas été
brulé, c’est l’islamisme ambiant, passif ou en actes,
qui en ressort victorieux, « martyrisé » et donc martyr
et avec la preuve « qu’il a raison et que l’Occident est
un Mal » en puissance. Cela est aussi valable chez les
autres : chez les fondamentalistes évangélistes et les
messianiste iraniens ou israéliens religieux, il y a désormais
ce sentiment qu’il s’agit d’une défaite à effacer
que les « musulmans » s’imposent par la force, la
ruse, la menace « mondialisée » et que c’est une guerre
pas une « différence ». Ce genre de cinéma d’extrémistes
occidentaux renforce terriblement, chez nous, le
sentiment de la paranoïa et donne de la vigueur aux
recruteurs islamistes. Si on y ajoute des nationalismes
en crise de vieillesse et de mystique, des présidences
inquiétées par l’au-delà, la sous-scolarité du
monde « arabe » et la remontée des archaïsmes au nom
d’Allah, cela vous donne des sociétés malades, talibanisées,
violentes et capables de vivre un mois de jeûne
dans la violence la plus dure avec la proclamation que
ce mois est un « don de Dieu ».
Selon les anciens alchimistes, le monde se compose
de quatre éléments : la terre, l’air, le feu et l’eau. Ceux
qui vivent de l’eau sont des pêcheurs, ceux qui vivent
de la terre sont des agriculteurs. Ceux qui vivent du feu
sont des métallurgistes, des industriels ou des fabricants
de machines. Et ceux qui vendent de l’air ? Ce
sont les extrémistes de toutes les religions, les bavards
et les politiciens. Pas les aviateurs qui offrent les cieux
avec seulement un peu de kérosène.
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Source : Le Quotidien d'Oran