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Des Algériens dépossédés de leurs terres au Maroc

20 août 2010

La dépossession des Algériens de leurs terres au Maroc sans aucune forme d’indemnisation préoccupe le gouvernement algérien. La question a été évoquée par Halim Benatallah, secrétaire d’Etat en charge de la communauté nationale à l’étranger, lors de sa visite, mercredi dernier, au Maroc.

« La question des ressortissants algériens établis au Maroc dépossédés de leurs terres agricoles, représentant des centaines d’hectares et non indemnisés, est au centre des préoccupations du gouvernement algérien, d’autant plus qu’à l’inverse, des ressortissants européens dans la même situation ont pu recouvrer leurs droits. » C’est ce qu’a déclaré M. Benatallah qui a exprimé sa « disponibilité à examiner tous les dossiers en suspens, pour peu que le partenaire affiche un tel état d’esprit ».

Benatallah a émis cette déclaration lors d’un entretien tenu dans la capitale marocaine, Rabat, avec son homologue marocain, Mohamed Ameur, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la communauté marocaine à l’étranger. Hier vendredi, le secrétaire d’Etat s’est rendu à Berkane, à 60 km au nord d’Oujda, où il a visité une famille algérienne victime d’expropriation prise par les autorités marocaines, en vertu du Dahir royal du 2 mars 1973. La décision des autorités marocaines a affecté près de 20.000 hectares de terres agricoles appartenant à des ressortissants algériens détenteurs de titres fonciers, indique un communiqué du ministère des affaires étrangères qui souligne que « de nombreux ressortissants algériens ayant bénéficié du droit de jouissance sur des terres ne dépassant pas les 10 hectares ont été amenés à renoncer à ce droit ». La communauté algérienne établie dans cette région du Maroc compte 7250 ressortissants immatriculés auprès du consulat, dont 70 % sont des femmes âgées et sans ressources, a indiqué la même source qui a affirmé, dans le même ordre d’idées, que parmi cette communauté, 5500 sont sans emploi et ne comptent que sur le secteur de l’informel, les petits métiers et les tâches à la commission pour subvenir à leurs besoins.

Benatallah a rencontré des ressortissants algériens établis à Rabat, Oujda et à Casablanca. « Cette première visite du genre étant, par ailleurs, en elle-même un signal fort en direction des autorités du pays d’accueil », relève le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. A cette occasion, Benatallah a manifesté « un grand intérêt qu’accordent les plus grandes autorités du pays à la communauté algérienne au Maroc et plus généralement au Maghreb ». Cette visite, effectuée en plein mois de Ramadhan, « se veut également un geste de solidarité envers notre communauté vivant au Maroc dont les conditions économiques et sociales sont particulièrement difficiles  », a soutenu M. Benatallah. Et ce dernier d’indiquer que « la défense des droits économiques et sociaux de notre communauté revêt la plus haute importance pour le gouvernement algérien ».

Le secrétaire d’Etat s’est également dit « disposé pour une concertation et un échange sur les expériences respectives des pays maghrébins en matière de gestion des problèmes liés à la communauté expatriée ». Aussi, M. Benatallah a plaidé pour « une concertation maghrébine en prévision de la tenue, en décembre prochain au Caire, d’une rencontre sur les communautés maghrébines dans le monde  ». En prévision de ce rendez-vous maghrébin, le secrétaire d’Etat s’est dit partisan d’un « Maghreb des communautés », idée qui a été favorablement accueillie par son homologue du royaume chérifien.

M. Benatallah a mis à profit cette visite au Maroc pour rencontrer les Algériens établis à Rabat et à Casablanca. Dans son allocution, le secrétaire d’Etat a exprimé « le vif intérêt qu’accordent le président Bouteflika et le gouvernement à la communauté algérienne établie à l’étranger, particulièrement celle résidant dans les pays du Maghreb ». Il a, du coup, affirmé que les autorités algériennes « seront à l’écoute de la communauté algérienne au Maroc, quelque peu oubliée ». De leur côté, les Algériens ayant rencontré M. Benatallah ont fait part à ce dernier de leurs préoccupations ainsi que des difficultés auxquelles ils sont confrontés au Maroc. Les Algériens résidents au Maroc ont notamment souhaité que l’Etat subventionne les frais du transport aérien pour leur permettre de garder attache avec leur patrie. Des étudiants algériens au Maroc vivant dans des conditions financières difficiles ont sollicité l’octroi de bourses d’études.

Face à ces doléances, le secrétaire d’Etat s’est dit « en prendre acte » et a réitéré « la disponibilité des autorités algériennes d’accorder l’attention nécessaire à ces difficultés » et a invité notre communauté à « s’organiser dans un cadre lui permettant de mieux défendre ses droits et intérêts ». M. Benatallah s’est, enfin, félicité de l’initiative prise par certains de nos ressortissants pour la création d’un club devant regrouper et représenter la communauté algérienne établie au Maroc.

Tags: Algérie Maroc

Source : Le Quotidien d'Oran

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4 commentaires

  • Je suis de Berkane et je connais des Algériens qui ont eu le choix de soit prendre la nationalité marocaine et garder leur terre soit d’être expropriés comme tous les étrangers à l’époque de ce dahir royal. Certains ont opté pour la naturalisation et ont pu garder leur terre et d’autres ont été expropriés. Probablement que l’indemnité a été très en dessous de la valeur des terres.

    Cela dit, on ne peut évoquer cela sans évoquer les Marocains d’Algérie forcés également à prendre la nationalité algérienne à Tindouf et ailleurs. On ne peut évoquer le problème des Algériens du Maroc sans évoquer les Marocains de Figuig qui ne peuvent exploiter leurs palmeraies qui se sont retrouvées du jour au lendemain derrière une nouvelle frontière. Enfin, on ne peut évoquer le problème des Algériens expropriés sans évoquer l’expropriation sans aucune indeminté, l’humiliation et l’expulsion de 350 000 Marocains d’Algérie ayant dû abandonner leur famille et leurs biens derrière eux.

    Cet article et l’intervention du ministre peuvent avoir une utilité si dans le même temps l’un et l’autre pouvaient regarder les réalités en face et ne pas occulter des pans entiers de ce drame, de ses sources et conséquences...

    En attendant, des familles entières en 2010 se trouvent toujours séparées d’un côté ou de l’autre d’une frontière héritée non des peuples maghrébins et musulmans mais du colonialisme chrétien !

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    • Des Algériens dépossédés de leurs terres au Maroc 13 novembre 2011 22:03, par Rashidof1

      Les algeriens du maroc n’ont eu aucun choix entre la nationnalite et indemnisation avant la marocanisation des terres. J’en fais partie est comme si c’etait aujourd’hui. Nous avons perdu plus de 120 vaches 10 torreaux ainsi que 1200 moutons sans pouvoir les vendre avant d’etre exproprie de nos 2 fermes de 100 et 50 hectares. ’’Vive la fraternite maghrebine’’.

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  • Des Algériens dépossédés de leurs terres au Maroc par flawttta 22 août 2010 13:55

    sacrés donneurs de leçons , il faudrait peut être balayer devant chez soi avant toute chose , et tous ces marocains expulsés comme des mal-propres par le gouvernement algérien , et pas n’importe quel jour ; le jour de l’Aïd Al Adha, ces victimes se comptent par des centaines de milliers , jetès , dépossédés de tous leurs biens , familles et vies déchirées ... c’est fou comme on puisse être médiocre d’esprit ... nous ne sommes plus à l’époque des querelles stériles et des scènes de ménage à tout bout de champ ...

    L’élite algérienne a un véritable problème avec le Maroc. Elle nous reproche ce qu’elle appelle ’’le narcissisme historique’’, c’est-à-dire le fait d’être le plus vieux Etat-nation de la région et de se comporter comme tel. Elle a éduqué des générations avec l’idée qu’un Maroc fort est nécessairement un danger pour l’Algérie, parce que ’’l’expansionnisme est dans les gènes de l’empire chérifien’’. C’est cet atavisme qui explique que l’ensemble de la presse algérienne adhère sans réserve au discours officiel. Contre ce délire maniaco-dépressif, le Maroc ne peut rien. Sauf s’en rendre compte et le prendre en considération.

    L’antimarocanisme est une donnée incontournable dans les cercles militaires et politico-médiatiques algériens. D’ailleurs, pour acquérir plus de visibilité et de crédibilité à Alger, il est recommandé d’être antimarocain et de le montrer ostensiblement. Pour comprendre cette haine qui relève du psychisme, il faut rappeler que l’identité révolutionnaire algérienne s’est forgée en totale contradiction avec un Maroc, monarchie séculaire.

    Ainsi, tour à tour Ahmed Ben Bella, Houari Boumèdienne, Abdelaziz Bouteflika vouaient pendant les années soixante et soixante-dix au Maroc une haine inégalée. D’autres seconds couteaux du pouvoir algérien n’ont pas hésité non plus à verser dans l’antimarocanisme primaire. Ce fut le cas de Cherif Messaïdia, d’Ahmed Taleb Ibrahimi et Ahmed Yahyaoui. Aujourd’hui, les antimarocains se recrutent dans toutes les sphères algéroises. Armée, services de renseignement, gouvernement et médias. Si les générations ont changé, la haine est demeurée la même, sinon elle a gonflé avec la hausse des prix du pétrole.

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    • Des Algériens dépossédés de leurs terres au Maroc 6 janvier 2011 03:17, par mohamed

      2 mars 1973 : le Maroc dépossède les algériens qui vivent sur son sol de leurs biens (40% du patrimoine foncier agricole public marocain appartenait aux immigrés algériens confisqué et donné aux juifs)
      quand il y action il faut s’attendre à la réaction
      soi logique

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