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Enseignants chercheurs hospitalo-universitaires

Algérie : Nouvelle grève annoncée dans la Santé

23 avril 2013
Algérie : Nouvelle grève annoncée dans la Santé

Le Conseil national du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) dénonce « la situation d’échec et de blocage total dans laquelle nous ont confinés nos autorités de tutelle de la Santé et de l’Enseignement supérieur ».

Cette « dénonciation », le Conseil national l’a consacrée dans un communiqué sanctionnant la session extraordinaire qu’il a tenue avec ses représentants des différentes facultés en sciences médicales du pays, le dimanche dernier à l’hôpital Mustapha. « En effet, peut-on, sans verser dans la naïveté béate, continuer à croire aux promesses sans lendemain et espérer la prise en charge de dossiers en discussion depuis plus de trois ans ? » interrogent-ils dans le communiqué.

Des dossiers, comme celui des chefferies d’unités, de la régularité des concours, de la décision de l’ouverture ou de la fermeture d’un service par la CCHUN (Commission nationale de coordination hospitalo-universitaire) « pour ne citer que ceux-là », disent-ils, et dont aucun, selon eux, « n’a connu jusqu’à ce jour son épilogue ». Ils interrogent encore « peuton accepter qu’un concours aussi prestigieux pour une université que celui de professeur chef de service hospitalo-universitaire soit organisé d’une manière aussi cacophonique et avec autant d’amateurisme ? ». Amateurisme qu’ils entrevoient à travers « les multiples listes des postes ouverts au concours, la défaillance de l’information, ouverture et fermeture de services dans l’opacité la plus totale… ». Ils continuent d’interroger « que peut-on dire de deux tutelles qui n’arrivent pas, pour des raisons que nous peinons à comprendre, à s’asseoir autour d’une table pour trouver des solutions à des problèmes et des dossiers relevant de leurs départements respectifs ? » « Peut-on, au moment où l’on prône le règlement des conflits par la concertation et le dialogue, accepter que nos autorités de tutelle dont la vertu essentielle reste la roublardise, continuent à voir le partenaire social, faute d’avoir réussi à l’amadouer ou l’apprivoiser, comme un adversaire à neutraliser ? » « Peuton accepter qu’un ministre ne daigne pas recevoir des enseignants universitaires alors que le feu couve dans son département ? » Ils esquissent alors une première réponse à toutes ces interrogations. « Le Conseil national du syndicat des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires a décidé à l’unanimité de ses membres d’user de tous les moyens que lui confère la loi, notamment le recours à la grève des soins et de l’enseignement en sciences médicales, pour emmener les autorités de tutelle à se départir de cette attitude de mépris et d’autoritarisme d’un autre siècle, afin de trouver des solutions urgentes à des problèmes qui n’ont que trop duré », affirment- ils dans leur communiqué.

« ON NE VEUT PLUS QU’ON NOUS MÉPRISE ! »

« Oui, nous comptons déposer la semaine prochaine un préavis de grève pour dénoncer et protester contre tout cela, en premier, le mépris affiché par le ministre de la Santé, Abdelaziz Ziari, qui, selon lui, ne voit pas d’utilité de recevoir des professeurs en médecine, on ne veut plus qu’on nous méprise !  », nous déclare avec une grande amertume le professeur Nacer Djidjeli, président du SNECHU que nous avons contacté hier. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est blâmé, lui, pour, nous dit le Pr Djidjeli, « avoir refusé de nous remettre le compte rendu de la réunion que nous avons eue avec lui le mois dernier ».

Notre interlocuteur nous fait savoir que « Rachid Haraoubia ne veut plus nous voir ni nous faire recevoir par ses collaborateurs ». Le professeur recentre les questions et affirme que « le point le plus litigieux qui nous pousse au dépôt d’un préavis de grève est que les enseignants chercheurs hospitalo-universitaires négocient depuis trois ans la tenue des concours des chefferies d’unités et chefferies de services que gèrent les deux ministères, c’est une véritable galère ». Il pense que « depuis que le droit de regard y a été accordé au ministère de l’Enseignement supérieur, tous les dossiers ont été gelés, ça n’a pas bougé d’un iota ». Le Pr Djidjeli met les pieds dans le plat et dénonce « c’est une véritable cacophonie entre les deux ministères, ils ne s’entendent pas entre eux et ils nous le font payer ». Première revendication du SNECHU, « on ne veut plus dépendre du ministère de l’Enseignement supérieur », demande son président.

Revendication qui, si elle arrive à être « entendue  », clarifiera bien de situations au niveau du secteur de la Santé. « Nous demandons alors l’amendement des statuts pour que le ministère de la Santé soit notre seule tutelle  », nous explique Djidjeli. Parce qu’ajouteil encore « les deux ministères réunis ne peuvent pas gérer ou régler ne serait-ce qu’un seul dossier ». Le Pr Djidjeli qui est chef de service pédiatrie à l’hôpital de Belfort (Alger) affirme sans hésiter que « ce bicéphalisme est un problème qui mine notre profession, les deux ministres eux-mêmes le reconnaissent mais rien n’est fait, on est malmené comme une balle de ping-pong ».

« OUVREZ-LE ! »

Sur sa lancée, il dénonce énergiquement la fermeture du service de réanimation de l’hôpital Beni Messous. Poste à propos duquel on avance dans les milieux hospitaliers algérois notamment que « Haraoubia veut garder pour son frère et que le président du syndicat le veut pour un de ses amis ». Mais, nous explique un des maîtres de conférences A, « le frère de Haraoubia est maître de conférences de la catégorie B et non A, il n’y a pas droit ». Notre interlocuteur est un parmi les maîtres de conférences A que nous avons rencontrés hier et qui nous ont dit qu’ils n’adhéraient pas totalement aux doléances du syndicat qu’ils accusent de « vouloir accaparer les postes à ses seuls membres ». Ils reprochent même à certains de ses membres « de garder des postes pendant 3 ou 4 mandats et ont une mainmise totale sur les oeuvre sociales ».

L’on susurre qu’ « une commission d’enquête pourrait être lancée pour voir ce qui s’y passe de près et pour savoir en même temps qu’en est-il devenu de la coopérative immobilière de Bouzaréah ». L’on relance en outre « le pourquoi du comment des élections, il y a près de 45 jours, des membres du Comité scientifique durant lesquelles les membres du syndicat ont envahi le bureau, les élections doivent être en principe refaites ». Ceux qui pensent à « tout ça », tiennent à garder l’anonymat pour ne pas, disent-ils, « développer les animosités et les aversions au niveau des CHU et entre les enseignants chercheurs hospitalo-universitaires, déjà que ça plombe nos relations et notre travail, on ne va pas y rajouter ». Le Pr Djidjeli rebondit sur ces accusations et répond « on me donne trop d’importance et trop de pouvoirs pour que je puisse distribuer des postes, mais il faut d’abord que tout le monde sache qu’à partir de 16h, les malades de Beni Messous sont évacués vers d’autres hôpitaux parce qu’il n’y a pas de service de réanimation, c’est très grave ! » Il lance alors : « Haraoubia peut le donner à qui il veut, à son frère, à lui-même s’il veut, mais il faut que le service soit rouvert… » Il insiste : « Ouvrez-le ! » Les maîtres assistants, maîtres de conférences et professeurs, membres du syndicat et initiateurs du préavis de grève, se promettent de tenir à partir de la semaine prochaine des réunions d’information et de sensibilisation à travers l’ensemble du territoire national. Le Pr Djidjeli nous annonce au passage que le SNECHU se réunira ce jeudi avec le directeur des structures de santé au niveau du ministère.

Tags: Grève Médecin Paramédical

Source : El-annabi.com

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