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Il insiste sur le partenariat et n’évoque pas la « repentance »

Algérie - France : Bouteflika parie sur Hollande

12 décembre 2012

A la veille de la visite de François Hollande, prévue les 19-20 no vembre, le Président Abdelaziz Bouteflika s’est montré, dans ses réponses écrites à l’agence AFP, particulièrement prévenant à son égard.

Que ce soit sur le Mali ou sur les questions mémorielles, le président a choisi d’être consensuel et non conflictuel. Un message de « bienvenu total », à Hollande. Sur les questions mémorielles, le discours concis, pour ne pas dire laconique, du président algérien est de nature, en théorie, à déplaire à ceux qui dans la « famille révolutionnaire  » exigent une « repentance » de la France pour les crimes commis durant la colonisation. Le discours présidentiel est, au contraire, ouvertement tendu vers l’avenir, avec un appel à un « partenariat d’exception » dont les formes « importent peu finalement » car c’est « sa consistance qui est essentielle ». En n’insistant pas sur les aspects mémoriels, sujet de polémiques et de manoeuvres politiques, Bouteflika semble avoir une volonté claire de ne pas donner des munitions à une droite française embusquée qui a réagi odieusement après le message bref de Hollande sur les massacres du 17 Octobre 1961.

Bouteflika insiste surtout sur ce qui peut se faire maintenant et pour l’avenir. Il appelle ainsi à « transcender beaucoup de pesanteurs » en soulignant « l’obligation pour l’Algérie et la France de travailler ensemble, tant leurs interdépendances sont nombreuses ». Une approche qui ne peut que plaire à François Hollande. Celui-ci paraît, somme toute, plus disposé que ses prédécesseurs à avancer sur le terrain de la « reconnaissance  » (encore une fois, c’est très différent de la « repentance », exigence que beaucoup de militants de la Libération ne partagent pas) des faits de l’histoire. Il n’est pas inutile de rappeler que ces questions mémorielles ont été « enflammées » par la loi provocatrice des « nostAlgériques » sur les « bienfaits » de la colonisation au temps de Jacques Chirac.

DES REPROCHES SUR LE PRÉSENT….

Le Président Bouteflika est un peu plus prolixe sur le présent et l’avenir que sur le passé et donne sa conception d’une « relation forte et dynamique avec la France ». Il laisse transparaître, en filigrane, le reproche classique des responsables algériens à l’égard des Français de ne voir dans l’Algérie qu’un marché déversoir de leurs produits et non un espace d’investissement et de partenariat. Il faut, at- il déclaré, « construire un partenariat qui résiste aux contingences et qui dépasse les seules relations commerciales où chacun réduit l’autre à un débouché ». C’est bien une description de l’état des relations algéro-françaises où le niveau important des échanges commerciaux n’est pas synonyme de partenariats ou d’investissements.

Bouteflika veut de ce fait, une « intensification du dialogue à tous les niveaux » et un partenariat « gagnant-gagnant ». Les questions mémorielles, même s’il est difficile de les évacuer complètement, passent au second plan par rapport aux questions économiques. L’économie algérienne reste, cinquante ans après l’indépendance, dangereusement dépendante des seuls hydrocarbures et souffre d’une absence de diversification aggravée par une tendance à favoriser les importations. La politique économique de ces dernières années, même si elle est contestée dans sa forme et dans son efficacité, obéit à un souci de ne plus être une économie d’import-import.

OUVERTURE

Les entreprises françaises ayant beaucoup d’intérêts en Algérie, cette idée de partenariat « gagnant-gagnant » est tout à fait justifiée. Elle l’est d’autant plus que la « mondialisation » où « l’interdépendance entre Etats, fussent-ils éloignés, est devenue une chose inévitable » ne s’accommode plus de « tête à tête » ou de chasse gardée. Le terrain de ce partenariat est économique, technologique et aussi dans la formation et il est à construire. « Ce que l’Algérie attend de la France, c’est un accompagnement dans le processus de développement économique, social et humain, un vaste chantier en cours de mise en oeuvre et qui nécessite un perfectionnement de l’élément humain, un transfert technologique réel et un partenariat gagnant- gagnant dans le système productif  », a déclaré le président en espérant que l’arrivée aux responsabilités « de M. François Hollande va marquer une nouvelle étape dans nos relations bilatérales ». Sur le dossier malien où les positions sont pourtant assez éloignées, le Président Bouteflika a également développé un discours « ouvert » et non « conflictuel ». C’est un message de « bienvenu total » qui est adressé à M. Hollande.

Tags: Algérie France Abdelaziz Bouteflika François Hollande

Source : Le Quotidien d'Oran

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