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Algérie : Des religieux planchent sur la peine de mort

17 septembre 2012
Algérie : Des religieux planchent sur la peine de (...)

La 20ème session du Congrès de l’Académie internationale islamique du « Fikh » s’est poursuivie hier à Oran, avec le traitement, lors de la matinée, de l’épineux dossier de l’application de la peine de mort qui fait actuellement polémique sur la scène internationale entre les partisans de l’abolition et notamment les organisations des droits de l’Homme et les opposants à sa suppression,

à l’instar de certains pays musulmans, appliquant la législation islamique. Les interventions ont été multiples lors des débats animés après la présentation du rapport de recherche réalisé par des docteurs spécialisés dans la législation islamique et qui plaidaient à l’unanimité le maintien de cette peine, conformément aux textes religieux. Reste à accorder les violons des oulémas sur les mécanismes d’application de cette sentence et la mise en place de tous les moyens nécessaires pour élucider le crime sur la base de preuves certifiées.

Les participants à cette rencontre ont insisté sur l’importance de respecter toutes les étapes de l’enquête pour prouver l’innocence ou la culpabilité de l’accusé, arguant que le but de notre législation islamique n’est pas d’appliquer la sentence, anarchiquement, ou pour régler des comptes entre personnes mais de préserver l’intérêt général si le sujet a commis un acte criminel. Les débats sur la peine de mort se sont voulus aussi une réponse aux campagnes menées, ces dernières années, par les organisations des droits de l’Homme, plaidant l’abolition de cette peine, ce que la majorité des oulémas ont rejeté, estimant que l’intérêt général passe avant l’intérêt individuel.

Le docteur Abdallah Mabrouk En- Najar, en présentant sa conférence, a clairement expliqué que le but de se référer à la législation islamique sur cette question est de mettre en place les moyens de prévention et de protection contre les actes criminels. Il a, cependant, posé la problématique, faut-il faire subir à l’accusé les mêmes châtiments et appliquer dans ce cas « el kissas » ou décider d’une peine de mort avec « Hada Seif ». Pour ce docteur, il n’est pas possible d’appliquer « el kissas » si la victime a été violée jusqu’à la mort ou droguée ou consommé de façon forcée de l’alcool. Le docteur Majdi Achour, consultant à Al Azhar, estime pour sa part, que la question méritait d’être étudiée actuellement, vu les campagnes des Occidentaux pour abolir la peine de mort. Il explique que dans la législation islamique, la peine de mort et « el kissas » n’ont pas la même signification. La première est plus générale par rapport à la seconde. Il rappelle, toutefois, que certains pays occidentaux, après avoir décidé d’abolir la peine de mort, se sont rétractés car constatant que le crime a augmenté dans leurs pays. « Si les Occidentaux estiment que la peine de mort est un acte barbare, nous répondons qu’il est important de voir l’intérêt collectif avant celui de l’individus seul. Si le criminel n’a pas respecté et préservé cet intérêt, en tuant une âme, la société ne peut pas préserver la sienne ».

Le docteur Majdi Achour souligne, dans le même contexte, que les participants ont débattu le sujet et donné leur avis sur la question, reste à l’Académie de trancher. Le mufti de la mosquée de Jérusalem a commenté sur le sujet en déclarant : « nous dirons aussi que ce que la législation islamique a énoncé, de façon radicale, ne peut pas être révisé. El kissas est prononcé lorsqu’il y a préméditation du crime. Cela ne veut pas dire que la peine de mort doit être appliquée, sans enquête et sans preuves avérées ». Il dira aussi : « je ne soutiens pas l’application de la peine de mort à l’encontre des prisonniers politiques, mais je suis pour l’application de cette peine à condition de mettre en place une économie basée sur la législation islamique et sur la légalité dans la société. Cette peine de mort sera donc le dernier maillon à exécuter dans la législation islamique ». Il souligne également, concernant cette cause défendue par les organisations de droits de l’Homme, « je ne crois pas en ces organisations parce qu’elles sont financées par les Occidentaux et leur rôle est d’abolir toutes les lois islamiques ».

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Source : Le Quotidien d'Oran

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