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Credoc : 600 millions de dollars perdus, 400 établissements fermés

20 août 2011
Credoc : 600 millions de dollars perdus, 400 établissements

Une perte de 600 millions de dollars et 400 établissements qui ont mis la clé sous le paillasson en l’espace de 18 mois.

C’est, selon Bachir Msitfa, expert économique, le bilan de l’imposition par le gouvernement à la faveur de la loi de finances complémentaire 2009 du crédit documentaire comme moyen unique de paiement des importations. Amar Ziad, président de l’Unop (Union nationale des opérateurs en pharmacie), avait estimé pour l’année 2010 que l’imposition du crédit documentaire a généré des pertes de l’ordre de 1,5 milliard de dinars pour les opérateurs et un manque à gagner de 300 millions de dinars pour le fisc. « Nous estimons les pertes financières liées aux charges supplémentaires pour les entreprises et pour la fiscalité à 700 millions de dollars », avait-il déclaré en relevant que de nombreuses entreprises avaient éprouvé des difficultés à ouvrir des Credoc, ce qui a poussé les entreprises à recourir au chômage technique. Mais le recours au Credoc a finalement été rodé de l’avis des entrepreneurs sans pour autant que la question de son coût ou de son apport à l’économie nationale – ici la réduction des importations – n’ait été établie. Le gouvernement n’a pas renoncé totalement à sa démarche. Il a cependant assoupli sa position en acceptant à la faveur de la dernière tripartite à ce que les PME de « production » de services ou de marchandises puissent avoir le choix entre le Credoc ou la remise documentaire. Malgré cet assouplissement de position, le gouvernement ne s’est jamais engagé sur ce terrain du débat sur le bien-fondé économique de l’imposition du Credoc comme unique mode de paiement des importations.

UNE « CATASTROPHE »

On chercherait en vain une estimation des pertes ou des gains éventuels de la mesure prise dans le cadre de la LFC 2009. L’impact sur la réduction des importations, objectif proclamé de la mesure, a été nul, selon l’avis général. Côté entreprises publiques, l’impact est aussi important même si les chefs d’entreprises, astreints à la réserve, évitaient de l’évoquer. C’est finalement l’ancien PDG d’Air Algérie, Wahid Bouabdallah, qui avait initié un mouvement de retrait des entreprises publiques du FCE à la suite des « excès » de critiques de cette dernière qui avait fini par rompre la réserve en s’alarmant publiquement des « millions » de dollars perdus par la compagnie du fait du Credoc. L’absence de souplesse du Credoc ne permettait pas l’achat rapide de pièces détachées et mettait des avions sur le carreau. Bouadallah avait souligné que le Credoc oblige la compagnie à « augmenter, voire de gonfler nos stocks. Parce qu’un avion qui est en panne, on ne peut se permettre d’attendre pour acheter une pièce de rechange ». Il est revenu à la charge par la suite en termes plus crus. « Avant, on allait sur place et en une heure on achetait la pièce. Cette fois-ci, il faut le crédit documentaire et un avis d’appel d’offres. C’est la catastrophe pour une compagnie aérienne (…). Il y a des protocoles en matière de maintenance : telle panne demande tant d’heures. Il suffit qu’il y ait un aléa sur la disponibilité d’une pièce détachée et le délai se voit dépassé…. ».

UNE GUERRE ADMINISTRATIVE PERDUE CONTRE L’IMPORTATION

En tout cas, même si on ne dispose pas de chiffres, des opérateurs sur le terrain ont fait le constat d’un impact négatif. Ainsi, un importateur d’intrants chimiques a souligné, dans une déclaration au site maghrebemergent. info que le « Credoc engendre entre 3,5% et 5% de surcoût sur les produits et les matières premières importées. Avec la lettre de crédit, il y a le contrôle de qualité automatique que le fournisseur répercute sur sa facture. Il est de l’ordre de 500 euros par container. A cela, il faut ajouter la surcharge administrative créée par la licence statistique délivrée par les wilayas et exigée pour chaque importation. C’est un travail pour lequel j’ai été obligé de recruter une personne ». Un expert international souligne par ailleurs que pour la gestion administrative du dossier de Credoc, la banque se rémunère en commissions de services pour cette gestion, sans compter les frais postaux pour l’acheminement des documents. « Toutes ces commissions et frais sont bien entendu répercutés à l’importateur. Les banques européennes évaluent à environ 500 euros les coûts d’un Credoc de 10.000 euros ». Cela donne une indication assez éloquente du « coût » d’un Credoc né d’une guerre administrative, à l’évidence perdue, contre l’accroissement des importations.

Tags: Crédit Ahmed Ouyahia Loi de finances

Source : Le Quotidien d'Oran

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