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Pénurie de médicaments en Algérie : La polémique enfle

1er août 2011
Pénurie de médicaments en Algérie : La polémique (...)

D’un côté, les pharmaciens d’officine regroupés autour de leur syndicat (le SNAPO) et les associations de malades, de l’autre, le ministère de la Santé.

Les premiers se plaignent de la pénurie de médicaments. Le second assure que « tous les produits couvrant la pathologie d’urgence et les maladies chroniques sont disponibles ou en voie de l’être ». Après la montée au créneau successivement du SNAPO et des associations de malades notamment chroniques, un communiqué du ministère de la Santé, répercuté par l’APS, a fait état, avant-hier, d’« une disponibilité de la majorité des produits, dont les stocks ont été reconstitués ou sont en instance de reconstitution soit par la fabrication locale, soit sont en cours d’expédition, ou alors sont au niveau du contrôle par le Laboratoire national des produits pharmaceutiques ».

Le ministère soutient que « les produits identifiés comme connaissant une baisse des stocks existent mais en Dénomination commune internationale (DCI), sous d’autres noms de marque ». Pour le département de Ould Abbès, les états de stocks des opérateurs pharmaceutiques sont transmis mensuellement au ministère de la Santé. Les opérateurs qui ont signalé une baisse des stocks ont été destinataires d’une « demande d’explications ». Les réponses collectées ont permis au ministère de conclure qu’« il y a une disponibilité de tous les produits liés aux pathologies d’urgence et aux maladies chroniques ». En revanche, le ministère de la Santé admet « une tension affectant les pilules contraceptives. » Pour le ministère, les produits utilisés dans les pathologies réputées de saison (notamment ceux largement consommés pendant le ramadhan), mais aussi des médicaments nécessaires pour les diabétiques, sont disponibles. « Les insulines et les antidiabétiques oraux sont disponibles.

A côté de l’insuline produite par Saïdal, des quantités suffisantes d’insuline ont été importées par des opérateurs », soutient le ministère. De son côté, un syndicaliste du SNAPO, que nous avons contacté hier, déplorait le fait que « la production par Saïdal de l’insuline n’a pas reçu l’aide nécessaire des pouvoirs publics ». Selon le SNAPO, les ruptures de stocks affectent 230 médicaments, dont 170 sont indispensables. C’est le cas notamment, selon lui, des corticoïdes, de la pilule contraceptive et des antidouleurs pour les cancéreux. Un pharmacien d’officine, interrogé hier, faisait état d’une rupture de stock affectant les spécialités, à l’image de Rovamycine en sirop, Modurétic, Célestène, Diprostène, Tamgesic, Digoxine… « Ces pénuries qui perdurent depuis trois ans sont imputables, selon le SNAPO, à une mauvaise gestion dans le circuit de distribution  ». « Certains importateurs exercent une position dominante et de monopole préjudiciable aux officines  », explique ce syndicat. L’association des insuffisants rénaux se plaint, quant à elle, de « l’indisponibilité des médicaments pour le traitement des malades ».

La Fédération nationale des insuffisants rénaux (FNIR) s’élève elle aussi contre « les récurrentes ruptures de stocks affectant les produits utilisés dans la greffe rénale ainsi que l’absence des antiviraux ». « Ces pénuries ont causé des cas de décès à Oran et à Constantine », a déploré le porte-parole de la fédération, M. Boukhars Mohamed. Après cette sortie médiatique de cette fédération des insuffisants rénaux, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a réagi en diligentant une enquête pour « connaître les raisons de la tension enregistrée en Oranie sur les produits antirétroviraux (traitement du VIH/Sida) ». Ces dernières années, le ministère de la Santé a lancé un plan de développement de la production locale du médicament. Le département de Ould Abbès a interdit d’importation plusieurs centaines de médicaments. Le ministère compte interdire à l’importation 800 médicaments en 2012, contre 300 actuellement. La semaine dernière, le ministère a ajouté 251 médicaments à cette liste restrictive. Mais, pour les importateurs, la production locale est encore loin de satisfaire cette baisse des importations. Résultat des courses : le marché du médicament est fortement perturbé. Le SNAPO dénonce certaines pratiques telles « les ventes concomitantes, la discrimination entre officines ». Ce syndicat réclame une réforme du système d’importation et de distribution et plaide aussi en faveur de « l’activation de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques.  » Le SNAPO défend aussi l’idée de la création de groupements de pharmacies pour permettre un écoulement plus fluide de la production nationale et assurer un système de régularisation et de suivi efficace du circuit de distribution. L’Algérie importe 70% de ses médicaments.

Ses importations sont passées de 500 millions de dollars, il y a dix ans, à 2 milliards de dollars en 2010, selon les douanes algériennes. Des négociations sont en cours avec des producteurs étrangers pour produire en Algérie les quantités suffisantes à même de satisfaire les besoins du pays. Un accord a été signé avec le groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis et des pourparlers sont déclarés comme « avancés » avec particulièrement des firmes américaines.

Tags: Algérie Médicament Pénurie

Source : Le Quotidien d'Oran

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2 commentaires

  • Pénurie de médicaments en Algérie : La polémique enfle par Miki de l’ isle d’abeau(38) 6 septembre 2011 23:42

    Mon oncle est en phase 4 d’ un cancer du poumon, on peut dire que c est la dernière ligne droite de sa petite vie.Il réside a Constantine il me sollicite pour lui faire parvenir un médicament qui fait parti de la rupture du stock des pharmacies algériennes. " le tamgesic" il coûte 10,37 euros. Je ne peux repondre a sa demande parce qu’ en France il faut une ordonnance spécifique pour qu’ on puisse me le délivrer. " l’ ordonnance doit avoir un code barre sécurise pour qu’ elle soit repertoriee dans un registre".je trouve injuste que de vrais patients en phase terminale d’ un cancer ne puissent bénéficier d’ un traitement correcte pour les accompagner dans leur fin de vie.C’ est bien regretable que les organismes sanitaires ne se battent pas plus que cela ! Ce qui est malheureux dans l ’histoire de ses patients c’ est qu’ils ne savent pas qu’ils vont mourir ! Tout le monde leur mentent...

    Répondre à ce message

    • Je suis une pharmacienne installee et j’avais moi aussi un patient au dernier stade et il devait consomer une boite de temgesic minimum pour calmer un tout petit peu sa douleur mais malheuresement le temgesic etait en rupture alors il me suplier pour lui donner meme les boites perimes depuis 1 a 2 mois et avec l’ au
      torisation du medecin et apres il est mort ....

      Répondre à ce message


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