Le P-DG d’Air Algérie, Abdelwahid Bouabdallah, a été demis de ses fonctions samedi dernier, a-t-on appris de source officielle. Il a été remplacé par Mohamed-Salah Boultif, ancien patron de l’EGSA.
Une cérémonie de passation de consignes a eu lieu hier matin au siège de l’entreprise, ajoute notre source, précisant par ailleurs que le nouveau patron d’Air Algérie a inspecté, dans l’après-midi, les principaux centres névralgiques de la compagnie.
Les raisons de ce limogeage ne sont pas connues. Toutefois, la compagnie publique est en proie à un mouvement de protestation qui dure depuis quelques semaines. Une grève du personnel navigant a cloué le 15 juin dernier les avions au sol. La grève du personnel navigant aurait-elle été fatale au P-DG d’Air Algérie, Abdelwahid Bouabdellah ? Tout le monde savait qu’il était sur un siégé éjectable.
Déjà, en mars dernier, Bouabdellah évoquait des pressions externes. Il avait remis, selon certains sa démission au conseil d’administration de l’entreprise qui l’avait rejetée lors de sa réunion du 23 février dernier et renouvelé « toute sa confiance au P-DG ainsi qu’à l’équipe de direction ».
Pour d’autres, il aurait remis, sa démission au président de la République qui l’aurait refusée. Au cours d’une réunion avec une quinzaine de cadres de la compagnie, M. Bouabdellah a fait part de sa décision de quitter l’entreprise. « J’en ai marre ! Je vais démissionner », aurait-il lancé. La confusion régnait encore autour de cette « démission surprise ». Hier dans la matinée, la compagnie n’avait pas encore officiellement réagit au limogeage de l’ex-député du FLN. Celui-ci avait accusé, à l’époque, un responsable d’une structure officielle : « Il y a une situation d’instabilité que des lobbies, dirigés par un responsable d’une structure dépendant du premier ministère qui s’est autoproclamé directeur parallèle, veulent imposer au sein de la compagnie », a-t-il indiqué.
Ce responsable, a-t-il encore révélé, « organise des réunions au sein de sa structure avec des cadres de la société écartés et d’autres mutés qui s’opposent aux réformes que notre direction a entamé conformément aux directives de la présidence de la République et du premier ministère ». Il a ajouté que ce responsable qui se dit influent « a mobilisé des pilotes et des travailleurs d’Air Algérie pour mener des grèves et des mouvements de protestation afin de paralyser les activités de la compagnie et m’obliger à démissionner ». Bouabdellah a affirmé qu’il n’allait pas se soumettre aux « pressions et complots et que ses opposants ne pourront pas le pousser à la démission ».
Le désormais ex-P-DG d’Air Algérie a fait sa carrière dans le secteur étatique en dirigeant plusieurs grandes entreprises publiques, telles que Cosider, compagnie de BT, la CNEP (Caisse nationale d’épargne et de prévoyance, ou encore l’ANEP (Agence nationale d’édition et de publicité), l’entreprise qui gère la publicité du secteur public. Bouabdellah a fini par être parachuté à la tête de la compagnie nationale en mars 2008.
Mahmoud Tadjer
Tags:
Air Algérie
Source : El-annabi.com