Le secrétaire général du FLN s’est fait accompagner,
jeudi dernier, à la commission des consultations politiques
par une forte délégation dont le président de l’APN,
Abdelaziz Ziari.
Si la présence de Ziari est précisément
relevée, c’est parce que
l’on remet au goût du jour la
polémique qui l’a confrontée au président
du Conseil de la Nation, Abdelkader
Bensalah, qui est, faut-il le
rappeler, président de la commission
des consultations politiques qui siège
à la présidence de la République
depuis le 21 mai dernier. Provocation
ou tentative de réconciliation ?
Les observateurs ne penchent ni pour
l’une ni pour l’autre tant les faits ne
méritent pas le détour. Il est plutôt
évoqué à ce sujet une idée émise par
Ziari qui est partagée par les plus
hauts niveaux de la décision à savoir
le chef de l’Etat. C’est en évidence
celle d’une suppression du Conseil de
la Nation qui risque d’être consacrée
dans la prochaine Constitution. Ceci
pour des considérations politiques
rapportées dans ces mêmes colonnes
il y a près d’un mois.
Conduite par Abdelaziz Belkhadem,
la délégation du FLN était composée
de quatre membres du bureau
politique et trois autres des structures
de base du parti. Laïachi Daâdouaa
ne devait pas y être, d’autant qu’il
est déjà passé devant la commission
en tant que parlementaire.
Mais il y était. Le SG du FLN a pris
le soin de préciser que « les profondes
réformes » sur lesquelles il est
consulté « s’inscrivent dans le cadre
de l’approfondissement du processus
de réconciliation nationale et dans le
renforcement des efforts d’un développement
fructueux entrepris dans
le pays depuis 1999 ». Réformes qui,
a-t-il noté en outre, « ont fait l’objet
d’un débat approfondi au cours de
la 4e session du comité central du
parti tenue la semaine dernière ».
Belkhadem évoque quelques propositions
que le FLN a formulées
dans ce cadre. Il propose d’oeuvrer
« à l’approfondissement des droits et
libertés fondamentales et à leur renforcement
par la mise en place d’un
médiateur de la République dont la
mission sera de faire respecter les
droits de l’homme et les libertés par
toutes les administrations et les institutions
de l’Etat, les collectivités locales
ainsi que par toute entité que
la loi charge de gérer une structure
publique ». Le FLN veut par ailleurs
que soit maintenu le partage du pouvoir exécutif entre le président de la
République et le Premier ministre.
« La nomination de ce dernier doit se
faire de la majorité parlementaire »,
plaide-t-il. Les prérogatives de l’un
et de l’autre doivent être déterminées
dans la Constitution en attribuant au
président de la République « en plus,
la mission d’arbitrage entre le gouvernement
et le parlement et le droit
de limoger le gouvernement et de
dissoudre le parlement ». Et, ajoute-
t-il, « partant du fait que le président
de la République symbolise la
continuité de l’Etat et son union, il
doit garder l’exclusivité de la gestion
de la politique étrangère, la défense
nationale, la protection de la Constitution
ainsi que celle des constantes
nationales ». Le FLN appelle à la
constitutionnalisation de l’importance
du pouvoir législatif et de son rôle
de contrôle de l’action gouvernementale,
de l’indépendance de la justice
et des principes d’un jugement équitable
ainsi que le droit à la défense.
L’ATTENTION PARTICULIÈRE
DU FLN AUX MÉDIAS
Belkhadem a fait savoir, par
ailleurs, que son parti a édicté un
certain nombre de principes pour
réussir des élections « transparentes
et crédibles » et pour diminuer de
l’abstention des électeurs. Il propose
au titre de contrôle des élections,
l’institution d’une haute instance qui
doit jouir d’une impartialité et d’une
indépendance financière et administrative.
Instance qui « diffère totalement
de la commission nationale des
élections », précise-t-il.
L’obligation de l’application du
principe de la participation de la femme
dans les instances élues contenu
dans la Constitution « doit être appuyée
par l’adoption d’une loi organique
imposant cette participation
entre 20 et 30% dans les assemblées
communales et de wilaya du pays ».
La loi sur les partis politiques doit,
selon le FLN, réactiver et élargir les
règles de la liberté de l’expression
politique à travers les partis et ce
« dans le cadre d’une concurrence
pacifique pour le pouvoir ». Les conflits
partisans doivent être, proposet-
il encore, tranchés par voie de justice
« dans le sens de la protection de
la démocratie ». Il soutient par ailleurs
les associations « en tant que relais
principal pour la pratique démocratique
participative ».
Le FLN s’étalera un peu plus longuement
sur le code de l’information
qu’il affirme « placer dans le coeur du
processus de relance et de modernisation
de la société » et qu’il veut voir
« réviser en fonction des évolutions du
pays et du monde ». Il appelle à cet
effet à l’ouverture « d’un débat approfondi
avec les professionnels de la
presse et la société civile pour arriver
à un consensus sur les questions fondamentales,
parmi elles la mise en
place de structures chargées de réguler
le secteur et de protéger les journalistes
contre tout dépassement et
tout abus ». Il appelle à la création du
conseil supérieur de l’information et
de celui de l’éthique et de la déontologie.
Aussi à l’élaboration d’un statut
particulier des journalistes « qui
leur garantit leurs droits et devoirs et
leur préserve leur dignité et leur statut
social ».
Le parti de Belkhadem propose « la
suppression de toutes les sanctions
confisquant la liberté de la presse et
tous les obstacles qui l’entravent ». Il
appelle à la mise en place de cahiers
des charges et d’instruments de régulation
pour l’ouverture du champ
audiovisuel. Il veut que l’Etat permette
aux générations futures de journalistes
de créer leur propre entreprise
de presse avec l’aide de crédits de
financement. Les professionnels doivent,
selon lui, percevoir une partie
des gains générés aux médias par la
publicité. Toute structure ou instance
officielle doit avoir, dit-il, un porte-
parole pour permettre au journaliste
d’accéder à l’information. Il fait
valoir le droit du journaliste à avoir
la carte nationale de presse.
Le FLN fera d’autres propositions
pour ce qui est de la presse pour
qu’elle devienne, explique-t-il, « un
4e pouvoir effectif jouissant de la
légitimité morale et de la liberté
professionnelle (…). »
Belkhadem précisera à la presse
que son parti s’est abstenu de remettre
certaines de ses propositions sur
la révision de la Constitution comme
celle relative au mandat présidentiel
avant qu’elles ne soient débattues
par les instances de base.
Le FLN les soumettra prochainement
à débat à ce niveau et les passera
au vote lors d’une session ordinaire
de son comité central.
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Source : Le Quotidien d'Oran