Les médecins résidents, en
grève depuis plus de deux mois,
ont organisé, hier au CHU
Mustapha, un sit-in pour
protester contre le maintien du
service civil, en dépit des
nombreuses actions menées
par ces derniers pour son
abrogation.
Les protestataires qui se sont regroupés à
l’intérieur de l’enceinte de l’hôpital ont
décidé de faire le tour du CHU. Mécontents de la sortie médiatique du Premier ministre, Ahmed Ouyehia, qui a qualifié leur
revendication de rédhibitoire, la procession
des médecins a décidé de sortir dans la rue.
Immédiatement, les éléments du dispositif
sécuritaire dépêché pour la circonstance ont
dressé un cordon épais et ceinturé l’entrée du
CHU.
Malgré cela, les résidents ont pu ouvrir une
brèche et sortir. Une panique indescriptible
s’en est suivie. Les affrontements entre les
deux parties ont fait plusieurs blessés parmi
les médecins.
« On ira au Sud volontiers, mais l’opinion
publique doit savoir que, là-bas, le désert se
conjugue deux fois, celui du climat qui
caractérise la région et celui des structures
hospitalières qui sont désespérément vides »,
lâche Sara, une résidente. Ceux qui sont sortis
ont occupé la voie publique. Certains, environ
une cinquantaine, ont pu discrètement marcher vers l’Assemblée populaire nationale où
quatre délégués ont été reçus.
« La majorité des médecins résidents est à
l’intérieur de l’hôpital. Il y a un groupe à la
place du 1er-Mai devant le CHU et un autre a
pu marcher sur le boulevard Hassiba-BenBouali. Certains sont parvenus jusqu’au palais
du Gouvernement et à l’APN ensuite », a indiqué le Dr Sid Ali Merouane. « Ils nous ont
tabassés. Ils ont même marché sur les médecins qui étaient assis par terre », poursuitil.
Vers 13h30, un renfort de police s’est posté
aux environs de la place du 1er-Mai. « Nous
sommes tous des délégués. Le discours du
Premier ministre est le summum du comble.
Qu’ils sachent qu’on sera du côté des populations du Sud », empeste une résidente de Birtraria. « La blancheur de nos blouses, qui
investissent la voie publique et la place du
1er-Mai, est un message pour la tutelle,
d’abord, et, ensuite aux associations de
malades à qui on demande des excuses. Et on
sait qu’ils nous soutiennent dans la douleur »,
ajoute un de ses collègues. Les protestataires
ont fini par regagner l’hôpital pour faire le
point avec les délégués qui ont été reçus à
l’APN. Cette nouvelle action intervient après
l’échec des négociations avec le ministère de
la Santé et la réaction du Premier ministre.
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Source : Le Jeune Independant