Le commandant du commandement de l’AFRICOM, le général
de corps d’armée Carter F. Ham,
a démenti hier à Alger les accusations
portées contre l’Algérie au sujet de l’envoi de mercenaires en Libye.
« Je vais
être aussi clair que possible : je n’ai rien
vu d’officiel sur un éventuel envoi de
mercenaires algériens en Libye. C’est
même tout à fait le contraire, dès lors que
l’Algérie a toujours appuyé la lutte antiterroriste pour prévenir et empêcher qu’il
y ait des mercenaires et des armements
au niveau des frontières », a-t-il déclaré.
« C’est pour cette raison que j’ai parlé
d’une approche régionale pour combattre
ce genre de mouvement », a relevé le
général américain. Ce dernier a souligné
l’importance d’une approche régionale
entre les pays concernés qui viserait, a-til dit, à renforcer le « contrôle aux frontières et à lutter plus efficacement contre
les menaces ». Le général de corps
d’armée Carter F. Ham s’est dit en outre
très satisfait à l’issue des contacts qu’ils a
eus avec les hauts responsables algériens
civils et militaires. Il l’a laissé entendre
hier lors d’une conférence de presse
organisée à l’ambassade américaine.
« Nous sommes très contents du niveau
des discussions avec les Algériens. Ce
n’est pas souvent le cas dans d’autres
pays où les discussions sont, dans la plupart des cas, superficielles. Avec les
Algériens, nous avons apprécié les discussions, car elles étaient franches et
directes », a-t-il répondu à une question
du Jeune Indépendant.
Le commandant de l’Africom a ajouté
que « les entretiens avec les officiels algériens
ont porté sur une gamme de questions, dont
celle ayant trait au renseignement. « L’un des
moyens pour renforcer la coopération entre
les deux pays et de partager les informations
afin de mieux cerner la lutte antiterroriste,
disait-il à ce sujet. Nous avons décidé à l’avenir d’axer nos efforts sur l’amélioration de la
communication, aussi bien dans le domaine
technique que tactique, et participer aux exercices militaires conjoints, même si aujourd’hui le niveau est très, très haut. »
Pour sa première visite en Algérie, le général
de corps d’armée Carter F. Ham a affirmé
qu’il « est très comblé » de la relation bilatérale qui existe entre les armées algérienne et
américaine. Il a indiqué que l’Algérie a
« combattu le terrorisme depuis longtemps et
de manière très efficace ». Il s’est déclaré
ensuite résolu à travailler « étroitement avec
l’Algérie dans plusieurs secteurs » relatifs aux
intérêts des deux pays, car, selon lui, « l’Algé-
rie demeure engagée pour rester un partenaire privilégié de l’AFRICOM ». En outre, les
Etats-Unis ont débloqué un programme de
formation et d’enseignements militaires
(IMET) de 870 000 dollars pour l’exercice
2009 et 950 000 dollars pour l’année 2010
destiné à la formation d’officiers algériens
aux Etats-Unis. « Il est clair qu’il appartient à
l’Algérie de décider de l’usage de cet argent.
L’Algérie a toujours fait le bon choix », a indiqué le général Ham.
Ce dernier a encore une fois démenti les
informations relatives au transfert du quartier
général de l’AFRICOM en Afrique : « Permettez-moi d’affirmer qu’il n’y a pas de plans
pour transférer le QG en Afrique. Le QG
demeurera en Allemagne dans le futur prévisible. Les employés gérant nos programmes
et manœuvres continueront à effectuer des
voyages en Afrique avec l’accord des pays
hôtes et retourneront chez eux à la fin de nos
activités avec nos partenaires. »
La région du Sahel et le problème de la circulation d’armes au niveau des frontières sahé-
lo-sahariennes ont été également au centre
des discussions entre le général et les officiels
algériens. « J’ai abordé avec les officiels civils
et militaires algériens les possibilités d’assistance pour le Commandement dans les secteurs d’intérêt mutuel, y compris la lutte
contre les activités terroristes et criminelles
dans le Maghreb et la région du Sahel (qui)
continuent d’être une menace pour toute la
région et au-delà de celle-ci. Nous soutenons
le rôle de l’Algérie et nous apprécions son
leadership dans le traitement des questions
régionales relatives à la sécurité et à la lutte
antiterroriste. Les Etats-Unis ont toujours été
et demeurent déterminés à travailler avec ces
gouvernements et à les assister dans la lutte
contre le terrorisme, pour assurer la stabilité
en Algérie et dans la région. » Au sujet de l’armement, le commandant de l’AFRICOM a
noté que la préoccupation des partenaires
dans la région concernant la « prolifération
des armes en provenance de Libye et qui peuvent aller à d’autres pays ou tomber entre les
mains d’El-Qaïda était également celle des
Etats-Unis ». « Pour faire face à cette prolifé-
ration, il faut, dit-il, conjuguer les efforts et la
coopération de tous les pays », soulignant
avoir pris note des rencontres ayant eu lieu
entre l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le
Niger, pour discuter de cette question. Il a
déclaré que son pays travaille actuellement
avec ces pays pour trouver les aides qui leur
seraient utiles. « Il peut s’agir des échanges de
renseignements et d’assistance technique,
pour notamment renforcer la sécurité au
niveau des frontières », a-t-il souligné. « Nous
recherchons également les moyens pour aider
ou appuyer les efforts des pays concernés à
résoudre de manière régionale concertée
toutes les préoccupations sécuritaires qui se
posent dans la région », a encore indiqué ce
responsable.
Concernant la situation en Libye, le général
de corps d’armée a indiqué que les deux pays
« ont plus d’accords que de désaccords »,
même si son pays souhaite le « départ de Kadhafi ». Enfin, le général américain a exclu
toute « intervention terrestre en Libye ». Le
général Carter Ham a été reçu hier après-midi
par le président Bouteflika en présence du
ministre délégué auprès du ministre de la
Défense nationale, Abdelmalek Guenaïzia, et
du ministre délégué chargé des Affaires
maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.
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Source : Le Jeune Independant