Tout faire pour empêcher l’extradition
du fournisseur canadien de la pomme
de terre de cochon qui a défrayé
la chronique en 2007.
C’est la promesse
d’un député canadien conservateur qui va
rencontrer le nouveau ministre des Affaires
étrangères d’Ottawa pour évoquer le
sujet. Le député conservateur canadien de
Tobique Mactaquac, dans le Nouveau
Brunswick, Mike Allen, veut mettre la pression
sur la diplomatie de son pays afin de
« tout faire » pour éviter l’extradition vers
l’Algérie de Hank Tepper, l’agriculteur canadien
accusé d’avoir falsifié des documents
pour faire rentrer en 2007 dans le
territoire national des quantités de pommes
de terre avariées. Elles étaient affectées
par la « pourriture bactérienne circulaire
» (« bacterial ring rot). Hank Tepper est
le fournisseur d’un importateur algérien
non spécialisé mais qui avait saisi l’opportunité
d’une décision du gouvernement
d’exonérer les importations de pommes de
terre des taxes douanières et de la TVA du
1er juillet au 31 octobre 2007 afin de faire
face à la pénurie. L’importateur algérien
et le fournisseur canadien Hank Tepper faisaient
l’objet d’une plainte du ministère
de l’Agriculture pour présentation de certificats
phytosanitaires non conformes.
L’importateur algérien a été jugé et condamné,
même s’il avait fait valoir qu’il
n’était pas « responsable de la fraude commise
par le fournisseur canadien ». Hank
Tepper semblait à l’abri de la justice algérienne
dans son lointain Canada, cela n’a
pas empêché la justice algérienne de lancer,
via Interpol, un mandat international
contre lui. C’est en vertu de ce mandat
international qu’il a été arrêté au Liban le
23 mars dernier par les services douaniers
de ce pays. La presse canadienne a publié
plusieurs articles de « soutien » à celui qui, selon les récits de la presse algérienne,
a envoyé de la « pomme de terre pour
cochons » aux Algériens. Désormais, son
« cas » est pris en charge par le député de
sa région Mike Allen qui promet de remuer
ciel et terre pour éviter qu’il soit extradé
vers l’Algérie. Il a indiqué qu’il allait rencontrer,
au cours de cette semaine, le nouveau
ministre canadien des Affaires étrangères,
John Baird, pour discuter du sort
du fermier canadien. Il a déjà demandé à
M. John Baird de « se familiariser » avec le
dossier de Hank Tepper tout en assurant
qu’il ferait tout pour éviter qu’il se retrouve
en Algérie, devant la justice algérienne.
« NOUS NE VOULONS
PAS QU’IL AILLE EN ALGÉRIE ! »
« La dernière chose que nous voulons voir
arriver est une extradition. Nous ne voulons
pas qu’il aille en Algérie sous n’importe
quelle forme que ce soit », a déclaré
le député conservateur. Il a indiqué qu’il
allait mettre l’accent sur toutes les options
diplomatiques possibles et de faire en sorte
que les actions judiciaires et diplomatiques
soient en « liaison ». Mike Allen
a promis qu’il allait remuer « ciel et
terre » pour que toutes les initiatives
diplomatiques possibles soient mises
en oeuvre. Du point de vue purement juridique,
le gouvernement canadien n’a
pas, hormis un droit de suivi consulaire, la
capacité de s’immiscer dans une procédure
judiciaire d’un autre pays.
Le Liban, qui doit être embarrassé par
l’affaire, ne peut passer outre au mandat
international lancé par l’Algérie
via Interpol. Le nouveau ministre canadien
des Affaires étrangères ne dispose
pas de marge d’action pour empêcher
l’extradition du fournisseur canadien.
La seule possibilité serait que l’Algérie
annule son mandat international.
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Source : Le Quotidien d'Oran