Le wali de Béjaïa a signé, le 8 mai dernier,
un arrêté de fermeture des lieux de culte
chrétien implantés dans cette wilaya.
« Nous ne sommes pas contre
l’exercice des cultes autres
que musulmans. Nous
avons voulu inviter ces communautés
religieuses à se conformer à la loi », a
précisé, hier, le wali de Béjaïa. L’arrêté
du wali s’est basé sur la loi sur les
associations et sur l’ordonnance 06-
03 du 28 février 2006 relative aux pratiques
du culte non musulman en Algérie.
« Certains exercent leurs cultes
dans des lieux non conformes à la réglementation
», a souligné le wali.
Pour sa part, Krim Moustaphan, président
de l’église protestante d’Algérie
(EPA) s’est défendu en estimant que
la communauté religieuse qu’il dirige
« a, de tout temps, respecté la loi ». La
wilaya de Béjaïa compte sept lieux de
cultes chrétiens protestants. « Tous ces
locaux sont conformes à la loi », assure
M. Moustaphan qui assure avoir
« entrepris toutes les procédures prévues
par la loi auprès de la Commission
nationale des cultes et le ministère
de l’Intérieur, depuis la promulgation
de cette loi 06/03, pour la régularisation
de la situation de l’EPA ».
« Nous attendons que le ministère de
l’Intérieur régularise notre situation », a
déclaré M. Moustaphan. « Nous avons
tenu notre assemblée générale pour
nous conformer à la loi. Et depuis, nous
attendons d’être régularisés par le ministère
de l’Intérieur », affirme le président
de l’EPA. « La commission des cultes
autres que musulmans du ministère
des Affaires religieuses nous a affiché toute sa disponibilité à nous faciliter
les choses », a encore témoigné M.
Moustaphan. « Nous avons déposé nos
dossiers tant au niveau de cette commission
qu’auprès des services de la
DRAG, de la wilaya de Béjaïa, mais
nous attendons toujours ».
M. Moustaphan relate que « si l’administration
ne régularise par l’EPA,
cette dernière saisira la justice ». Le
wali avait ordonné, le 8 mai dernier,
la fermeture de toute construction attribuée
ou en cours d’attribution pour
l’exercice du culte autre que musulman,
n’ayant pas eu décision de conformité
à la loi. L’ordonnance n° 06-
03 du 28 février 2006 fixant les conditions
et règles d’exercice des cultes
autres que musulman énonce que l’affectation
d’un lieu à l’exercice du culte
est soumise à l’avis préalable de la
commission nationale de l’exercice
des cultes.
Ce texte précise également
que « la personne morale qui commet
des infractions prévues par la présente
ordonnance est punie l’interdiction
d’exercer, dans le local concerné, un
culte ou toute activité religieuse. Cette
ordonnance souligne que les collectifs
de personnes exerçant un culte
autre que musulman doivent se conformer
à ce texte dans un délai de 6
mois, à compter de sa publication au
Journal officiel. Cette loi énonce que
l’Etat algérien garantit le libre exercice
du culte, dans le cadre du respect
des dispositions des lois et que les
associations religieuses des cultes
autres que musulman bénéficient de
la protection de l’Etat.
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Religion
Arabie Saoudite
Source : Le Quotidien d'Oran