Les résidents et les étudiants
en médecine, chirurgie-dentaire
et pharmacie ont observé, hier,
un sit-in de protestation à l’intérieur
du Centre hospitalo-universitaire
(CHU) Mustapha Pacha à Alger
pour exiger « la satisfaction effective
de toutes leurs revendications ».
La manifestation des
blouses blanches a été
émaillée de quelques
blessés légers parmi les étudiants
dans des escarmouches
avec la police près du CHU
Mustapha Bacha à Alger.
« Nous étions près de 3.000
manifestants et il y a eu des
blessés légers parmi les étudiants
», nous a affirmé le Dr
Amine Benhabib, porte-parole
du Collectif autonome des
médecins résidents algériens
(Camra). Dès les premières
heures de la matinée, la police
antiémeute s’est positionnée
aux alentours du CHU,
mais aussi à proximité de la
Présidence de la République.
Les étudiants ainsi que les résidents
se sont massés devant
le CHU. La manifestation
s’est déroulée sous tension.
Pour tenter d’apaiser la situation,
le ministère de la Santé
a rendu public un communiqué
s’engageant cette fois-ci
par écrit à satisfaire les doléances
des protestataires.
« Nous prenons acte de ce
communiqué. Nous allons
prendre le temps qu’il faut
pour consulter la base qui
décidera des suites à donner
à la protestation », nous explique
le Dr Benhabib.
Pour sa part, le ministre de
la Santé a affirmé, hier, en
marge de l’installation officielle
de la commission mixte des
ministères de la Santé et de
l’Enseignement supérieur
scientifique et des représentants
de « l’instance autonome
des médecins résidents algériens
», chargée d’ »enrichir et
d’actualiser » le statut des médecins
résidents, que « les
médecins résidents ont décidé
de reprendre le travail la
semaine prochaine », soulignant
leur « satisfaction » à
l’égard du contenu du communiqué
officiel du secteur
concernant leurs revendications.
Il a indiqué que la plupart
des hôpitaux avaient
confirmé la reprise des médecins
résidents à partir de
dimanche prochain.
En grève illimitée depuis
le 7 mars dernier, les résidents
avaient déjà observé, il y a
deux jours, un sit-in à l’hôpital
Maillot, à Bab El-Oued, à
Alger, après une rencontre la
veille de leur collectif avec le
ministre de la Santé. A l’issue
de cette réunion, les résidents
avaient notamment reproché
au ministre de la Santé de se de formuler des
promesses verbales. « Nous
voulons du concret », avait
scandé la foule qui manifestait
à Bab El-Oued.
Au lendemain de cette réunion
avec le ministre, des assemblées
générales sont en
train de se tenir à travers les
wilayas pour décider des suites
à réserver à la contestation.
Une chose est sûre : les résidents
affichent un scepticisme
mesuré et attendent que le
ministre concrétise ses promesses
qu’il s’est engagé à tenir
« avant le 30 juin prochain ».
Après plus de deux mois de
grève, le ministre a promis de
répondre à quelque-unes des
revendications des résidents.
Ces promesses ont trait à la
signature d’un nouveau statut
du résident. Le ministre
avait également appelé les
résidents à siéger dans une
commission qui sera mise en
place et qui sera composée
des représentants des ministères
de la Santé, de l’Enseignement
supérieur, des Finances
et de la direction de
la Fonction publique. Ould
Abbès a promis une augmentation
du présalaire de 70 %
à 110% et s’est aussi engagé
à indexer le régime indemnitaire
des résidents sur celui
des spécialistes. Plusieurs primes
ont été promises par le
ministère. C’est le cas notamment
de la prime de contagion,
majorée à 3.000 DA, et
de l’indemnité de garde qui
progresse pour s’établir à
2.000 DA. Le ministre a suggéré
de mettre en place une
commission qui se chargera,
notamment, de proposer une
solution idoine au problème
crucial du service civil. Les résidents
avaient menacé de
« démissionner collectivement
» si leurs revendications
« ne sont pas toutes satisfaites
». La suppression du service
civil, qui les contraint à
exercer dans des zones reculées
du pays durant deux ou
quatre ans au terme de leur
spécialisation à l’hôpital, est
une revendication frappée du
seau de « scellée et non négociable
» par les résidents. Le
ministre avait avoué que
l’abrogation du caractère obligatoire
du service civil ne relevait
pas de ses prérogatives.
Sur le plan pédagogique, les
examens qui étaient programmés
en juin ont été ajournés
au mois de septembre prochain,
vu que la grève a fortement
perturbé le programme.
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Source : Le Quotidien d'Oran