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Ressources en eau : La plaine de la Mitidja menacée

26 avril 2011

La plaine de la Mitidja risque de se dégrader, en raison des infiltrations des eaux de mer dans sa nappe et des fortes pressions de pompage sur ses eaux souterraines

Le ministre des Ressources en eau a en effet attiré l’attention de ses responsables sur le risque de dégradation et aussi d’assèchement de la nappe souterraine de la plaine de la Mitidja. Il l’a fait lors de la réunion d’évaluation du secteur qui l’a regroupé dimanche dernier avec l’ensemble de ses cadres centraux et régionaux.

Pompée en même temps pour les besoins de l’AEP, de l’agriculture et de l’industrie, la nappe a des difficultés à se recharger, selon lui. Pire encore, Sellal fait savoir qu’« il y a de l’eau salée qui est en train de pénétrer dans les sols et de se mélanger aux eaux souterraines ». Pour minimiser les dégâts de ces infiltrations, des équipes de l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH) ont, dit-il, « commencé à s’occuper du problème ». Abdelmalek Sellal a aussi ordonné à ses cadres de dépolluer les plages de l’ensemble du territoire national et ce en prévision de la saison estivale. C’est le délégué du groupement régional algérois du secteur qui a poussé le ministre des Ressources en eau à réagir énergiquement contre ce qu’il qualifie de situation d’attentisme et d’absence de rigueur.

Chargé de faire une présentation des « acquis » en eau dans cette région qui regroupe 14 wilayas et 448 communes, « le tiers du nombre global des communes du pays », le responsable en question a précisé qu’Alger a elle seule possède 63 plages autorisées à la baignade mais 8 sont fermées pour cause de pollution. Et sur les 53 plages situées dans la wilaya de Tipaza, seules 43 sont autorisées à la baignade. Il fera le tour de la région pour noter l’existence d’un nombre important de plages interdites à la baignade pour cause de pollution. « Il faut être un peu plus rigoureux dans cette affaire, on ne peut plus se permettre de les fermer pour cause de pollution ! », s’est exclamé le ministre quelque peu énervé. « Si on ferme, cela veut dire qu’on a échoué ! », ditil. Il ordonne aux responsables de « ne pas interdire la baignade et de régler le problème en amont ». Ce que le ministère de l’Environnement n’a pas fait, celui des Ressources en eau tente de résoudre. Il faut reconnaître cependant que si Sellal s’est permis cette « digression », c’est parce qu’il conçoit en premier que si les plages sont polluées, c’est parce qu’elles l’ont été par le déversement d’eaux usées. Et dans ce cas, c’est à son ministère de « nettoyer » ou d’apurer les espaces. Il recommande alors à ses cadres de se « doter impérativement d’un programme rigoureux, fixe et précis pour y procéder  ». D’ailleurs, il rappelle à l’esprit que « fermée ou pas, polluée ou pas, les gens nagent quand même dans ces plages ».

Sellal a des exemples tout prêts, la plage Kaâ Essour à Bab El-Oued « qui est en principe fermée mais dans laquelle tout le monde plonge ». Il cite aussi le Club des Pins, la résidence d’Etat où habitent tous les membres de la « nomenklatura  » ou presque.

UN NOUVEAU DÉCRET POUR DES ESPACES TOURISTIQUES ET SPORTIFS

« Au Club des Pins, habite zaâma la high (ndlr soi-disant la haute société), alors que c’est un égout à ciel ouvert », fait-il remarquer. « Moralement, c’est inacceptable  ! », dit-il. Il demande à ce qu’un effort « particulièrement particulier » soit déployé pour « régler le problème par un travail collectif dans le cadre des groupements régionaux ».

En prévision du lancement de nouveaux projets par le secteur, le ministre a exhorté par ailleurs, ses cadres à « régler d’abord les problèmes d’expropriation de terrains d’assiette pour utilité publique ». La construction du barrage Souk Ethlatha dans la wilaya de Tizi Ouzou est bloquée à ce jour, en raison du refus des familles de quitter les lieux concernés. Il faut à ses yeux, privilégier en premier « des solutions à l’amiable, conformément à la réglementation en vigueur et éviter les contentieux qui gaspillent le temps et l’argent ». En cas d’urgence, Sellal rappelle que « c’est le gouvernement qui règle par décret exécutif ». Il rappelle que « tous les textes d’application de la loi sur l’eau ont été finalisés. Tout le dispositif législatif a été ainsi mis en place ». Le dernier texte à avoir été adopté la semaine dernière et que le ministre estime « l’un des meilleurs » est un décret exécutif signé par le Premier ministre qui permet l’utilisation de l’ensemble des barrages et des points d’eau du territoire national à des fins sportives et touristiques. Un cahier des charges va être soumis aux promoteurs publics et privés pour créer à ces niveaux des lieux de détente « avec un maximum de précautions pour préserver la nature et l’eau », explique-t-il. Les barrages de Béni Haroun, Taksebt et Djorf Ettorba sont les premiers à être retenus à cet effet.

« RECRUTEZ LES EMPLOIS ASSISTÉS »

Le délégué du groupement régional algérois s’est plaint en outre, « du verrouillage de la loi de finances 2010 pour inscrire des projets alors que les choses vont très vite ». Le ministre lui rétorque « On n’est pas au Souk El-Fellah, les projets sont inscrits sur la base des grands équilibres du pays. Le secteur a eu 870 milliards DA de projets nouveaux, il reste un milliard à réaliser, c’est important ». Il précisera qu’« il n’y a pas de verrouillage, s’il y a des urgences, on peut annuler ou retarder certains projets et en inscrire d’autres. Ce que vous appelez verrouillage est un simple contrôle de la dépense publique ». Le responsable du groupement régional d’Oran posera pour sa part, le problème de la qualité de l’eau desservie par le MAO. « Nous demandons la mise en oeuvre de moyens de traitement », dit-il.

Il note aussi que des problèmes de gestion ont surgi en raison de la difficulté à contracter des marchés. « Le transfert de chapitre à chapitre n’est pas permis et ça crée des problèmes », a-t-il indiqué. Le ministre lui rappelle que l’eau d’Oran n’est plus aussi salée qu’avant. « La qualité s’est nettement améliorée, l’essentiel est qu’elle est potable. Il faut aller surtout dans le détail pour assurer sa distribution même au niveau des constructions illicites. J’ai appris qu’à Mers El-Kébir, il y a des habitations isolées qui ne sont pas reliées au réseau d’APE, et parfois, ce sont des fosses sceptiques, c’est inadmissible ! », reproche- t-il. Il insistera sur une gestion collective et décentralisée des problèmes de l’eau en tant que service public. « C’est la bataille de la qualité du service public global qu’il faut gagner à travers le pays, il faut vaincre la petite médiocrité ambiante  », demande-t-il. A la question récurrente relative au manque d’inadéquation entre les moyens humains et ceux matériels, le ministre fera savoir que le recrutement d’ingénieurs se fait localement au niveau de chaque wilaya « notamment ceux qui constituent la police des eaux ». Il faut, dit-il, « encourager les cadres locaux, produit de la formation universitaire, le gap est important, il faut le rattraper ». Dernières consignes de Sellal « faites un effort pour doper vos services par des emplois assistés, recrutez-en une centaine dans chaque wilaya si vous voulez. J’insiste sur le travail au sein des groupements régionaux. Lisez aussi le Journal officiel pour vous imprégner des textes législatifs et réglementaires ».

Tags: Algérie Eau

Source : Le Quotidien d'Oran

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