Le ministre a lancé hier un appel pressant à
l’ensemble de ses services pour la préservation
des ressources souterraines en vue d’assurer
la sécurité du pays.
Abdelmalek Sellal a réuni hier au
siège de son ministère l’ensemble
de ses subalternes régionaux pour
procéder à l’évaluation des réalisations du
secteur et identifier ce qu’il reste à
faire. « Nous avons réalisé la phase de la
mobilisation de l’eau, nous passons
aujourd’hui à celle lui assurant la qualité
et la sécurisation pour le pays », n’a-t-il eu
de cesse de répéter hier au cours de la
réunion qu’il a animée. Il instruira tous
ses personnels pour « réaliser les projets
d’alimentation en eau potable à partir des
transferts des barrages, des retenues collinaires,
des eaux usées épurées et celles
des mers dessalées ». Le pompage des
eaux souterraines ne doit se faire, a-t-il
dit, que « lorsqu’il n’y a pas d’autres possibilités
». Il leur demande aussi de faire
de « l’économie de l’eau un slogan citoyen
», ceci, précisera-t-il, « en gérant correctement
la ressource ». Sellal a rappelé
aux esprits de ses équipes de travail que
« nous sommes, nous restons et resterons
certainement un pays soumis au stress hydrique
». Ses arguments : « Nous n’avons
jamais dépassé 500 m3 par an de pluviométrie
». En plus, ajoute-t-il, « la nature est
ce qu’elle est, on n’a plus de capacités
hydro morphologiques pour construire
plus de barrages ». Son appel à l’économie
de l’eau, il le sous-tendra par un autre,
celui « d’un travail collectif sur la base de
réunions – chaque mois s’il le faut – des
groupements régionaux pour détecter les
insuffisances, les lacunes et les problèmes
qui bloquent les projets ». Il leur demande
« d’accorder la première priorité et une importance
particulière aux petits projets de
proximité ». L’objectif étant, dit-il, « d’atteindre
le citoyen dans les coins les plus reculés
pour procéder à une gestion juste et
équitable de la ressource ». Il recommande
même pour cela « s’il faut annuler ou
retarder de grands projets et les remplacer
par ces petits projets de proximité, il
faut le faire. C’est un impératif ! » Il confie :
« Il n’y a pas un jour où je n’appelle
pas pour savoir si tous les citoyens de Tamanrasset,
par exemple, ont de l’eau ou
pas. Il faut vaincre la désespérance qui
sévit dans le pays ». Il rappelle qu’il a signé
une circulaire pour obliger les entreprises
à utiliser les matériaux construits en
Algérie (canalisations…) sauf bien sûr si
le terrain exige ceux de l’importation ». Les
amendements apportés l’année dernière
au code des marchés publics aident, selon
lui, à plus de transparence et à faire
passer des projets « plus vite ». Il souligne
que « ce sont des amendements qui permettent
de mieux encadrer l’acte de passation
des marchés et obligent à un
meilleur contrôle avec une plus grande
sécurité sur la base des principes fondamentaux
du code même qui consacre
l’appel à la concurrence et l’étend, entre
autres, aux entreprises commerciales ».
« ON DOIT DONNER DE L’EAU
AUX CITOYENS H24 ! »
Sellal reconnaît que le code a beaucoup
de contraintes, « c’est devenu plus lourd
mais il apporte des améliorations pour ce
qui est de la condition nationale et du
fonctionnement de la commission des
marchés dont les membres sont devenus
permanents. Les décisions d’inscription
des projets sont ainsi prises à la majorité
simple et non à celle absolue comme
avant. « Donc, on a moins de blocage et
on gagne, en principe, du temps », dit-il.
Obligation est faite aussi aux sociétés
étrangères d’investir localement au cas où
elles bénéficient de gros marchés. Les entreprises
nationales, pour leur part, doivent
prouver leur probité « pour éviter la
conclusion de marchés illégaux ».
Le tout étant réuni en plus de la dépénalisation
de l’acte de gestion, Sellal pense
que « 2011, c’est l’année où il faut mettre
absolument à compétition les compétences
nationales et diminuer le plus possible le contrôle de nos projets par les bureaux d’études étrangers (sauf nécessité
impérieuse) ». Pour lui, « il faut assurer
aujourd’hui la maintenance et améliorer
la qualité du service public. Ce n’est pas
parce qu’on a ramené l’eau que le travail
est terminé ». Il promet de passer de 160
litres par jour et par habitant actuellement,
à 185 litres dans quelques années. Ceci,
« en essayant de coller un peu plus aux
capacités du pays ». Il se dit satisfait de
l’état de ces capacités « puisqu’on a mobilisé
le maximum d’eau ». Le barrage de
Beni Haroun, par exemple est, fait-il savoir,
« surchargé avec 800 millions de m3
mais certains quartiers de Constantine
n’ont pas d’eau tous les jours, c’est inadmissible
! » Il note que « nous avons l’eau,
l’argent et la volonté politique, on doit donner
l’eau aux citoyens en H24 tout en les
obligeant à être économes ! S’il faut réviser
les projets, je suis prêt à y aller ». Il cite
le nouveau code communal qui, selon lui,
« donne de nouvelles prérogatives aux élus.
« Je vous demande de préparer vos capacités
d’intervention et d’agir en conséquence
», dit-il à ses subalternes.
« NOUS EXIGEONS
DES RÉSULTATS ! »
Le ministre souligne à leur intention, « ce
n’est pas parce qu’on lutte contre la corruption
qu’il ne faut pas prendre d’initiatives.
Oui à la transparence mais non à
l’immobilisme ! » Il annonce la mise en
place « incessamment » de « textes donnant
la priorité au recyclage de nos cadres et à
la remise en ordre de leur apport technique
et technologique ». Sellal fait savoir
que le statut consacrant les régimes indemnitaires
des agents techniques du secteur
a été adopté la semaine dernière et
sera mis en oeuvre prochainement « avec
effet rétroactif à partir de janvier 2008 ». Il
signalera, au passage, la grève des gardiens
des barrages « mais on leur a dit que
leur problème est pris en charge et qu’il y
a des solutions ». Une fois qu’il a rassuré
ses personnels, le ministre leur demande
« d’être toujours sur le terrain, il faut dialoguer
avec les citoyens et leur expliquer,
les Algériens ne sont pas des diables, ils
comprennent… ». Il saura par son directeur
à la planification et aux affaires économique
qu’il y a des programmes qui
connaissent des retards dans certaines
wilayas et que les pertes d’eau sont importantes
dans les réseaux de distribution,
à cause de leur vétusté pour certains et
pour cause de négligence pour d’autres.
Le ministre prendra l’exemple du réseau
de Tamanrasset où de grandes fuites sont
signalées. « Le réseau n’a pas fonctionné
depuis très longtemps mais, selon les spécialistes,
il fallait l’essayer avec l’arrivée
d’une pression importante d’eau. Nous
avons donc lancé une opération de sa modernisation
». Il tiendra, à cet effet, à clarifier
les missions des sociétés de gestion
de l’eau. « Pour Alger, les résultats sont
corrects, on veut consolider pour ne pas
tomber dans les travers. L’ADE et l’ONA
ont établi conjointement un cahier des
charges à Suez dont le contrat arrive à
terme en septembre prochain, on attend
son offre et déciderons si ce sera un contrat
de 3 ou de 5 ans », dit-il. Oran n’a,
selon lui, pas eu non plus de problème
avec la société espagnole. Pour Annaba
par contre, il rappelle qu’« on a résilié le
contrat avec la Marseillaise des eaux parce
qu’il n’y a pas eu de répondant aux
trois mises en demeure que nous lui avons
adressées conformément à la réglementation.
Le patron de la société a reconnu
lui-même les insuffisances mais il a prétexté
que les textes réglementaires sont rigides,
ses arguments ne tenaient pas la
route. La gestion a été confiée à un intermédiaire
national ». A Constantine, continue-
t-il, « c’est difficile, il faut être derrière
eux, on a envoyé des mises en demeure,
des améliorations ont été constatées, on
reconnaît que le réseau est très difficile
mais nous exigeons des résultats ».
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Algérie
Eau
Source : Le Quotidien d'Oran