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Eau potable en Algérie : Les promesses du ministre

25 avril 2011
Eau potable en Algérie : Les promesses du ministre

Le ministre a lancé hier un appel pressant à l’ensemble de ses services pour la préservation des ressources souterraines en vue d’assurer la sécurité du pays.

Abdelmalek Sellal a réuni hier au siège de son ministère l’ensemble de ses subalternes régionaux pour procéder à l’évaluation des réalisations du secteur et identifier ce qu’il reste à faire. « Nous avons réalisé la phase de la mobilisation de l’eau, nous passons aujourd’hui à celle lui assurant la qualité et la sécurisation pour le pays », n’a-t-il eu de cesse de répéter hier au cours de la réunion qu’il a animée. Il instruira tous ses personnels pour « réaliser les projets d’alimentation en eau potable à partir des transferts des barrages, des retenues collinaires, des eaux usées épurées et celles des mers dessalées ». Le pompage des eaux souterraines ne doit se faire, a-t-il dit, que « lorsqu’il n’y a pas d’autres possibilités  ». Il leur demande aussi de faire de « l’économie de l’eau un slogan citoyen  », ceci, précisera-t-il, « en gérant correctement la ressource ». Sellal a rappelé aux esprits de ses équipes de travail que « nous sommes, nous restons et resterons certainement un pays soumis au stress hydrique  ». Ses arguments : « Nous n’avons jamais dépassé 500 m3 par an de pluviométrie  ». En plus, ajoute-t-il, « la nature est ce qu’elle est, on n’a plus de capacités hydro morphologiques pour construire plus de barrages ». Son appel à l’économie de l’eau, il le sous-tendra par un autre, celui « d’un travail collectif sur la base de réunions – chaque mois s’il le faut – des groupements régionaux pour détecter les insuffisances, les lacunes et les problèmes qui bloquent les projets ». Il leur demande « d’accorder la première priorité et une importance particulière aux petits projets de proximité ». L’objectif étant, dit-il, « d’atteindre le citoyen dans les coins les plus reculés pour procéder à une gestion juste et équitable de la ressource ». Il recommande même pour cela « s’il faut annuler ou retarder de grands projets et les remplacer par ces petits projets de proximité, il faut le faire. C’est un impératif ! » Il confie : « Il n’y a pas un jour où je n’appelle pas pour savoir si tous les citoyens de Tamanrasset, par exemple, ont de l’eau ou pas. Il faut vaincre la désespérance qui sévit dans le pays ». Il rappelle qu’il a signé une circulaire pour obliger les entreprises à utiliser les matériaux construits en Algérie (canalisations…) sauf bien sûr si le terrain exige ceux de l’importation ». Les amendements apportés l’année dernière au code des marchés publics aident, selon lui, à plus de transparence et à faire passer des projets « plus vite ». Il souligne que « ce sont des amendements qui permettent de mieux encadrer l’acte de passation des marchés et obligent à un meilleur contrôle avec une plus grande sécurité sur la base des principes fondamentaux du code même qui consacre l’appel à la concurrence et l’étend, entre autres, aux entreprises commerciales ».

« ON DOIT DONNER DE L’EAU AUX CITOYENS H24 ! »

Sellal reconnaît que le code a beaucoup de contraintes, « c’est devenu plus lourd mais il apporte des améliorations pour ce qui est de la condition nationale et du fonctionnement de la commission des marchés dont les membres sont devenus permanents. Les décisions d’inscription des projets sont ainsi prises à la majorité simple et non à celle absolue comme avant. « Donc, on a moins de blocage et on gagne, en principe, du temps », dit-il. Obligation est faite aussi aux sociétés étrangères d’investir localement au cas où elles bénéficient de gros marchés. Les entreprises nationales, pour leur part, doivent prouver leur probité « pour éviter la conclusion de marchés illégaux ».

Le tout étant réuni en plus de la dépénalisation de l’acte de gestion, Sellal pense que « 2011, c’est l’année où il faut mettre absolument à compétition les compétences nationales et diminuer le plus possible le contrôle de nos projets par les bureaux d’études étrangers (sauf nécessité impérieuse) ». Pour lui, « il faut assurer aujourd’hui la maintenance et améliorer la qualité du service public. Ce n’est pas parce qu’on a ramené l’eau que le travail est terminé ». Il promet de passer de 160 litres par jour et par habitant actuellement, à 185 litres dans quelques années. Ceci, « en essayant de coller un peu plus aux capacités du pays ». Il se dit satisfait de l’état de ces capacités « puisqu’on a mobilisé le maximum d’eau ». Le barrage de Beni Haroun, par exemple est, fait-il savoir, « surchargé avec 800 millions de m3 mais certains quartiers de Constantine n’ont pas d’eau tous les jours, c’est inadmissible  ! » Il note que « nous avons l’eau, l’argent et la volonté politique, on doit donner l’eau aux citoyens en H24 tout en les obligeant à être économes ! S’il faut réviser les projets, je suis prêt à y aller ». Il cite le nouveau code communal qui, selon lui, « donne de nouvelles prérogatives aux élus. « Je vous demande de préparer vos capacités d’intervention et d’agir en conséquence  », dit-il à ses subalternes.

« NOUS EXIGEONS DES RÉSULTATS ! »

Le ministre souligne à leur intention, « ce n’est pas parce qu’on lutte contre la corruption qu’il ne faut pas prendre d’initiatives. Oui à la transparence mais non à l’immobilisme ! » Il annonce la mise en place « incessamment » de « textes donnant la priorité au recyclage de nos cadres et à la remise en ordre de leur apport technique et technologique ». Sellal fait savoir que le statut consacrant les régimes indemnitaires des agents techniques du secteur a été adopté la semaine dernière et sera mis en oeuvre prochainement « avec effet rétroactif à partir de janvier 2008 ». Il signalera, au passage, la grève des gardiens des barrages « mais on leur a dit que leur problème est pris en charge et qu’il y a des solutions ». Une fois qu’il a rassuré ses personnels, le ministre leur demande « d’être toujours sur le terrain, il faut dialoguer avec les citoyens et leur expliquer, les Algériens ne sont pas des diables, ils comprennent… ». Il saura par son directeur à la planification et aux affaires économique qu’il y a des programmes qui connaissent des retards dans certaines wilayas et que les pertes d’eau sont importantes dans les réseaux de distribution, à cause de leur vétusté pour certains et pour cause de négligence pour d’autres.

Le ministre prendra l’exemple du réseau de Tamanrasset où de grandes fuites sont signalées. « Le réseau n’a pas fonctionné depuis très longtemps mais, selon les spécialistes, il fallait l’essayer avec l’arrivée d’une pression importante d’eau. Nous avons donc lancé une opération de sa modernisation  ». Il tiendra, à cet effet, à clarifier les missions des sociétés de gestion de l’eau. « Pour Alger, les résultats sont corrects, on veut consolider pour ne pas tomber dans les travers. L’ADE et l’ONA ont établi conjointement un cahier des charges à Suez dont le contrat arrive à terme en septembre prochain, on attend son offre et déciderons si ce sera un contrat de 3 ou de 5 ans », dit-il. Oran n’a, selon lui, pas eu non plus de problème avec la société espagnole. Pour Annaba par contre, il rappelle qu’« on a résilié le contrat avec la Marseillaise des eaux parce qu’il n’y a pas eu de répondant aux trois mises en demeure que nous lui avons adressées conformément à la réglementation. Le patron de la société a reconnu lui-même les insuffisances mais il a prétexté que les textes réglementaires sont rigides, ses arguments ne tenaient pas la route. La gestion a été confiée à un intermédiaire national ». A Constantine, continue- t-il, « c’est difficile, il faut être derrière eux, on a envoyé des mises en demeure, des améliorations ont été constatées, on reconnaît que le réseau est très difficile mais nous exigeons des résultats ».

Tags: Algérie Eau

Source : Le Quotidien d'Oran

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