C’est avec une grande ferveur
que le président de la République
a été accueilli hier à Tlemcen
où une foule dense l’attendait
depuis les premières heures
du matin.
Beaucoup d’observateurs
pensaient que le
discours qu’il a prononcé
vendredi soir allait reléguer
au second plan ses
activités à Tlemcen. Il est vrai
que le discours en question
avait quelque peu perturbé le
déroulement de la parade
dont le coup d’envoi devait
se faire à 20h, c’est-à-dire à
la même heure que sa diffusion.
Beaucoup de Tlemceniens
étaient braqués devant
leur poste de télévision
pour le suivre. Les autorités
avaient compris. La parade
avait commencé à défiler
dans les rues de la ville à un
rythme tellement lent que
même ceux qui avaient pris
le temps de commenter le discours
après sa diffusion, pouvaient
rejoindre les fêtards à
n’importe quelle heure.
Bouteflika a eu un accueil
des plus chaleureux dans une
ville qu’il connaît bien mais
qui lui tenait un peu rancune
pour l’avoir, disent ses enfants,
oubliée. Le bain de foule
qu’il a eu au niveau de
l’avenue Colonel Lotfi était
véritablement remarquable.
De la Cheda (tenue traditionnelle
de la région) de la petite
fille qui lui a remis le bouquet
de fleurs, aux familles
entières qui s’étaient déplacées
pour lui faire des youyous
et l’acclamer avec des
« Bouteflika ! Allez, allez, allez
! », tout a été fait à la hauteur
d’un invité que les Tlemceniens
doivent dans leur fin
fond chérir et respecter. C’est
véritablement un des leurs, ils
ne peuvent pas l’oublier.
Après avoir parcouru pendant
exactement 9 minutes
(pour ceux qui cherchent la
précision), le Président est
remonté dans sa voiture pour
s’engouffrer dans une ruelle -rue de l’Indépendance- pas
loin du lycée de Slane où il a
fait ses études, actuellement
le CEM Ibn Khaldoun. Il était
dans son quartier, le fameux
Madrés, jouxtant Bab Sidi
Boumediène ou Derb Essajaân,
la rue des Almohades,
où est né le grand chanteur
de hawzi, Abdelkrim Dali. Il
a dû certainement avoir un
pincement au coeur en traversant
la cité de son enfance
et de ses belles années.
Accompagné d’une quinzaine
de ministres pour les
besoins des différentes
inaugurations de nouvelles
structures, le Président a
tenu à faire ramener avec lui
des membres de la famille de
Messali Hadj, l’homme du
nationalisme algérien, digne fils de la capitale des Zianides.
L’ancien président de la
République, Ahmed Ben Bella,
était aussi à ses côtés à
l’aéroport Zenata- Messali
Hadj de Tlemcen. Ben Bella
est venu d’Alger avec à ses
côtés l’une de ses filles. Visiblement
vieilli et affaibli, l’ancien
chef de l’Etat a ramené
sa fille avec lui pour l’assister
dans ses déplacements. Il
faut reconnaître que depuis
le décès de son épouse, Ben
Bella a du mal à vivre sans
celle qui a été à ses côtés
dans son emprisonnement
après le coup d’Etat opéré
par Houari Boumediène, son
assignation à résidence à
Msila dès sa sortir de prison,
dans son exil et après son
retour au pays. Jusqu’à ce
que la mort les sépare. Dans
la délégation présidentielle, il
y avait par ailleurs un grand
nombre d’artistes.
Les deux présidents,
Bouteflika et Ben Bella, ont
inauguré hier ensemble l’aéroport
de Tlemcen rénové
entièrement, avec à leurs côtés
bien sûr les membres de
la famille de Messali puisque
les lieux portent son nom.
Durant son bain de foule, il
marquera trois escales, une
près d’un groupe de jeunes, un
second pour saluer une enfant
qu’on lui a ramené des bras
de son papa et un dernier arrêt
au niveau d’un groupe folklorique
de galal et ghaïta.
Le cortège présidentiel
s’est ébranlé à la fin de ce
grand meeting populaire vers
le plateau de Lalla Setti, cet
endroit splendide où des réalisations
touristiques ont été
érigées à l’occasion de la manifestation
Tlemcen, capitale
de la culture islamique. Il
devait inaugurer l’hôtel de
la Renaissance, une magnifique
structure touristique qui
manquait tellement à ces
hauteurs féeriques. Le Président
avait offert un déjeuné
en l’honneur de ses invités,
350 personnes venues de
plusieurs horizons sous le
grand chapiteau qui avait été
dressé pour la circonstance.
En plus du corps diplomatique
accrédité à Alger, il y
avait tous les artistes algériens,
entre chanteurs, poètes,
danseurs, comédiens et
humoristes. Certains d’entre
eux devaient se produire le
soir sous la direction du Libanais
Karekela.
Il est prévu que le Président
passe la nuit à Tlemcen
pour procéder aujourd’hui à
d’autres inaugurations. Il est
déjà dit qu’il ne tardera pas
beaucoup. Il fera vite et repartira
sur Alger dans les premières
heures de l’après-midi
surtout s’il ne déjeune pas.
Tags:
Abdelaziz Bouteflika
Tlemcen
Source : Le Quotidien d'Oran