Le discours du président de la République a suscité
des réactions divergentes. Certains partis
politiques de l’opposition que nous avons
pu joindre hier ont affirmé que le discours ne
les a pas convaincus. D’autres ont accueilli avec
une satisfaction mesurée les réformes annoncées.
Le parti des travailleurs (PT) a sa
lué les « bonnes intentions » du
président de la République mais
a soulevé des interrogations mais aussi
ce qu’il qualifie de « contradictions » contenues
dans le discours présidentiel de
vendredi soir. Le porte-parole du PT,
Djelloul Djoudi a affirmé que les réformes
annoncées par le premier magistrat
du pays méritent de s’y attarder mais
qu’en parallèle le maintien d’une « APN
polluée par les hommes d’affaires » contredit
les affirmations du président de la
République.« Il faut des élections législatives
anticipées et il faut que le peuple
soit associé à l’amendement de la Constitution
» a déclaré M.Djoudi qui soulève
un autre problème à savoir le fait que
Bouteflika n’a avancé aucune date à
toutes les réformes qu’il a annoncées.
« Il faut revenir à la légitimité du peuple
» a encore fait savoir le porteparole
du parti des trvailleurs qui
informe par ailleurs que Louiza
Hanoune organisera une conférence
de presse pour revenir en détails sur la
position du parti concernant le discours
du président de la République.
Le président de la ligue algérienne
pour la défense des droits de l’homme
(LADDH), Mustapha Bouchachi s’est
montré pour sa part très sceptique.
« Ce n’est pas en amendant la Constitution
que les choses vont changer » a
déclaré le président de la LADDH qui
souligne que « même s’il y a une réforme
en profondeur, il n’existe pas de mécanismes
pour l’appliquer et la respecter ». « Est-ce qu’on peut faire confiance
à un Parlement illégitime et un gouvernement
qui ne respecte pas les lois de la
république ? » s’est interrogé Bouchachi
qui soutient qu’il s’attendait plutôt à l’annonce
d’un gouvernement d’union nationale
pour « préparer de nouvelles élections
crédibles ». « On s’attendait à ce que
ces réformes en profondeur soient faites
par des institutions élues démocratiquement
» ajoute le président de la LADDH.
Dans un communiqué parvenu à notre
rédaction, le parti El Islah, version Mohamed
Boulahia, a accueilli pour sa part
avec satisfaction les réformes annoncées
par le Président. « Les réformes sont un
pas pour la concrétisation d’un système
démocratique et du multipartisme pour
sortir d’une démocratie dirigée » est-il
souligné dans le document qui note que
le bureau national du parti s’est réuni
juste après le discours du président de la
République. El Islah, après « évaluation »
du discours, appelle également à son tour
à mettre en place un « gouvernement
d’union nationale » pour préparer des
« élections locales et législatives transparentes
». Contactés hier les responsables
du RCD étaient restés injoignables. Le
responsable de la communication, malgré
plusieurs appels téléphoniques n’a
pas répondu. Impossible également
d’avoir la position du FFS par rapport
au discours du président de la République.
Le premier secrétaire du FFS, Karim
Tabbou était en déplacement à
l’étranger pour animer un meeting, apprend-
on. En son absence, personne ne
pouvait faire de déclaration, nous a-t-on
signifié à la direction nationale du parti.
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Source : Le Quotidien d'Oran