Les exportations de la filière
agroalimentaire étaient, hier, au menu
d’une journée d’étude organisée
par le Groupe Benamor, à l’hôtel Hilton,
en présence du ministre du Commerce,
Mustapha Benbada.
Les constats sont les mêmes :
les capacités sont énormes,
mais il reste beaucoup à faire
pour espérer pouvoir se frayer
une place sur les marchés étrangers.
Ce n’est surtout pas une affaire de
législation, dira Réda Hamiani, président
du FCE. « Ce ne sont pas les
politiques publiques qui manquent,
mais il y a un gap entre ces politiques
et la réalité sur le terrain », a
déclaré l’ancien ministre de la PME.
Selon lui, depuis l’interdiction des
exportations des métaux ferreux et
non ferreux, « le montant des recettes
de l’exportation hors hydrocarbures
a été divisé de moitié ».
La hausse des exportations en
2010 est due aux expéditions de
sucre blanc de Cevital.
Pour Hamiani, les contraintes
sont nombreuses et rendent l’exportation
« difficile et lourde à gérer
». « Les entreprises doivent êtres
aidées », notamment en matière de
procédures bancaires, fiscales, et de
rapatriement. « Il est nécessaire, ditil,
de revoir l’attribution à l’opérateur
des 10% du montant des exportations
en devises. Ce n’est pas
une motivation suffisante. Avant on
laissait 100%, puis 50% ».
Les contraintes liées aux devises
dont, comme l’explique le président
du FCE, qu’il est difficile pour une
entreprise de créer des filiales à
l’étranger. Selon lui, « la loi algérienne
ne permet pas de transférer
de l’argent pour payer les intermédiaires
(grossistes) qui se
chargent de distribuer les produits
algériens à l’étranger ».
Autre souci, la règle qui oblige le
rapatriement des devises au bout
de 4 mois qui « est très contraignante
» surtout « lorsqu’il s’agit d’exporter
vers l’Afrique, où les importateurs
demandent plus de temps
pour écouler les produits ».
Selon M. Hamiani, « ce n’est pas
un catalogue de bonnes mesures
qu’il nous faut », mais plutôt « réunir
à la même table » l’ensemble des
acteurs de l’export (banques, douanes,
fisc, transitaires, opérateurs).
Concernant les entreprises, il dira
que celles-ci « ne sont pas au
RDV », que « leurs offres ne sont pas visibles à l’étranger », et qu’elles
doivent « se mettre à niveau »
et « cibler les salons spécialisés » si
elles veulent exporter.
Avant lui, le ministre du Commerce,
Mustapha Benbada, expliquait
que « l’industrie agroalimentaire dispose
de capacités importantes » et
qu’« elle intervient à hauteur de 40%
du PIB industriel ». « Mais face à la
concurrence, y compris dans le
monde arabe, il est important de la
développer encore plus, ce qui passe
nécessairement par la mettre en
lien étroit avec le monde agricole ».
Les exportations algériennes de
produits agroalimentaires sont
passées de 40 à 300 millions de
dollars en quelques années, « en
grande partie grâce aux expéditions
de sucre de Cevital ».
Selon Benbada, quatre étapes
sont nécessaires pour relancer les
exportations. Il s’agit de : « la mise
à niveau des PME (en équipements
et en gestion) », « mettre en
place des infrastructures et de la
logistique dédiée à l’export », un
volet « recherche et développement
» au service de l’entreprise,
« améliorer l’environnement de la
PME (financement…) ».
Le ministre a annoncé l’organisation
d’une conférence nationale
sur l’encouragement aux exportations
prévue en mai prochain.
De son côté, Mohamed Bennini
(DG d’Algex), estime que la production
agricole nationale « est
bridée » par plusieurs facteurs.
D’abord par « l’absence de marché
transparent, notamment des marchés
de gros (restrictions de la
production pour permettre une
hausse des prix) », « l’absence de
concurrence ». « Nous sommes en
situation d’oligopoles pour les produits
frais », a-t-il ajouté.
Pour Bennini, « il est nécessaire
d’arriver à des productions en volume
et en qualité, et maîtriser les
normes internationales, avant de
parler d’exportation ». Selon lui, « il
n’y a pas de mise à niveau sans compétitivité
internationale ». Même le
marché local « doit être du même
standard que l’international », car le
« consommateur algérien a droit aux
mêmes qualités, pour faire son choix
avec les produits importés ».
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Algérie
Agriculture
Source : Le Quotidien d'Oran