Les étudiants des écoles supérieures ont
été empêchés, hier, de tenir le sit-in qu’ils ont
prévu devant le siège de la présidence.
Ils ont été empêchés de rejoindre la présidence.
Un dispositif impressionnant de sécurité a
été dépêché, tôt hier matin, sur l’axe menant
vers le siège de la présidence et les ruelles
mitoyennes, pour empêcher le sit-in. Ces derniers, qui affluaient en grand nombre ont été
stoppés et sur la placette de l’avenue Pékin,
en face du lycée Bouamama et contraints à
improviser un sit-in. Ils étaient plus d’un millier, venus de plusieurs écoles : ENI, EPAU,
ENSSEA, ESC et l’INC, entre autres. Les
étudiants étaient déterminés à ne pas se laisser faire face au cordon de sécurité qui leurs
imposait la restriction de l’espace. Excédés,
les étudiants ont tenté de rompre à plusieurs
reprises le cordon. En vain. Les agents de
police sont prêts à intervenir, La colère des
étudiants est montée d’un cran. Les étudiants,
banderoles en main, ont scandé les slogans
hostiles au ministère de tutelle., « On est des
étudiants, pas des voyous », « On est pacifique », clamaient-il en même temps que
l’hymne national « kassamen » sous des salves
d’applaudissements. « A ce jour, le comité
d’experts nationaux et internationaux, promis
par le ministère, n’a pas vu le jour. Et puis,
pourquoi des experts internationaux ? N’a-ton pas suffisamment d’experts chez nous ou
n’a-t-on pas confiance en eux », s’est interrogé Rabah de l’ESC. « Cette année est exceptionnelle ; on ne passera pas les examens du
premier semestre. Comme quoi, tout va bien,
comme le ministre aime à le ressasser », ironise un étudiant de l’ENSSEA.
Les esprits s’échauffent. Une autre tentative
de franchir le cordon s’est soldée par l’embarquement de cinq étudiants. Deux autres
sont évacués par la Protection civile. Ils ont
regagné leurs camarades environ une heure
plus tard. Les étudiants sont bousculés, malmenés mais, au bout, leur détermination s’est
avérée fructueuse. A 12h35, ils ont rompu le
cordon de sécurité et ont occupé la chaussée,
assis à même le sol, sous le regard des forces
anti-émeutes qui ont renoncé à leur méthode.
Il semble qu’il y ait eu plusieurs blessés dans
les rangs des étudiants. Certains, des filles en
majorité, se sont évanouis et ont été évacués
au CHU Mustapha. Vers 14h, les étudiants ont
tenté, une autre fois, de marcher vers le siège
de la présidence. En vain. Face à l’arrivée de
renforts de policiers, les étudiants sont restés
sur place, se débattant face aux agents qui
leurs assénaient, sans retenue et avec acharnement parfois, des coups de rangers au tibia.
« Pourtant, on ne voulait que tenir un sit-in
auprès du siège de la présidence et transmettre nos doléances. Ils nous ont poussés à
occuper la rue », nous dit un délégué revenu
du CHU. Les étudiants se sont dispersés vers
15 h, avec la volonté de revenir à la charge
pour continuer la lutte. Par ailleurs, la coordination des écoles supérieures, qui s’est réunie
samedi dernier, a décidé de ne pas prendre
part à la marche d’aujourd’hui, à l’appel de la
CNAE. Toutefois, les étudiants de certaines
écoles ont promis de participer massivement.
Enfin, la coordination des écoles tiendra une
réunion d’évaluation, aujourd’hui, pour décider de la suite à donner au mouvement de protestation.
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Source : Le Jeune Independant