Des centaines de médecins résidents se sont rassemblés hier près de la présidence de la République pour faire entendre leur voix aux plus hautes instances du pays.
Brandissant des cartons rouges, en
guise de blâme au ministre de la
Santé, Djamel Ould-Abbès, les
blouses blanches tiennent rigueur à la tutelle
d’avoir déclaré que les médecins résidents ne
représentent que 0,5 % de l’ensemble de l’effectif et que « la grève ne devrait pas compromettre le bon fonctionnement des services » . «
C’est inexact, la preuve, depuis notre grève,
les services fonctionnent au ralenti » , riposte
une jeune résidente qui manifestait parmi la
foule.
« Le ministre a prouvé une fois de plus qu’il
n’était pas sincère quand il nous a promis de
répondre à notre plateforme » , renchérit un
autre résident. Les interventions chirurgicales
programmées, les consultations spécialisées
ont été reportées, la pression se fait sentir de
plus en plus au niveau des CHU. Les maîtres
assistants, d’habitude secondés par les médecins résidents, sont obligés de tout faire tout
seuls. En plus, ils sont obligés d’assurer les
cours aux externes (futurs médecins).
« Je suis dépassé avec 16 malades lourds à ma
charge. Je vais être moi-même perfusée » , ironise une maître assistante à la Prairie, un service au CHU de Parnet, qui regroupe les
enfants cancéreux. « Cela semble contradictoire avec les déclarations du ministre qui
affirme que les résidents ne représentent que
0,5 % de l’effectif médical, car j’avoue que la
grève des résidents pèse lourdement sur les
services » , a-t-elle déclaré sous couvert de
l’anonymat. « Je dois assurer la consultation
spécialisée, prescrire la formule de chimiothé-
rapie, contrôler les bilans, les radios et les
échographies, commander des plaques et je
dois assurer les cours aux externes » , a-t-elle
résumé. Les médecins résidents en grève illimitée depuis le 28 mars dernier ont décidé de
boycotter la réunion à laquelle a appelé hier le
ministre de la Santé, préférant se rassembler
devant la présidence de la République. Ce
corps médical réclame notamment l’abrogation du service civil le concernant, la révision
du statut actuel, un relèvement des salaires,
l’instauration d’une prime de contagion, la
validation des formations spécialisées nationales et internationales effectuées par les résidents au cours de leurs cursus.
Le service civil oblige les médecins à exercer,
pendant un temps déterminé, allant d’une
année à cinq ans, dans des zones isolées ou
déshéritées, généralement dépourvues de praticiens spécialisés.
Tags:
Algérie
Grève
Médecin
Source : Le Jeune Independant