Le gouvernement prévoit de réviser la loi
sur la PME en vue d’introduire de nouveaux
mécanismes de promotion de la
microfinance pour la création de la très petite
entreprise (TPE) qu’il prévoit, entre autres,
d’en faire un instrument pour régulariser les
activités informelles.
Ce sont les représentants du ministère de l’Industrie
et de la Promotion de l’investissement
(MIPI) qui l’ont annoncé hier en marge d’une
conférence internationale sur la microfinance.
Il s’agit de la loi 01-18 de 2011 qui est soutenue
par 56 textes d’application. Elle devra
être revue pour assurer, dit le directeur central
chargé de la promotion de la PME au MIPI,
« une nouvelle définition de la PME en prenant
en compte les normes internationales ».
La loi devra aussi, une fois amendée, définir
les modalités de création de la très petite entreprise
(TPE), une entité socioéconomique qui
n’a jamais intéressé les pouvoirs publics. Le
gouvernement a toujours pensé que les dispositifs
de l’ANSEJ et l’ANGEM pouvaient
servir ainsi d’instrument juridique pour la création
de TPE. « Le micro-crédit accordé par
l’ANGEM pouvait être assimilé à la microfinance
», a reconnu le secrétaire général du
MIPI dans un point de presse qu’il a animé en
marge des travaux. Mais bien qu’adossé à un
dispositif et un financement publics, l’ANGEM
a démontré ses insuffisances et ses limites en
la matière. Si ce type d’entreprise a été exclu
des dispositifs en vigueur, c’est parce qu’il ne
contribue pas assez à la création d’emplois.
L’on reconnaît cependant qu’il a permis à
beaucoup de familles notamment à l’intérieur
du pays d’en faire « des success stories ». C’est
certainement ces réussites qui poussent
aujourd’hui les pouvoirs publics à tendre
l’oreille aux promoteurs de la TPE et d’encourager
sa création.
Il est désormais acquis que « la microfinance
est envisagée en tant qu’outil contre l’exclusion
sociale et comme instrument d’entreprenariat
». En plus de la révision de la loi
01-08 sur la PME, le MIPI affirme avoir déjà
en main une stratégie raccordant la microfinance
à la création de la TPE. « On ne peut
en parler aujourd’hui, parce qu’on doit voir
comment l’améliorer, comment accompagner
les catégories sociales exclues, identifier les
assurances des promoteurs pour l’octroi des
crédits », explique le SG du MIPI à propos de
cette nouvelle stratégie. Le directeur central
estime ainsi que « la microfinance doit reposer
sur un cadre légal qui prend en compte
l’assurance de l’emprunteur ». Brahiti indique
que « la loi doit anticiper des garanties et des
protections ». Le SG précise pour sa part que
s’il y a aide dans ce sens, « elle sera globale,
en commençant par la constitution du dossier
jusqu’à l’aboutissement du projet ».
Le directeur central Henni pense que cette
conférence internationale de trois jours est organisée
pour « s’imprégner de l’expérience
de certains pays, pour savoir qu’est-ce
qu’on doit faire, quels en sont les instruments
? » La ministre conseiller allemande
a affirmé avant lui que la conférence
permettra de « mieux connaître la PME
algérienne, ses besoins et ses spécificités ».
Elle a surtout indiqué que les PME dans son
pays constituent 99,6% de l’ensemble des entreprises
existantes et participent à hauteur de 60% dans la création d’emplois. « Les PME
sont d’essence et d’ancrage local et de type familial
», a-t-elle précisé.
LE MODE D’EMPLOI ALLEMAND
Une experte à GIZ explique que pour réussir
le financement de la TPE par la microfinance,
« il faut un dialogue avec les associations professionnelles
et tous ceux qui ont un rôle à jouer
dans la création de l’entreprise ». Elle pense ainsi
que « c’est un sujet qui doit intéresser tous les
secteurs, universités, consultants, experts, formation
professionnelle, l’agence de promotion
de la PME, les centres de facilitations… » Ils doivent
tous contribuer, selon elle, à faire de la
TPE « une entreprise viable économiquement
et consciente écologiquement et pour ce qui
est des ressources humaines ».
La conférence est co-organisée par le MIPI et
la coopération allemande au développement
en Algérie GIZ (l’ex-GTZ) dans le cadre du programme
Développement économique durable
(DEVED) que finance le ministère fédéral allemand
de la Coopération économique et du Développement,
pour le compte de l’Algérie. Les
Allemands conseillent aux Algériens « de lancer
un débat de fond, essentiellement autour de la
démarche à entreprendre pour l’introduction
de la microfinance en Algérie en examinant
l’opportunité de l’insérer au sein de la sphère
bancaire et financière ou de l’introduire dans
le cadre d’une démarche institutionnelle similaire
à celles des systèmes des fonds et agences
». Ils leur proposent même une troisième
voie « consistant à mettre en place un cadre
légal et réglementaire propre à cette activité
venant enrichir l’offre bancaire et celle des
agences et fonds publics ».
Le SG du MIPI a fait savoir que l’Etat a accordé
386 milliards DA pour appuyer la PME
à raison de 20 millions DA par entreprise. « On
prévoit aussi la création de centres techniques
d’appui pour chaque branche », ajoute Henni.
Les centres pour l’agroalimentaire et la mécanique
sont déjà mis en place. Au passage, il
dira que le gouvernement a accordé 450 milliards
DA pour la réorganisation du secteur de
l’industrie dont 141 pour les cimenteries.
28 000 entreprises ont été créées selon lui entre
2009 et 2010. « 94% des PME emploient
entre 10 et 20 personnes, la TPE est donc exclue
de l’accès au crédit classique, il lui faut
donc un cadre d’appui complémentaire cohérent
qui permettra à la TPE de créer de la valeur
ajoutée et de l’emploi », dit le directeur
central chargé de la promotion de la PME au
MIPI. Il existe cependant des PME qui emploient
entre 0 à 9 personnes, 10 à 49 et 50 à
250 salariés. Brahiti fait savoir qu’à fin 2010,
l’Algérie comptait 618 000 PME. 49 000 PME
de plus ont été créées en 2010 par rapport à
2009. 7900 d’entre elles ont cessé leur activité.
Ouverte hier à l’hôtel Sheraton d’Alger en
l’absence des ministres de l’Industrie et de la
PME, la conférence a regroupé plus d’une centaine
de participants issus du paysage financier
et bancaire, public, privé, national et étranger
(Allemagne, Maroc, Yémen, Syrie, Canada,
Liban, Belgique). Des panels de discussions
sont prévus pour examiner avec « une attention
particulière » les dispositifs législatifs et
institutionnels existants. Quatre ateliers seront
organisés pendant les trois après-midi de la
conférence, sur les expériences et des cas pratiques
des pays de la région.
Ghania Oukazi
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Algérie
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Source : Le Quotidien d'Oran