Les concessionnaires, c’est d’abord et avant tout
des importateurs de voitures, très sensibles
à la politique de l’Etat. Si les mesures
de restrictions au crédit automobile n’ont pas
eu d’effet probant sur les achats, la volonté
du gouvernement de lancer une industrie
automobile locale commence à être prise
au sérieux. Les projets en négociation avec
Renault et d’autres constructeurs européens
prennent de la consistance. Du coup, les
concessionnaires veulent être de la partie.
Les concessionnaires - dont le métier
est de vendre - sont-ils aptes à
participer à l’émergence d’une industrie
automobile en Algérie ? Dans un
pays où ils ont toujours été des vecteurs
d’importations - et accessoirement pour
certains des liquidateurs de l’importation
de la voiture d’occasion -, beaucoup en
doutent. Pourtant les concernés répondent
par l’affirmative et souhaitent être
associés à la conception d’une stratégie
nationale pour la construction de véhicules.
Sofiane Hasnaoui, DG de Nissan
Algérie, a déclaré à l’APS que les distributeurs
regroupés au sein de l’AC2A (Association
des concessionnaires automobile
algériens) veulent discuter avec les
pouvoirs publics de la « possibilité d’intégrer
un schéma industriel, qui
puisse être mono-marque ou multimarque…
Nous voulons être partie prenante
dans l’émergence de cette industrie
(...) nous pouvons contribuer avec les
pouvoirs publics à établir une feuille de
route, la plus transparente possible, pour
parvenir à la développer. Nous sommes
pour et nous sommes prêts à travailler
de manière très énergique sur ce sujet ».
Rien de nouveau cependant sous le ciel
peuplé de projets d’Algérie. L’idée d’une
participation des concessionnaires à
l’émergence d’une industrie automobile
algérienne est née en 2009 après les
mesures drastiques prises par le gouvernement
et notamment l’interdiction pure
et simple du crédit auto.
Il est vrai que les concessionnaires
avaient la partie aisée depuis l’interdiction
d’importation en 2005 de la voiture
d’occasion, sans compter aussi que
l’Etat n’avait pas semblé formuler durant
cette période d’exigences particulières
aux constructeurs automobile en
contrepartie à l’accession à un marché
algérien de près de 4 milliards
de dollars par an. Les mesures prises
n’ont pas eu d’impact substantiel
sur les ventes mais le credo de la création
d’une industrie automobile est resté. En 2009, l’AC2A avait annoncé qu’elle
allait soumettre une étude sur les perspectives
d’implantation en Algérie d’une
industrie de fabrication de véhicules touristiques.
On ne sait pas ce qu’il est advenu
de ce projet d’études mais
aujourd’hui les concessionnaires disent
vouloir être de la partie. Quelle forme
peut prendre cette participation des concessionnaires,
hormis la vente, qui est
leur métier ? La seule option étant d’investir
dans la sous-traitance. Les discussions
avec Renault qui paraissent avancer
ont montré que le constructeur français
souhaite, pour réduire les coûts, un
taux d’intégration plus important.
UNE INTÉGRATION
QUI VA ÊTRE MODESTE
AU DÉBUT
Le domaine de la sous-traitance reste
embryonnaire et a besoin, selon Mohamed
Benmeradi, ministre de l’Industrie
et de la PME, d’un « accompagnement
par des actions d’investissements
supplémentaires ». Il est clair
que les autorités algériennes ne veulent
pas d’un simple montage. Le président
d’AC2A, M. Mohamed Bairi,
estime que les « conditions sont réunies
pour l’émergence d’une industrie
nationale de l’automobile, mais
les pouvoirs publics doivent se concerter
avec l’ensemble des opérateurs
tels que les concessionnaires et
les sous-traitants ». Les concessionnaires
veulent participer aux négociations avec
les constructeurs étrangers pour donner
leur « avis sur la façon de créer cette industrie
et mettre à contribution notre
expérience ». Quel taux d’intégration
espérer ? De manière assez raisonnable,
Ouafik Hadj Abderrahmane,
DG de GMS, estime que viser d’emblée
un taux d’intégration de 50% dans
un projet de partenariat paraît impossible.
« Il faut démarrer avec un taux d’intégration
de 20 ou 25% et l’augmenter
crescendo. Dans le même temps, il faudrait
réaliser un travail de mise à
niveau de notre tissu industriel ».
Salem Ferdi
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Véhicules
Source : Le Quotidien d'Oran