La grève observée par les corps
communs du secteur de la justice
s’atténue peu à peu. Après
avoir atteint son pic lundi, le mouvement
de débrayage mené par
cette corporation a régressé dans les
deux jours suivants, aussi bien en
termes d’ampleur (taux de participation)
qu’en termes de degré de
cessation du travail (les services non
prestés).
Hier, dans toutes les juridictions
du pays, au pire des cas, le
service minimum était garanti par
les grévistes. C’est le cas de la cour
d’Oran où les techniciens et les informaticiens
assuraient les tâches
les plus « indispensables », dont
celles revêtant le caractère de service
public comme le casier judiciaire.
Un arrangement a été en effet
trouvé entre l’administration locale
et cette catégorie de fonctionnaires,
qui consiste à assurer le service
durant la demi-journée matinale,
au minimum. Hormis ce corps technique,
les autres personnels, tels
que les agents de sécurité, les appariteurs,
les chauffeurs, entre
autres, ne donnaient guère l’air
d’observer le mot d’ordre de grève
émis de manière un peu hasardeuse,
faut-il le dire, tant on les voyait
s’acquitter de leurs tâches quotidiennes
de façon normale. Selon
certaines indiscrétions, confirmées
par des sources concordantes, à
l’origine de cette évolution des évènements vers un gel de l’action de
grève, « des signaux positifs reçus
par les corps communs de la justice
de la part de la tutelle, sous forme
de promesses pour la prise en
charge de leurs revendications à
l’occasion de la deuxième séance
de dialogue qui aura lieu dans les
prochains jours entre les hauts responsables
du ministère de la Justice
et les représentants des fonctionnaires
de la justice issus des 36
cours du pays. » Selon les mêmes
informations, cette fois-ci, le volet
« corps communs » fera corps
avec la feuille de route des 36 délégués
et sera, de ce fait, un dossier
indissociable de l’ordre du jour de
cette table ronde dont l’objet initialement
annoncé concernait uniquement
« les revendications des personnels
de greffe en étude. » Il y a
lieu de rappeler, dans ce contexte,
que la première réunion de négociations
s’était soldée par l’approbation
d’une grande partie des revendications
des greffiers, dont,
notamment, la révision du régime
indemnitaire ainsi que la mise à
l’étude du reste, et ce, en concertation
et en coordination avec les instances
gouvernementales concernées,
dont, en particulier, le nouveau
statut des fonctionnaires des
juridictions. Tout le problème réside,
selon des opinions averties,
dans cette nuance, cet amalgame –
volontaire ou involontaire – entre
« fonctionnaires de la justice » et « personnels
des greffes ». Même les représentants
des personnels des greffes, plébiscités
par leurs pairs au niveau des
36 cours, pour faire entendre leur voix
au département de Tayeb Belaïz, ne
savaient pas s’ils avaient un mandat
élargi pour plaider la cause des
fonctionnaires de la justice tout en
bloc ou bien leur mission se limitait
au seul corps des greffiers. Et, cette
situation équivoque aidant, les négociateurs
ont fini par mettre sur le
tapis que les doléances des greffiers,
dont ils étaient directement concernés.
Interrogé à ce propos, un des
représentants « élu » par les greffiers
et « agréé » par le ministère de la
Justice, et qui a requis l’anonymat,
le dit sans ambages : « Il n’y a pas
matière à confusion : il y a les greffiers
et il y a les corps communs de
la justice. Ce sont deux corps différents,
donc deux statuts différents,
deux régimes différents. Eux, ils ont
eu, avant nous d’ailleurs, leur augmentation
(de salaire) de 25%. Le
débat est clos. » Notons, par ailleurs,
que les greffiers ont perçu, dès hier,
leurs salaires majorés par les nouvelles
primes et indemnités énoncées
par du décret exécutif 11-88
du 22 février 2011, portant régime
indemnitaire des personnels des
greffes de juridictions, paru dernièrement
dans le Journal officiel. Ces
augmentations étaient si conséquentes
que la plupart des greffiers
n’en revenaient pas quand ils ont
entendu le préposé au guichet CCP
leur annoncer leur « nouvel avoir ».
Cerise sur le gâteau : ces nouveaux
salaires étaient accompagnés, en
même temps, d’un rappel fort alléchant
des augmentations des primes
à partir du 1er janvier 2008, soit
l’équivalent de 27 mois. A titre
d’exemple, un divisionnaire, cinq
ans d’ancienneté, qui touchait
auparavant 21.000 DA, a encaissé
hier une paie de 37.000 DA, salaire
mensuel, plus 1.600 DA, primes
et indemnités, ainsi qu’un rappel
d’un montant de 680.000 DA.
Houari Saaïdia
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Source : Le Quotidien d'Oran