Le PDG d’Air Algérie, Abdelwahid Bouabdellah, a réellement remis sa lettre de démission au conseil d’administration de l’entreprise hier après-midi. Mais le PDG de la compagnie est revenu sur sa décision trois heures après avoir déposé sa demande.
Entre-temps, il aurait reçu un appel des hautes autorités qui l’auraient conforté dans son poste, croit-on savoir. Selon une source interne digne de foi, le patron de la compagnie a effectivement déposé sa démission mais cette dernière a été rejetée par le conseil d’administration qui a renouvelé au PDG « toute sa confiance ainsi qu’à l’équipe de direction » selon un cadre de l’entreprise. Avérée ou pas, selon notre source, le directeur de la compagnie aérienne a déposé sa démission au cours de ces dernières 48 heures. A l’issue d’une réunion tenue avec quelques cadres de la compagnie, le PDG a fait même part de sa décision de quitter l’entreprise : « J’en ai marre ! Je vais démissionner », aurait-il lancé au cours de cette réunion. Il a accusé les syndicats autonomes dont celui des pilotes d’avoir exercé une pression sur lui pour quitter son poste. Seul le syndicat de l’entreprise affilié à l’UGTA l’a soutenu. Hier, durant toute la journée, la compagnie nationale n’a pas réagi officiellement à cette information.
Le PDG d’Air Algérie a accusé hier sur les colonnes d’El Khabar, un responsable d’une structure officielle : « Il y a une situation d’instabilité que des lobbies veulent imposer au sein de la compagnie dirigée par un responsable d’une structure dépendant du Premier ministère, qui s’est autoproclamé directeur parallèle », a-t-il indiqué. Ce responsable, a-t-il encore révélé, « organise des réunions au sein de sa structure avec des cadres de la société écartés et d’autres mutés qui s’opposent aux réformes que notre direction a entamées conformément aux directives de la Présidence de la République et du Premier ministère ». Et M. Bouabdellah de poursuivre : « Ce responsable qui se dit influent a mobilisé des pilotes et des travailleurs d’Air Algérie pour mener des grèves et des mouvements de protestation pour paralyser les activités de la compagnie afin de m’obliger à démissionner ». Bouabdellah affirme qu’il ne va pas se soumettre aux « pressions et complots » et que ses opposants ne pourront pas le pousser à la démission.
En revanche, certains cadres et travailleurs de l’entreprise ont indiqué sous le sceau de l’anonymat que Bouabdellah a été « relevé de ses fonctions ». Pour d’autres, il aurait remis sa démission au président de la République qui l’aurait refusée. D’autres sources encore ont même avancé que son probable remplaçant serait un cadre de l’entreprise qui occupait le poste de délégué d’Air Algérie à Paris. Bouabdellah a fait sa carrière dans le secteur étatique en dirigeant plusieurs grandes entreprises publiques telles que Cosider, la CNEP ou encore l’ANEP. Abdelwahid Bouabdellah a été désigné à la tête de la compagnie aérienne en mars 2008.
Mahmoud Tadjer
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Source : El-annabi.com