Andrew Warren, ancien chef de la CIA en Algérie, a été condamné jeudi
3 mars, par un tribunal fédéral à Washington, à 65 mois de prison après
avoir reconnu qu’il avait drogué puis agressé sexuellement, en 2008,
une femme dans l’enceinte de l’ambassade des Etats-Unis à Alger.
Le scandale révélé en 2009 avait
fait grand bruit dans les médias
locaux et américains. C’est la
chaîne de télévision ABC qui l’avait
rendu public en rapportant que deux
ressortissantes algériennes, peut-être
binationales, avaient porté plainte
contre cet agent de la centrale américaine
de renseignements CIA. Elles
soutenaient qu’il avait abusé d’elles,
en février 2008, dans sa résidence officielle
à Alger.
La chaîne de télévision américaine
CNN rapporte que Andrew Warren,
43 ans, cet ex-chef de station de la CIA
en Algérie, a été condamné jeudi à
plus de cinq ans de prison après avoir
admis qu’il a drogué et agressé sexuellement
une femme à l’ambassade
américaine à Alger.
Cet ex-responsable du renseignement
américain avait plaidé coupable
en juin 2010 au sujet des accusations
de « contacts sexuels » et l’utilisation
abusive illégale de cocaïne, selon un
communiqué de presse du ministère
américain de la Justice.
« LICENCIÉ »
PAR SON EMPLOYEUR
Durant le procès, Warren a avoué
que le 17 février 2008, il a rendu une
femme inconsciente et ensuite commis
un « contact sexuel abusif » à l’ambassade
américaine en Algérie. Warren
a également admis qu’il a consommé de la cocaïne tout en possédant
un pistolet Glock 9 mm semi-automatique,
une arme qu’il exhibait
durant ses frasques sexuelles, selon
ce qui avait été recueilli durant
les enquêtes préalables.
Bien que les faits se soient produits
en Afrique, l’action en justice a été déclenchée
aux USA, à Washington, District
de Columbia, parce qu’ils ont eu
lieu à l’ambassade américaine, qui est
considérée comme territoire américain,
ainsi que cela se pratique réciproquement
dans les usages diplomatiques
à travers le monde. Le département
d’Etat avait rappelé ce chef
espion aux Etats-Unis, avant que l’affaire
ne soit rendue publique. Il avait
également annoncé l’ouverture d’une
enquête interne. L’enquête du département
d’Etat se révélera alors accablante
pour cet agent. Elle établit l’existence
de photos compromettantes, de
vidéos stockées sur son ordinateur, sur
son téléphone portable, sur une clé
USB. Ces documents, d’après les médias
américains, montrent les deux victimes
et Warren dans des situations
sans équivoque.
Andrew Warren a été licencié par
son employeur la CIA en 2009, si tant
est que l’on décroche complètement
de ce métier-là. Seule une des deux
femmes victimes est concernée par
la condamnation de jeudi. Le juge
a également assorti les 65 mois de
prison prononcés à une peine de
dix années de liberté surveillée, après
la privation de liberté.
UN PROCÈS, UN ÉPISODE ?
Il faut rappeler que l’époux d’une
des deux victimes était correspondant
d’une agence de presse espagnole au
Caire, là où « oeuvrait » alors l’agent
Andrew Warren avant de venir à Alger.
Lorsque son épouse sera abusée
à Alger par cet agent, elle informera son
mari et plusieurs mois après elle se décidera
à en saisir l’ambassadeur américain,
avaient rapporté alors les médias américains.
On n’a jamais vraiment su quelles
sont les identités de ces deux Algériennes.
Certaines sources ont soutenu qu’elles
étaient binationales, l’une algéroallemande
et l’autre algéro-espagnole.
Avec la sentence qui est tombée
jeudi, ce n’est vraisemblablement
qu’un épisode qui vient d’être tourné
dans cette marécageuse affaire. On ne
sait pas si la deuxième victime, aussi
discrète que sa compagne, est en procès.
Où et quand ?
On se souvient également que
l’Egypte s’était intéressée à cette affaire.
La presse cairote avait alors rapporté
que les autorités égyptiennes ont
entendu plusieurs femmes ayant rendu
visite, entre 2005 et 2007, à l’ambassade
US au Caire, à Warren, au
siège de USAID (agence chargée de
l’aide au développement) ou aux centres
culturels américains à Alexandrie
et dans la capitale égyptienne. Finalement,
on n’a jamais su si l’agent violeur
avait eu des précédents sur les
bords du Nil.
Oualid Ammar
Tags:
Algérie
Etats-Unis
Procès
CIA
Source : Le Quotidien d'Oran