Des Algériens établis en Libye ont commencé à raconter leur mésaventure dans ce pays. Les autorités libyennes confisquent tous les documents officiels aux ressortissants étrangers ou autres pièces d’identité sans oublier les biens qu’ils possèdent.
Cette pratique illégale qu’on ne voit nulle par ailleurs, sauf dans cet Etat, a contraint des centaines d’Algériens à fuir précipitamment ce pays laissant derrière eux leurs maisons ou leurs biens aux mains des assaillants et autres voleurs.
C’est ainsi que la plupart des Algériens qui sont arrivés avant-hier à la frontière égyptienne (environ 80 ressortissants) ont laissé derrière même leurs pièces d’identité. Le consul d’Algérie au Caire a souligné à l’APS que « la majorité de ceux qui ont fui la Libye ont laissé leur passeport chez leur patron ou leur tuteur », ce qui a contraint la mission diplomatique sur place à leur fournir des « autorisations de sortie » après confirmation de leur identité.
La mission de l’ambassade dans la région d’Es-Saloum a fourni sur place des autorisations de sortie à ceux qui ne possédaient pas de passeport en assurant leur transport au Caire, comme l’a confirmé un des agents du consulat présents à Es-Saloum. « La situation était difficile et tout était confus, nul ne sait où vont les choses dans ce climat d’anarchie et d’insécurité », a affirmé Toufik Zeghdoud, l’entraîneur algérien de l’équipe de handball d’El-Hilal de Benghazi, arrivé samedi soir au Caire. « Les évènements nous ont surpris à telle enseigne que beaucoup se sont enfuis sans affaires ni argent ni passeports », a indiqué l’entraîneur algérien du club africain de football de la ville de Darna, Abdallah Beikous.
L’entraîneur de l’Etoile d’Ajdabia de football, Abdelaziz Robii a pour sa part, déclaré : « Nos vies étaient en danger après les rumeurs qui ont circulé contre les étrangers y compris les Algériens et l’incendie de l’hôtel où nous résidions, ce qui m’a poussé ainsi que deux joueurs algériens du club à fuir avec l’aide des joueurs libyens armés qui nous ont accompagnés jusqu’à la frontière égyptienne. » « Les Algériens étaient du jour au lendemain sans argent et sans papiers officiels d’identité après la destruction de leurs sociétés par les gardiens eux-mêmes qui ont de surcroît délesté les travailleurs de leurs biens », a pour sa part déclaré Fillali Kheireddine de Jijel, pâtissier dans l’une des sociétés du champ pétrolifère Al-Ouaha (350 km à l’est de Benghazi).
Plus de 2 000 ressortissants algériens ont déjà été rapatriés de Libye par avion.
Mahmoud Tadjer
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Source : Le Jeune Independant