Des jeunes de la capitale de la sidérurgie ont investi, hier, le
siège de la wilaya où une discussion avec le wali a failli
provoquer l’irréparable.
Annaba a renoué hier avec la violence. Dès huit heures, au niveau de
la salle de cinéma Echabab, des milliers de jeunes des deux sexes ont
formé une queue interminable pour
décrocher leur contrat de travail,
comme annoncé hier dans notre dernière édition. Finalement, les postes
à accorder se sont révélés insuffisants et les responsables des organismes publics tels l’ANEM, l’ANSEJ, l’ANJEM, la CNAC et la DAS,
débordés par une horde humaine
jamais vue, ont préféré carrément
fermer leurs locaux pour se rendre
au siège de la wilaya d’Annaba. Vers
dix heures trente, mécontents, les
jeunes chômeurs ont commencé à
marcher à travers les quartiers d’Annaba pour hurler leur colère tout en
scandant des slogans hostiles au
président de la République. Des voitures en stationnement ont été saccagées au niveau de la gare ferroviaire de la ville. Quelques magasins ont été pillés. Pris de panique,
l’ensemble des commerçants ont
baissé rideau. Les contestataires ont
voulu gagner le siège de la wilaya,
mais très vite les services anti-
émeutes leur ont bouclé le passage.
Contournant l’obstacle les jeunes
chômeurs sont arrivés au siège de la
wilaya. Des pierres ont fait voler en
éclats plusieurs vitres du siège de
l ’ administration locale. Le wali a
tenté de calmer les émeutiers, mais
sans résultat. Il a même échappé de
justesse à un jet de pierre. Plusieurs
arrestations de jeunes chômeurs ont
été opérées. Par ailleurs, hier, au
niveau du quartier populeux de la
cité Les Lauriers roses, à hauteur du
stade Didouche-Mourad, la route a
été bloquée par les jeunes émeutiers
qui scandaient « El-Khadma ouala
el-mout » (le travail ou la mort).
Selon des observateurs politiques
locaux, « la révolte des chômeurs
d’Annaba aurait été provoqué par le
premier gestionnaire de la wilaya
d ’ Annaba. Il avait promis 7000
emplois à partir de dimanche (hier)
sans tenir compte des conséquences
de cette décision ». Et d’ajouter : « Le
wali aurait mieux fait d’ouvrir plusieurs guichets à travers les APC
d’Annaba et distribuer les emplois
dans le calme. » Nos interlocuteurs
signalent enfin que « la décision du
wali d’octroyer 7 000 emplois a été
prise dans la précipitation afin de
contrecarrer la marche du 12 février
dernier. » Affaire à suivre.
Nabil Chaoui
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Source : Le Quotidien d'Oran