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LES MÉDIAS ÉTRANGERS ET LA MARCHE DU 1 er -MAI

Alger - Le Caire : un raccourci improbable

12 février 2011

L’intérêt que portent les médias audiovisuels étrangers à l’actualité algérienne ne s’est pas démenti à la lumière des développements historiques que connaît l’Egypte. Bien au contraire. Les chaînes d’information en continu ont couvert la marche d’hier à Alger tout en essayant d’apporter des éclairages sur la situation sociopolitique en Algérie.

Et le parallèle avec l’Egypte et la Tunisie a été établi dès les premiers rendez-vous de l’actualité en début de matinée. Les chaînes d’information arabes, à l’instar d’El-Djazira et d’El-Arabiya, en ont fait leur deuxième ouverture après l’actualité égyptienne. Dès la mi-journée, et l’acquisition des premières images de la marche transformée en rassemblement à la place du 1er-Mai, l’actualité algérienne est passée en première ouverture avec grand renfort d’inserts téléphoniques, pour El-Djazira, et de duplex avec le correspondant local pour El-Arabiya. La chaîne qatarienne a toutefois précisé dans son édition de la mi-journée qu’elle ne dispose pas de journalistes accrédités ou d’un bureau à Alger.

Les intervenants, des journalistes et des universitaires, ont tenté d’apporter des éclairages sur la situation politique et socioéconomique du pays, avec, de temps en temps, des interventions de personnalités politiques ayant appelé à la manifestation, comme le chef du RCD Saïd Sadi, sur France 24. Des journalistes correspondants de certaines chaînes internationales sont intervenus également par téléphone pour décrire la situation, comme c’est le cas de France 24 en arabe, de Medi 1 TV, de BBC Arabic et d’El-Djazira International (en langue anglaise). Cette dernière s’est même permis le luxe d’utiliser le logiciel de Google Earth en zoomant sur la place du 1er-Mai, comme elle le faisait avec la place Attahrir au Caire. Alors, le raccourci est-il permis, celui de faire le lien entre les évènements d’Egypte et l’actualité algérienne ?

Certains voudraient bien succomber à cette tentation. Certains intervenants sur le plateau de France 24 (une militante algérienne des droits de l’homme à Paris) ou via des duplex comme sur El-Djazira International (Saâd Djabbar, le juriste anglo-algérien installé à Londres) ont poussé l’analyse dans ce sens. D’autres analystes, des universitaires spécialistes de la région et des questions politiques arabes, ont, par contre, tempéré les ardeurs des premiers en précisant que chaque pays avait sa propre situation, et ce qui s’était passé en Tunisie et en Egypte ne se passerait pas forcément selon le même schéma en Algérie.

Après l’effet de domino dans le monde arabe, c’est au tour de l’épouvantail islamiste d’être abondamment brandi, à la faveur notamment de la participation d’Ali Benhadj, l’ancien n°2 du FIS-dissous, et de ses partisans à cette marche. Des bandes d’information urgente avaient fait état de la présence de Benhadj à la place du 1er-Mai dès la mi-journée. Des analyses ont essayé d’apporter des éclairages sur la présence et le poids du FIS-dissous sur la scène nationale, concluant à sa quasi-disparition à cause de son parcours et de son adoption du terrorisme comme méthode avec les résultats dramatiques connus.

Les chaînes arabes et européennes ont également rapporté le nombre des participants, quelque 2 000 personnes, ainsi que les échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre. Tous les médias étaient cependant unanimes à relever le nombre qualifié d’impressionant des forces de police, 30 000 selon eux. Ces mêmes médias ont tous relevés un fait « bizarre », selon les termes du correspondant de France 24 : la venue sur place de jeunes qui ont scandé des slogans favorables au président de la République.

A noter que le ministère de l’Intérieur avait donné des accréditations à tous les médias étrangers désireux couvrir la marche d’hier. L’édition de 13h de l’ENTV a rappelé la présence des journalistes nationaux et étrangers sur les lieux de l’évènement, et la liberté qui leur a été accordée pour accomplir leur travail. La télévision algérienne a, elle-même, couvert la marche, donnant la parole à certains organisateurs, tel Me Mustapha Bouchachi. Un dialogue entre un officier de police et Me Ali Yahia Abdennour a été montré avec son et image, tandis que certains slogans des manifestants ont été diffusés lors de cette couverture de l’évènement. D’un autre côté, la télévision algérienne a donné la parole à certains citoyens qui ont exprimé leur désapprobation à l’égard de cette initiative.

M. K.

Tags: Algérie Al Jazeera Égypte Manifestation

Source : Le Jeune Independant

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