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PRÉSENCE À LA MARCHE DE BENHADJ, BOUHADEF, DJAMEL ZENATI, BENBAÏBECHE ET ABDELKADER MERBAH

Algérie : La vieille garde des années 1990 était là

12 février 2011
Algérie : La vieille garde des années 1990 était (...)

On se serait cru revenir aux années 1990. Et pour cause : les anciennes têtes politiques, des figures de proue de la société civile, des anciens cadres de différents partis d’opposition, des intellectuels, des hommes politiques en rupture de ban avec leur partis, des artistes ont tous rejoint la marche pacifique à l’appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD).

Dès 10h, la place de la Concorde (ex-place du 1er-Mai) commence à connaître l’affluence des manifestants, cependant bien encerclés par les forces anti-émeutes. Les manifestants sont bloqués au niveau du rond-point. Des heurts ont éclaté. 30 000 policiers ont été déployés.

En tête de la manifestation, Saïd Sadi, le leader du RCD, bien protégé par ses gardes du corps et par les forces de l’ordre, Me Ali Yahia Abdenour, Me Bouchachi de la LADDH, Idir Ali du CLA, l’ancien ministre Brerehi du CDDR, Fodhil Boumala, les ex-FFS Djamel Zenati, Mustapha Bouhadef, Ali Abdesslem Rachedi, Ouazzar, Tahar Benbaïbeche, Ahmed Benbitour, Abdelkader Merbah, l’ex-enfant terrible du FLN dans les années 1980, Lakhdar Bensaïd, Ali Benhadj, arrêté la veille mais remis en liberté le lendemain, et les artistes Kateb Amazigh, le fils de Kateb Yacine, et le compositeur Safy Boutella. De l’autre côté, des manifestants, une centaine de jeunes venus des différents quartiers surchauffés, ont tenté d’empêcher les manifestants de crier leur espoir « d’une Algérie libre et démocratique ».

Le leader du RCD a fait l’objet d’insultes de quelques personnes laissés s’approcher de la tribune improvisée par les responsables de la marche. La presse nationale et étrangère est venue en très grand nombre couvrir l’événement. Ces jeunes, venus de Mohamed-Belouizdad (ex-Belcourt) et des Groupes (1er-Mai), ont brandi des drapeaux et scandant des slogans en faveur du président Bouteflika. Aux insultes répétées des contre-manifestants, il est resté calme avant de céder devant les coups de boutoir d’une petite foule acharnée contre lui : « Vas-t-en ! Rentres chez toi ! Tu es la cause de tous nos malheurs ! Tu es payé à 40 millions et tu viens encore nous harceler ? Dix ans, c’est trop ! », tels étaient les mots proférés à son endroit. Quelques minutes plus tard, le député Darguini du RCD revient du commissariat où il a été embarqué avec ses trois collègues du parti. Son visage est marqué de coups. « On m’a agressé au commissariat. J’a été lynché en règle », dit-il. Plusieurs députés du RCD ont été arrêtés, dont Mohsen Belabes, Arezki Aider, Tahar Besbes et Athmane Maâzouz, tous libérés plus tard.

Le député du RCD Arezki Aider affirme : « J’ai été arrêté 5 fois aujourd’hui. A chaque arrestation, je subis un passage à tabac. Même dans les commissariats, les manifestants sont roués de coup. Les commissariats sont pleins et ils ne savent pas où mettre les personnes interpellées. » A son tour, Fodhil Boumala est relâché après avoir été retenu trois heures durant : « Au début, j’ai eu droit durant une heure à une agression verbale et physique. Ensuite, ils se sont tous calmés. » A midi, le président du RCD est vite embraqué par ses lieutenants en direction du siège situé à Didouche-Mourad. A midi, les organisateurs à leur tête Me Bouchachi commencent à émerger.

Ils deviennent plus visibles. Me Bouchachi profite d’une courte pause pour faire un premier bilan de la situation. « C’est le début de la manifestation. Cette action va prendre de l’ampleur dans les semaines à venir. Nous considérons que c’est une réussite pour une marche qui est censée être interdite. Il y a eu un millier d’arrestations. Nous allons nous consulter pour voir comment rentabiliser cette action qui ne demande qu’à être renouvelée », dit-il. « Un communiqué sera diffusé le soir », promet-il. Parmi la foule, Ali Benhadj crie : « Bouteflika barra ! » Il improvise une tribune et harangue la foule. Certains jeunes ne le prennent pas au sérieux, mais il continue comme une bête politique. Des partisans et des proches du parti dissous se font très discrets. Mais ils étaient bien là à observer le déroulement de la manifestation ! Ont-ils senti le vent tourner ? Benbaïbeche et Abdelkader Moulay, deux personnages des années 1990, se montrent au souvenir de la presse. L’un et l’autre fustigent le système. Pour l’ancien fondateur de l’Organisation des enfants de chouhada, cette manifestation n’est qu’un début d’un long processus qui verra « le régime actuel partir ». « C’est un régime de fin de règne. Je le sens ! » dit-il.

Pour Abdelkader Merbah, « le départ de Bouteflika est une condition essentielle ». « Il faut que le président Bouteflika parte et avec lui le FLN qui doit être remis au musée, ainsi que son patrimoine et ses locaux. » Pendant ce temps, la foule qui scandait à tue-tête des slogans anti-pouvoir et anti-Bouteflika se voyait rendre la pareille par les contre-manifestants bien massés aux alentours. Ils chantent à la gloire de Bouteflika avant de se retourner contre lui et les forces de l’ordre en les bombardant de projectiles de toutes sortes ! Les principaux responsables de la CNCD quittent le terrain à 13 heures, laissant les manifestants seuls face à l’armada policière. Le pire a été évité lorsque les forces anti-émeutes les chargent violemment. Commence alors un jeu étrange entre ces jeunes survoltés et les forces de l’ordre. Durant une heure, ils font craindre le pire. Ils tirent sur tout ce qui bouge. Ils redeviennent les casseurs qu’ils étaient. Les officiers négocient avec les meneurs. Une fois calmés, un autre groupe se manifeste et bombarde les forces de l’ordre de pétards et autres objets trouvés. A 16h, des échauffourées sont encore enregistrées. En tout début d’après-midi, la circulation avait timidement repris dans ce secteur auparavant entièrement bouclé par d’importantes forces de l’ordre épaulées par des dizaines de véhicules blindés.

Mahmoud Tadjer

Tags: Algérie Abdelaziz Bouteflika Manifestation Gouvernement

Source : Le Jeune Independant

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