Le journal Echaab du parti égyptien
du travail a annoncé, hier, en gros
titre « La fin de la crise entre
l’Egypte et l’Algérie lors d’une
réunion des avocats arabes à
Beyrouth ». Selon cette publication,
l’affaire a été réglée ce que dément
radicalement Maître Menad Bachir
présent à cette réunion.
Echaab » affirme que le
comité chargé de faire
la lumière sur « la
crise égypto-algérienne consécutive
à la phase qualificative à
la Coupe du Monde de football »
s’est réuni en marge des travaux
de la première session du bureau
permanant de l’Union des avocats
arabes (UAA).
Cette séance se serait déroulée
en présence des bâtonniers
tunisien et soudanais, avec la
participation du bâtonnier algérien
maître « Athmane Bachir
» indique Echaab, alors
qu’il s’agit de Maître Menad
Bachir. Le journal cairote s’étale
sur la présence d’une dizaine
d’avocats égyptiens aux travaux
de ce comité en les citant
nommément et avec précision,
histoire de montrer qu’ils sont
venus en force défendre la position
de « Misr ».
Selon ce journal partisan, les
« débats ont porté sur les rumeurs
selon lesquelles le drapeau
algérien aurait été brûlé
au siège du bâtonnat égyptien »
au Caire. Dans sa lancée
Echaab affirme que les débats
se sont déroulés dans « une atmosphère
de fraternité, de respect
et de volonté de préservation
de l’unité arabe » (sic !).
« ECHAAB » CLASSE
L’AFFAIRE
Le journal conclut en affirmant
qu’il y a eu un communiqué
conjoint entre avocats
égyptiens et algériens qui met
un terme à la crise. Il ne cite
pas d’avocat algérien, mais
juste un avocat égyptien, le
nommé « Mohammed Abdul
Rahman, membre de la délégation
d’avocats égyptiens »,
qui se livre à un discours populiste
sur le nationalisme et
le panarabisme en soulignant
« la nécessité de rester soudés…
au moment où Israël viole toutes
les normes internationales ».
Fin de cette séquence médiatique
égyptienne.
Contacté par téléphone à
Beyrouth, Maître Menad Bachir
dément catégoriquement
que cette affaire du drapeau algérien
brûlé au Caire par des
avocats égyptiens – jusqu’à
preuve du contraire - en novembre
2009 soit réglée. Le
point est inscrit à l’ordre du jour
de cette session de l’Union des
avocats arabes ». Il a confirmé
au Quotidien d’Oran que le
comité d’enquête s’est réuni
mais qu’il n’a pas achevé son
travail. Quand rendra-t-il ses
conclusions ?
Probablement à la fin de
l’année lors de la session prévue
à Tunis, a indiqué le bâtonnier
algérien très étonné
que la presse égyptienne annonce que cette affaire était
réglée. Par ailleurs, des avocats
algériens nous ont précisé que
lors d’une rencontre d’avocats
arabes à Damas, récemment,
il a été proposé que les avocats
égyptiens présentent des
excuses à leurs homologues
et à l’Algérie, pour que soit
clôturée cette fâcheuse affaire.
Les Egyptiens ont refusé
prétextant en substance qu’ils
n’avaient rien fait (! !) et qu’ils
préféraient qu’un comité
d’enquête fasse la lumière sur
cette affaire. Or à présent, si
l’on se réfère à la manipulation
d’Echaab, les robes noires
égyptiennes veulent que ce
dossier soit purement et simplement
classé au nom d’une
certaine conception très orientale
de « la fraternité, du respect
et du nationalisme ».
DES AVOCATS ARABES
TRÈS OCCUPÉS
Si cela continue sur ce mode,
il ne s’est rien passé lors des
matchs entre l’Algérie et
l’Egypte à la fin de l’année
dernière. Les joueurs algériens
n’ont pas été agressés,
la presse égyptienne ne s’est
pas déchaînée contre l’Algérie
et les Algériens, entraînant
la riposte d’une partie des
médias algériens.
Il est aussi étonnant que
l’Union des avocats arabes ne
fasse pas de cette affaire du
drapeau algérien brûlé par des
avocats égyptiens, un de ses
sujets prioritaires, d’autant plus
le thème de cette rencontre
est : « la défense de la liberté
et de la patrie, un droit sacré
et un devoir pour chaque citoyen
arabe ». Qui dit patrie, dit
drapeau, non ? La réunion de
Beyrouth est plus terre à terre.
Elle a prévu de traiter le rapport
du secrétaire général de
l’Union, le Marocain Brahim
Semlali, et de se pencher « sur
les questions organisationnelles
et professionnelles et sur la
désignation de nouveaux responsables
pour occuper les
postes vacants au sein des instances
de l’Union ».
Lors de la séance d’ouverture
de cette session, Brahim
Semlali a souligné « l’importance
de l’actuelle réunion et des
questions qui y seront débattues,
notamment l’attaque israélienne
barbare contre la flottille
de la liberté et la poursuite
du blocus israélien à la bande
de Ghaza, appelant à la conjugaison
des efforts pour mettre
fin à ce blocus ». Ce grave sujet
fera probablement l’objet
d’un communiqué enflammé
avant que la majorité des robes
noires arabes ne se séparent
avec le sentiment du devoir
accompli. L’affaire du drapeau
algérien brûlé attendra.
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Algérie
Égypte
Source : Le Quotidien d'Oran