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Tunisie : Mandat d’arrêt international contre Ben Ali et son épouse

27 janvier 2011
Tunisie : Mandat d'arrêt international contre Ben Ali et (...)

Les appels au changement du gouvernement de transition se sont multipliés, hier en Tunisie, où le gouvernement de transition mené par Mohamed Ghannouchi devait annoncer un remaniement ministériel.

Alors que les manifestants affluaient encore vers le siège du Premier ministère, à la Kasbah de Tunis, des affrontements se sont déroulés dans la matinée avec des policiers qui avaient usé de gaz lacrymogène pour les empêcher d’atteindre les abords du siège de la Primature. Face à de probables débordements, la sécurité a été renforcée près du siège du Premier ministre où les centaines de manifestants ayant campé sur place depuis plusieurs jours, réclament la démission du gouvernement de transition. La veille, le gouvernement avait annoncé qu’il allait effectuer un remaniement ministériel mercredi, face à la pression de milliers de manifestants, qui réclament chaque jour la démission de l’exécutif provisoire, en raison de la présence, en son sein, de nombreux membres de l’ancien régime Ben Ali.

Les forces de sécurité ont bloqué à l’aide de fils barbelés les accès principaux à la Kasbah, l’esplanade de la capitale où se situent les bureaux du Premier ministre et de plusieurs ministères. La situation restait encore confuse en milieu d’aprèsmidi. A Sfax, des milliers de manifestants ont également réclamé la démission du gouvernement de transition. Une grève générale avait été convoquée dans la deuxième ville du pays. Les manifestants à Sfax étaient au nombre de 50.000, selon des sources syndicales. »Le peuple demande la dissolution du gouvernement  ! », « Tunisie libre RCD (ancien parti au pouvoir) out ! » et « Révolution jusqu’à la victoire, de Tunis jusqu’au Caire », scandaient les manifestants à Sfax. Cette grève générale avait été appelée par la section régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), pour augmenter la pression sur le gouvernement de transition et réclamer le départ des ministres ayant servi sous le régime de l’ancien président Ben Ali. D’autre part, l’UGTT a appelé à une grève générale, jeudi à Sidi Bouzid, d’où est partie la révolution qui a provoqué la chute du président Ben Ali, pour exiger la démission du gouvernement de transition. « Il y aura une grève générale demain à Sidi Bouzid et une manifestation pour faire tomber le gouvernement », a déclaré le secrétaire général adjoint de l’UGTT pour la région, Ali Zari. L’autre nouveauté de la journée, en Tunisie, aura été, sans conteste, le mandat d’arrêt international lancé contre l’ancien dictateur tunisien. Selon le ministre de la Justice, Lazhar Karoui Chabbi, un mandat d’arrêt international contre le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite, ainsi que contre son épouse Leïla Trabelsi, a été lancé. « La loi sera désormais au-dessus de tous et personne ne sera au-dessus de la loi », a déclaré le ministre, lors d’une conférence de presse. Le ministre tunisien de la Justice a précisé que l’ancien président et son épouse sont poursuivis pour « acquisition illégale de biens mobiliers et immobiliers » et « transferts illicites de devises à l’étranger ». Belhassen Trabelsi, frère de Leïla Trabelsi, lui-aussi en fuite, est également visé par des poursuites sous les mêmes chefs d’inculpation. Dix autres membres de la famille Trabelsi, dont six sont en état d’arrestation, sont par ailleurs poursuivis, dans le cadre de cette enquête. Le ministre tunisien de la Justice a également annoncé que 698 personnes avaient été arrêtées pour implication dans les troubles qui ont précédé et suivi la chute de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier. Ces personnes sont soupçonnées de « sabotage, agressions et pillages », a précisé le ministre.

Par ailleurs, la France, dépassée par les événements de Tunisie, et qui n’avait pas vu venir la tempête de la « révolution du jasmin », a décidé de remplacer son ambassadeur à Tunis par celui qui occupait la même fonction à Baghdad. La France a décidé hier de relever de ses fonctions, son ambassadeur en Tunisie, Pierre Ménat, qui fait les frais des erreurs d’appréciation de la diplomatie française, lors de la révolution tunisienne, commente l’AFP. Pierre Ménat, 60 ans, sera remplacé par Boris Boillon, un jeune diplomate de 41 ans, ancien conseiller du président Nicolas Sarkozy et ambassadeur à Baghdad depuis mai 2009. Sa nomination a été avalisée hier, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, a annoncé le porte-parole du gouvernement François Baroin. Boris Boillon « a toute la sensibilité naturelle pour correspondre à la nouvelle ère qui s’ouvre désormais dans les relations franco-tunisiennes  », a-t-il déclaré. Lundi, le président Nicolas Sarkozy s’était résolu à un mea culpa public, admettant que la France avait « sous-estimé (les) aspirations du peuple tunisien à la liberté ».

Yazid Alilat

Tags: Tunisie Zine el-Abidine Ben Ali

Source : Le Quotidien d'Oran

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