Le groupe Sonatrach table sur davantage
d’exploration pour assurer les réserves du
pays en pétrole et en gaz et se prépare
sérieusement pour investir le domaine
du gaz non conventionnel.
Nous avons reçu des instructions
des autorités pour un
doublement de l’effort d’exploration
(…), ce qui nécessite une
mobilisation extraordinaire de ressources
humaines, » a affirmé hier son
PDG lors d’une conférence de presse.
« L’exploration permet de connaître
et d’évaluer les réserves du pays »,
a-t-il précisé. Une exploration en augmentation
de 37% et évaluée l’année
dernière en une centaine de puits,
« dont un bon quart dans le bassin de
Berkine, une zone prolifique de la
partie sud-est de Hassi Messaoud.
« Sonatrach est une société forte qui
continue à fonctionner et ne dépend
pas d’une ou d’autres personnes ; ces
résultats sont un signe de bonne santé
», a lancé Cherouati après sa présentation
des résultats préliminaires du
groupe pour l’exercice 2010, en sachant
pertinemment que l’assistance
avait à l’esprit les scandales qui ont
secoué le groupe durant l’année 2010.
Une année qui, selon lui, a été marquée
par des événements importants
en terme de révision des procédures
de passations de marchés. « Les autorités
nous ont instruit dans ce sens en
passant par la notification de la fameuse
F15 qui codifie les transactions de
Sonatrach, à la F16 qui est un peu plus
sévère, un peu plus stricte et un peu
plus restrictive, ceci sans compter
l’adoption ou l’adaptation aux dispositions
du décret présidentiel de la
même année, relatif aux marchés publics
», explique-t-il.
Cherouati indique qu’il est question,
d’autre part, de « renforcement de la
formation pour la préparation de la
relève ». Une formation qui touche,
selon lui, une personne sur quatre. Il
fait savoir, au passage, qu’« on recrute
plus et plus vite des personnes de sexe
féminin que masculin ». Mais le plus
important est qu’il est question pour
Sonatrach de renforcer, a-t-il dit, « les
capacités d’audit et de contrôle, la formation
est assurée pour le faire correctement,
notamment pour ce qui est
de la comptabilité et de la finance. Il
faut améliorer les qualifications parce
que nous avons besoin de moins en
moins de personnels exécutants ».
« SONATRACH RESTE
UNE BELLE BOÎTE ! »
Son sentiment sur Sonatrach au
lendemain des scandales ? Il tient en premier à rectifier : « Il n’y a pas d’affaire
Sonatrach mais il y a des affaires
de personnes dans Sonatrach ». « Estce
que vous pouvez détester quelqu’un
que vous côtoyez depuis 40 ans
? », a-t-il interrogé. Mais, dira-t-il, « très
franchement, ça reste une belle boîte
! Elle est bien ! Malgré ce que nous
avons vécu en 2010, tout marche
quasiment normalement. C’est vrai
qu’il y a quelques hésitations par
rapport à certaines opérations industrielles
ou des projets qui traînent,
ce n’est pas un scoop, il y en a eu
toujours. Mais tout marche normalement,
la poursuite des investissements,
les livraisons assurées, la paie
versée tous les 23 du mois, Sonatrach
produit de la richesse, verse l’impôt
et investit dans de nouveaux projets
pour l’avenir. Que faut-il alors de plus
pour une société ? ».
Et, ajoute-t-il avec le sourire,
« pour plus de détails, la piscine est
terminée et est bien faite ! ». Il réfute
le fait qu’il y ait eu surfacturations
pour certains projets comme le Centre
de convention d’Oran. « Il n’y a
pas eu de surfacturation pour la
construction du CCO, je ne peux pas
vous donner le montant exact mais
c’est moins de 400 millions de dollars.
Et pour ce qui est de la réalisation
du club pétrolier, elle est liée à
un problème de délais ».
C’est son vice-président amont qui
évoquera le gaz non conventionnel ou
de schiste et fera savoir que l’Algérie
en possède d’importantes potentialités.
« Il ne faut pas qu’on jubile, » a-t-il
cependant avancé, parce qu’« il ne faut
pas qu’on passe d’une situation de rente
à une autre de gaz de schiste qui a
une connotation très capitalistique ».
« NOUS NOUS PRÉPARONS
POUR LE GAZ NON
CONVENTIONNEL… »
Cherouati, lui, rebondit sur la
question en estimant que son viceprésident
amont « va parler de choses
très compliquées. Le gaz non
conventionnel n’est pas une industrie
de rente mais une industrie tout
court qui crée énormément d’emplois
par rapport à l’industrie pétrolière
classique ». Cherouati affirme
alors que « nous nous préparons de
telle sorte à ce que toute la valeur
ajoutée de cette industrie soit rentable
pour l’Algérie ». Il est donc nécessaire,
selon lui, d’avoir toutes les
qualifications qu’il faut pour cela. A
défaut et « si on veut faire tout de
suite et vite, on va être de simples
spectateurs d’une industrie qui va se
faire sous notre nez ».
On apprend auprès de spécialistes
de la question que d’importantes
études ont été faites sur ce sujet
en 2009. Le nombre d’emplois à
créer est estimé à 500.000. « La préparation
est très sérieuse et les études
avancent bien », notent des responsables
de Sonatrach qui n’ont
pas oublié que c’est Chakib Khelil
qui, en 2008, a attiré l’attention des
cadres sur les grandes potentialités
de l’Algérie en la matière.
Pour ce qui est des énergies renouvelables,
Cherouati précise que « nous
y travaillons, non pas parce que c’est
un effet de mode, mais nous sommes
une société qui doit se diversifier ».
La centrale hybride de Hassi R’mel
ouvrira ses portes en avril prochain.
En attendant, « nous travaillons en interne
sur une rationalisation d’énergies
en réduisant au maximum sa consommation
», a-t-il ajouté.
Interrogé sur le droit de préemption
de l’Algérie en cas de cession
de parts de BP, le PDG rétorque que
« nous n’avons pas encore décidé de
notre droit de préemption dans ce
dossier, nous attendons de voir ». A
propos du projet Galsi, Cherouati indiquera
que « c’est un consortium de
partenaires, dont Sonatrach, qui travaille
dessus, c’est le conseil d’administration
qui décidera quand lancer
les travaux ». La connexion de
Galsi avec la Corse ne dépend pas
non plus, selon lui, de Sonatrach.
Il indiquera par ailleurs qu’il a été
décidé la fermeture de la première usine
de liquéfaction (dans le monde)
parce qu’elle est très vieille, pose un
problème de sécurité et enregistre un
niveau de consommation très élevé.
Pour ce qui c’est passé à Skikda, « ce
n’est pas un accident mais un incident,
» a-t-il encore précisé.
Ghania Oukazi
Tags:
Algérie
Sonatrach
Source : Le Quotidien d'Oran